LE DERNIER TRAIN POUR.
Il est une historiette qu’on racontait fréquemment dans les services de gériatrie pour tenter d’apprécier le degré de démence et d’évaluer les qualités des fonctions supérieures de nos anciens.
La voici :
« La SNCF a remarqué que les plus graves de ses accidents se situent dans les derniers wagons. Elle décide donc de supprimer le dernier wagon de tous ses trains. Qu’en pensez-vous ? »
Ce matin-là, je faisais la visite en compagnie d’étudiants dans le service de Gériatrie de La Grave où j’avais une vacation, et j’en profitais pour raconter mon histoire à une résidente vieille et prostrée, à l’affût d’une réponse trop rapide et habituelle comme : -on supprime le dernier wagon-. Cette femme était restée impassible devant mon histoire saugrenue et mes étudiants de rester sur leur faim. Nous passâmes donc au patient suivant, dans la même chambre. Il s’écoula de longues minutes, puis une voix frêle venant de derrière moi : « Tu n’es pas con, mon petit ? »

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