Les OIES /15

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                                                                                                                                     Les oies.

 

Voici un homme futé, maître chercheur mais pas trouveur. Il lui vint une idée ingénieuse, mais il fallait l’authentifier en bon scientifique qu’il se disait être. Comme notre agriculteur précédent, le gavage des oies, d’un bon profit, le tentait sérieusement. Notre explorateur ne se contenterait pas seulement d’enfourner avec un entonnoir, le maïs, voire les figues comme autrefois, dans le gosier des oies pour les forcer à s’engraisser. Non, soyons scientifique. Il vint donc me consulter pour ses oies.

« Je crois savoir, dit-il, qu’il existe un médicament utilisé chez l’homme pour le protéger des cirrhoses. Le foie gras est bien une cirrhose me demanda-t-il ?

_Oui et non, dis-je. C’est plutôt une stéatose qui correspondrait le mieux à la pathologie de l’homme, soit effectivement un engraissement du foie.

_Il existe une drogue pour bloquer cette évolution, n’est-ce pas ?

_Oui et non, répondis-je, sur mes gardes.

_Voici mon plan. Je vais prendre dix oies prêtes à être gavées. Cinq seront traitées à l’ancienne mais les cinq autres, je vais protéger leurs foies par le médicament en cause et au bout de la durée de gavage idoine, j’arrête le traitement. Quelques jours plus tard, le foie non protégé augmente de volume rapidement et j’obtiens ainsi de bons gros foies rémunérateurs. »

            Effectivement, cela ressemblait à une étude sérieuse avec témoin. Je donnai ma bénédiction au projet, et que la Sécurité Sociale m’absolve, il eut même l’étude remboursée.

            Adieu oies, foies, science et profit. Il obtint des foies gros comme des noisettes m’avoua-t-il. Cependant, l’étude ne fut pas vaine puisqu’elle me permit de croire encore plus fort à l’effet de ce médicament.

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