Le SAMU et le tigre./1

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Les deux véhicules du SAMU avaient été positionnés dans la ville de Toulouse à des points stratégiques précis pour répondre, au plus vite, aux sollicitations de la population. Notre véhicule comprenait une équipe de deux étudiants et une ambulancière. Il protégeait ce jour-là le district de la Halle aux Grains de Toulouse, où nous avions un pied à terre. Dans la grande salle de spectacles attenante se produisait un cirque exhibant des bêtes fauves. L’appel de détresse émanait donc pratiquement de derrière la cloison où nous étions en attente. Un TIGRE venait de déclencher une crise cardiaque mitonnée de troubles respiratoires qui, à priori requéraient la mise en place d’une respiration artificielle. –Nous évitâmes de penser au bouche à bouche !– Cependant, la partie semblait incertaine. Certes nous étions programmés pour sauver des vies ! Mon équipier, blême et prostré, se regardait les pieds. Moi, je débutais une danse de Saint Guy. Notre salut, nous le devrons à la sagacité et la promptitude de notre pilote toujours prête à renouveler ses exploits. Elle nous intima l’ordre de regagner très vite l’Estafette et nous démarrâmes en trombe. La première giclée de carburant n’était pas encore consumée, que nous prîmes le Boulevard ….. à contre poil, ballottés d’un côté à l’autre en quittant la zone à vive allure. Quelle mouche avait piqué notre ambulancière ?  A l’approche du centre-ville, elle réduisit la vitesse pour s’insinuer dans les ruelles étroites et encombrées, à droite puis à gauche puis à droite encore, reprend une rue que nous avions déjà empruntée dans l’autre sens comme une boussole qui aurait rencontré un électroaimant pour déboucher enfin sur la grande rue BAYARD. Elle  se faufila dans la rue de la Colombette bien plus connue à l’époque pour le nombre impressionnant de tigresses dévêtues en parade derrière des vitres que de tigres dyspnéiques. Peut-être pour nous donner du courage, elle décèlera jusqu’au pas d’homme afin d’admirer les corps exhibés du zoo humain. Cependant l’image de la gueule béante du tigre suffocant ne s’était pas effacée. La rue de la Colombette est bien trop courte et nous devions affronter le destin, sans se presser tout de même. Nous arrivâmes essoufflés derrière le mur qui nous avait vu partir pour l’urgence.  L’agonisant, hélas, avait rendu l’âme juste avant notre arrivée.

C’est la première anecdote d’une longue série ( étudiante ou médicale) qui peut se poursuivre si vous aimez.

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D’autres suivront. Soyez là

A la prochaine. Merci

2 réponses à « Le SAMU et le tigre./1 »

  1. Avatar de Jean-Pierre Anglezio
    Jean-Pierre Anglezio

    Ensuite le professeur Lareng a-t-il créé le SAVU ? ( Service d’assistance vétérinaire urgente ).
    La SPA pourrait porter plainte pour cette assistance différée sauf prescription.

    1. Avatar de smp82pio
      smp82pio

      Tu as raison mon ami confrère: lorsque le médecin prescrit un médicament, il faut le prendre. Quand c’est le juge qui prescrit un évènement , il faut l’oublier. A bientôt.

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