Pour qui se rend à Venise ( pozzi)

,

«  » » » » » » » » »

25/09/2022 :      Les puits

Venise est construite dans une lagune d’eau salée.

La vie est impossible sans eau potable.

L’ingénieux Vénitien a mis au point dès l’origine de la Serenissime une astuce pour fournir de l’eau pure à ses concitoyens.

Un puits étanche à l’eau salée de la lagune récolte l’eau de pluie avoisinante au centre d’une placette nommée campo ou campiello, dallée.

Ne pas oublier qu’à Venise il n’y a qu’une seule PLACE qui porte ce nom (La Piazza San Marco).

 L’eau qui est récoltée aux quatre coins du campo dans une citerne est filtrée en traversant une grosse masse de sable. Elle aboutit et s’accumule au centre du campiello ou un puits (pozzo) souvent élégamment construit permet d’y accéder. 

A l’origine on pouvait en compter plus de 7000.

 De nos jours, ils sont 700, inusités mais visibles, les autres sont recouverts.

 L’eau courante à Venise aujourd’hui est livrée par un aqueduc qui vient des montagnes voisines.

Pourquoi ne pas choisir de sillonner la lagune à la recherche des temps perdus en déambulant de puits en puits, de pozzi en pozzi sans itinéraire balisé.

Vous pouvez après avoir visité, comme tout bon touriste la plus célèbre Piazza du Monde et aller vous perdre au gré des sons de cloches, dans les petites ‘’calle’’ ou ‘’venelli’’ alentours. Prenez la direction de Fondamente nuove par exemple qui se trouve à cheval entre le sestiere de Cannaregio et celui de Castello vers le nord.

Passer sous le premier porche venu,  attention baissez la tête, traversez son ombre fraiche, gare aux chats qui doivent encore encombrer les vieilles pierres, vérifiez que vous ne vous dirigez pas directement, dès la première marche passée, dans l’eau d’un canal verdâtre, débouchez à coup sûr sur une minuscule place dallée, remontez lentement le regard le long des murs humides pour capter une icône poussiéreuse ou une vierge défraichie, peut être un simple bout de ferraille témoin d’une porte antique.

S’il n’y a plus de traces de puits en son milieu passer votre chemin, peut être enjamberez vous un pont vieillot sous lequel coule une barque ou exceptionnellement une gondole volontairement perdue, mais immanquablement un campiello surgira sur votre trajet.

Venise régénère son authenticité la nuit.

Il faut donc consommer quelques jours et surtout quelques nuits en dehors des luxueux hôtels stéréotypés retrouvés à l’identique dans le monde entiers.

  C’est dans les ruelles sombres et les campi vides qu’on ressentira l’âme de la ville.

Je vais vous conter pour illustrer ça l’histoire de:

la DAME VÊTUE DE BLANC

(la dama vestita di bianco)

  Une chronique ancienne raconte que le puits de corte Lucatello commençait à s’assécher dangereusement en cette année de profonde sècheresse et mettait en danger la population locale. On voyait monter petit à petit le nombre de larcins. Le niveau de l’eau baissait chaque nuit davantage. Un soir de nuit noire, un batelier fut surpris près du puits, le seau à la main par la présence d’une dame de blanc vêtue. On racontait partout que dans la nuit noire et à certaines heures les ruelles de Venise étaient peuplées de sorcières malveillantes. Il fut pris d’une peur panique. La dame blanche le compris et lui dit « Ce n’est pas de moi que tu dois avoir peur mais des tâches de sang de ton corps qui vont souiller la terre si tu ne reviens pas à la maison avant l’aube. Épouvanté, Il lui cria  de déguerpir alors qu’elle insistait pour qu’il priât. Il s’approcha du puits quand un homme surgissant du noir lui assena un coup de couteau qui le mit à terre, gravement atteint. Il s’échappa en maugréant sans comprendre ce qui lui arrivait. La Dame Blanche se saisit du couteau sanguinolent et fit tomber trois gouttes de sang dans le puits qui se remplit instantanément d’une inépuisable quantité d’eau limpide. Elle imbiba son mouchoir de cette eau et nettoya la plaie du batelier qui guérit immédiatement. Elle ordonna aux deux hommes de rentrer chez eux avant l’aube en certifiant qu’il ne manquera plus jamais d’eau dans ce puits. Lorsqu’ils se retournèrent pour remercier la Dame, elle s’était déjà dissolue dans le néant.

Aujourd’hui encore dans les noires nuits de nouvelle lune, elle fait des apparitions furtives dans la cour. On dit que son corps est emmuré là au milieu des pierres du puits, là où son noble amant a pu occulter son homicide perpétré à l’époque de la construction du puits.

Je suis sûr que si vous vous promenez un soir noir dans ces ruelles étroites vous entendrez, très étouffées, des lointaines lamentations qui sourdent de ces puits nombreux, sources de multiples histoires aussi effrayantes qui ont façonné le caractère fort et religieux des vénitiens.

Quelques photos personnelles.

Rf: histoire tirée du livre:      leggende veneziane e storie di fantasmi   p130

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.