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Après Mars et quelques gros cailloux proches, l’Homme, fidèle à sa nature qui est imprimée inéluctablement dans son génome, tentera de quitter son environnement immédiat. Il a fait un petit tour sur la Lune et Mars n’a qu’à bien se tenir. Les autres planètes inhospitalières seront pour longtemps négligées. Leur intérêt restera d’ordre scientifique bien sûr. Que reste-t-il des rêves hyper-lointains?
Même Proxima du Centaure à 4 années-lumière (40 000 000 000 km) est une utopie, alors qu’il faut 9 mois de trajet pour aller sur Mars et vingt minutes sont nécessaires pour le transfert de la voix à la vitesse de la lumière.
Alors ! Par quelle supercherie pouvons-nous affirmer qu’un jour nous « irons » sur les étoiles les plus proches, dans une limite de vingt à trente années-lumière. Pourquoi ces distances-limites : Pour permettre à l’humain en question de savoir s’il a atteint son but sur l’Etoile lointaine. Il faut considérer le double de temps (aller et retour de l’information) contenu dans une durée de vie humaine. Cette restriction n’étant pas obligatoire.
Effectivement, les progrès faramineux obtenus ces dernières dizaines d’années dans de nombreux domaines scientifiques nous permettent de soupçonner une solution accessible. Il est sûr que les premières décennies à venir ne verront pas se réaliser ce rêve fou. Il y a une chance que les bébés qui naissent aujourd’hui assisteront à la concrétisation de ce projet. Transportons-nous dans les quatre vingtièmes années de ce bébé. Disons les années 2100. C’est parfaitement plausible.
Mais avant tout, voyons dans quelle situation se trouvent les découvertes au début du 21ème siècle.
L’homme bionique commence à émerger doucement non pas de l’océan comme son lointain prédécesseur, mais des laboratoires de recherche. Tout d’abord le travail des céramiques, des métaux et des plastiques, les implants et enfin les prothèses statiques a vite été suivi par l’élaboration d’organes artificiels. Par la suite ? Ils sont devenus intelligents, pilotés par la pensée. Cœur artificiel, œil bionique, membres commandés par la volonté. Petit à petit l’humain s’habitue et accepte de vivre et utiliser des parties étrangères à lui-même et les intègre dans son schéma corporel. Il n’est pas interdit de rêver, même à notre époque, à la réalité d’un être pouvant penser et se mouvoir, vivre et communiquer alors que son corps physique serait, en grande partie, artificiel. La plaisanterie actuelle traite de « bioman » l’ami qui est porteur de prothèses multiples, hanches, genoux, valves cardiaques, stents, et un peu plus tard audition et vision sur rétine et cochlée connectées.
Dans le même temps et avec encore plus de célérité, les mathématiques, les algorithmes et enfin l’intelligence artificielle explosent. Les ordinateurs neuronaux progressent. Le concept de l’informatique neuromorphique combinant la biologie, la mathématique, l’ingénierie électrique, l’informatique, aboutit à l’intelligence artificielle. Un puissant processeur neuromorphique est en fonction dans les années 2020, simulant le cerveau avec ses tout-petits 16 milliards de synapses. On est très très très loin de la capacité phénoménale du cerveau avec au moins 10000 billions de connections inter neuronales.
Les décennies qui ont suivi se sont attachées à « donner une conscience » à l’intelligence artificielle rudimentaire déjà connue et travaillée sans cesse.
Nous sommes donc en 2100. Les êtres humains se sont dispersés sur les planètes environnantes non sans mal. Avec le temps, les gros problèmes psychologiques rencontrés dans la toute simple approche de mars des années trente sont dissipés. Effectivement, l’attachement à notre bonne patrie primitive s’est estompé. C’est une histoire ancienne. La terre serait plutôt ressentie comme un village troglodytique encore habité au début du XXI ème siècle. Il représente l’habitat des ancêtres du début de l’humanité.
L’intelligence artificielle côtoie l’intelligence humaine. Les algorithmes complexes deviennent solides à souhait.
Les déplacements physiques eux sont toujours limités par les lois de la nature. Des moteurs nouveaux ont été inventés et mis au point. Moteurs à plasma de toute sortes, moteurs a variation séquentielle de gravité ne permettant que des relatifs sauts de puces vu l’immensité de l’Univers. L’exploration des systèmes stellaires est toujours à zéro. LES CONNAISSANCES dans le domaine de l’astronomie sont par contre gigantesques. Des contacts avec des intelligences en provenance d’autres univers sont nombreux et en voie de traitement. La complexité est insurmontable. Et pourtant, dans l’immensité des contacts en zone intersidérale proche (environ 10 années-lumière de chez nous), une « Station Céleste » digne d’intérêt a été détectée sur un de nos satellites solaires dépourvu d’atmosphère. Le signal de l’exo-planète Gliese 581c connue depuis 2007 a été capté en 2060, située à 20 années-lumière. Les éléments captés, de nature inconnue, s’apparentent à ceux que notre civilisation enverrait si nous recevions un appel d’une autre planète. Ceci présage une exo-civilisation au même niveau technologique que le nôtre, ce qui faciliterait le contact. Bien sûr, des données précises sur notre planète et son degré d’évolution ont été transmises dès la détection. Ce n’est donc qu’après 40 années d’attente représentant l’aller-retour des données et des réponses que nous commençons à faire connaissance avec eux. Pas d’image reçue contrairement à ce que nous avions fait au vingtième siècle lorsque le programme intersidéral avait envoyé une plaque représentant notre espèce. C’était une image fixée sur le vaisseau spatial en l’occurrence. L’information reçue, décodée, pourrait faire dire que les gliesiens sont filiformes et de plusieurs dizaines de mètres de taille. Cette taille démesurée pourrait s’expliquer par le type de pesanteur existant sur cette planète. La pseudo-forme imaginée, hélas imprécise, ferait penser à des êtres qui pourraient « voir » dans les ultraviolets lointains ou même par les ondes radio. La ‘’correspondance’’ Terre/ Gliese se faisant en flux continue, la transcription des messages, très difficile et de qualité insuffisante, laisse beaucoup de zones d’ombre. De longues années seront nécessaires pour une véritable communication.
Cependant, la relation intersidérale entre deux civilisations reste primordiale dans notre démonstration. Nous sommes bien loin d’avoir trouvé la solution du transfert de l’humain.
Reprenons ensemble le statut simplifié de la vie sur terre.
En dehors du monde des pierres et des roches, des liquides et des gaz représentant le monde inanimé, froid et statique, on trouve simultanément le monde animé, chaud et vivant. Ces deux entités s’entremêlent. La plus primitive constitue le monde inanimé et une autre plus subtile apparue bien plus tardivement sur terre : la vie. Le monde minéral est issu du big bang et quatre milliards d’années plus loin apparait le monde en évolution du vivant. Le vivant a colonisé le minéral pour le faire bouger. Les atomes primitifs déversés dans l’immensité des espaces galactiques constitutifs du monde inerte se sont laissés façonner par la volonté des premières structures contenant la vie. Les premières cellules portant cette étincèle de vie devaient être, oh oui, très petites. Pour notre civilisation et notre monde, c’est l’atome de carbone qui s’est rapproché d’un autre carbone au gré des mouvements fracassants de cette explosion hors du commun. Le monde environnant hyper énergétique et cinétique a abouti, par une alchimie inconnue, à la constitution des premières petites molécules biologiques. Avec l’aide du temps, qui avait tout son temps, les divers remaniements de ces premières molécules ont fini par constituer des ersatz d’acides ribonucléiques ensuite organisés en gènes et la grande marche était alors lancée. Les acides ribonucléiques ont ensuite inventés des outils dont ils ont conservé la formule, pour progresser dans une ÉVOLUTION inéluctable encore présente de nos jours. Ils ont soumis à l’évolution l’invention des enzymes capables de moduler des protéines, à moins que des protéines présentes dans le bouillon originel se soient présentées à eux. Puis sont arrivés des outils biologiques encore plus performants des ciseaux, des duplicateurs, des redresseurs d’erreur utiles à la réplication à l’identique des acides désoxyribonucléiques maintenant organisés en petites séries de gènes.
Tout ceci pour montrer la prévalence de la vie avec ses informations pratiquement immatérielles contenues dans les gènes par rapport aux composants statiques et interchangeables des corps physiques.
Venons-en à notre propos : permettre aux humains de voyager aux confins de l’univers. Une intelligence SUR PLACE prête à nous accueillir doit être présente. Cette condition est incontournable. Nous l’allons voir.
En 2080, nous venons de terminer grâce à nos immenses ordinateurs neuroniques la mémorisation informatique de la totalité des données constituant le cerveau d’un de nos plus grands chercheurs. Cela représente (même compressé !) un dossier informatique biologique « géantissime ». Il pourra cependant, comme tout dossier informatique, être envoyé à nos correspondants gliesiens qui ont probablement progressé eux aussi dans ce domaine. Cette information mettra vingt ans à la vitesse des radiations électromagnétiques à arriver à bon port. Après réception totale du fichier, Les extra-terrestres gliesiens pourront converser par ordinateurs interposés (après 2100) directement avec le sosie informatique du professeur resté sur terre et dupliqué sur Gliese. Ce ‘’professeur-sosie’’ est par contre immortel dans son état informatique initial mais pourrait aussi progresser, ceci au bon vouloir des gliesiens hôtes. Nous noterons au passage que le professeur-2 a pris la qualité d’immortel dans sa représentation informatique mais non indestructible comme tout fichier électronique.
Si on veut pousser plus loin les limites, rien ne nous empêche de penser que la reconstruction de corps physique du professeur soit possible. L’information sur la structure potentielle de son corps existe. Si on donnait tous les atomes nécessaires aux diverses enzymes pour reconstruire à l’image de l’original, nous pourrions obtenir, sans intérêt évident, au moins le cerveau du professeur à 20 années-lumière de distance. A l’instar de nos prothèses actuelles, il sera possible de brancher sur ce cerveau artificiel, des effecteurs physiques comme jambes, bras, mains, yeux, oreilles et bien d’autres récepteurs qui ne font pas partie de la panoplie que la nature nous a offert sur terre. Par exemple : voir avec les infra rouges, le ultraviolets, directement les rayons X mais aussi la pesanteur, l’attraction céleste et d’autres à inventer. Le Professeur-2 devenu gliesien pourra même lancer un message à son double lui-même resté sur terre et au reste du monde ancien :
« Les gliesiens parlent aux terriens……. 2021