Aujourd’hui, vérification de l’assertion :

« La femme est l’égale de l’homme »
Elle sait parfaitement
repasser le linge.
Je me lance donc, pour la première fois, sur une chemise bleue « crachy » de bonne facture, pendouillant sèchement sur son fil. Je prie pour que le fer soit à bonne température. Je lèche mon doigt et teste élégamment mais à la vitesse de l’éclair la sole brûlante. On y va. Le col est sympa, il se laisse faire, ce n’est pas le Tourmalet, pas trop éreintant. Les boutons sont aussi encombrants que ceux de la varicelle. Le bas de la chemise est conciliant lui. Les manches, heureusement courtes mais molles se montrent renfrognées, moqueuses de sorte que je soupçonne un défaut de fabrique car elles ne sont pas rondes ni appariables. Je me pose même la question de téléphoner au concepteur. Tant bien que mal et même plutôt très mal, elles cèdent à mon insistance, et se retournent héroïquement sur elles-mêmes. J’en viens à bout grâce à ma constance mais il y a exactement 26 minutes que je lambine dessus. Jusque là, la chemise n’à pas fait un pli, mais plusieurs oui. Reste le dur labeur de sa présentation. Son aspect de guingois et goguenard est bien celui d’une chemise inéduquée qui se prend pour une grande chemise de nuit au beau milieu de sa carrière.
L’homme est il alors l’égal de la femme. On peut toujours en douter. Mais attendons le jour où il faudra réviser la chemise d’un piston de la vieille voiture.


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