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Il n’était ni bélître ni parangon dans sa vie de tous les jours, sa péniaphobie l’obligeait à travailler toujours plus. Éternel égrotant, ses efforts bigorexiques ne le rendaient pas heureux pour autant. Parfois un peu égrillard, il pratiquait avec excellence les flagorneries nombreuses, soutenues par des blandices recherchées qui arrivaient à séduire ses affidés certes, mais surtout les anachorètes lors de rares rencontres stochastiques. Ses multiples voyages soutenus par une hodophilie quasi génétique et ses promenades au sein de pétrichors enivrants lui faisaient tenir parfois des coquecigrues inhabituelles. Ses amis rompus à ses discours immarcescibles et compendieux ne supportaient pas que ses perles toujours coruscantes soient transmutées en vulgaires palabres sibyllines de premier benêt venu. Il parvenait très vite à reprendre ses esprits lorsqu’il pénétrait dans le reposant psithurisme de sa forêt.
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Je ne comprends pas pourquoi dans la vie de tous les jours on complique la sécurité avec des clefs, des codes alambiqués et des obligations réglementaires allant parfois jusqu’aux portes de l’absurde afin de palier les accidents de tous ordres, alors que dans le domaine médical, on fait l’inverse sciemment: Fermeture des urgences par manque de personnel et d’anticipation, défaut persistant de médicaments parfois essentiels dans les pharmacies par restrictions budgétaires, déficit grave de médecins par décisions erronées, tentatives de déstabiliser les professionnels médicaux pour mieux les soumettre aux directives insoutenables, allecher les infirmières (non formées) pour remplacer les médecins non gratta pour des raisons dogmatiques, laisser dangereusement errer les malades mentaux sans suivi précis, abandonner la médecine scolaire laissant les enfants dans des situations de pénuries intolérables, sans parler de la bombe à fragmentation insinuée dans la vie des enfants aux confins de la psychiatrie infantile devenue invisible par manque d’intérêt et de soutien.
La société humaine française déliquescente va devoir payer très cher cette incurie qui s’est développée sournoisement en son sein.
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Un nouveau-né extraterrestre est attendu.
Les nuages lourds de particules et l’atmosphère poisseuse environnante ne laissent aucune chance aux rayons de soleil de pénétrer dans le bureau récemment imprimé. Les ouvertures sont volontairement exiguës pour éviter les intoxications respiratoires et les conjonctivites de stress. Le soleil n’est uniquement visible que quelques minutes par jour lorsque le canon a électrons entaille une faille dans la purée extérieure. Les quelques humains encore présents dans la contrée peuvent ainsi jouir de cet instant magique mais artificiel. Et dire que nos ancêtres pouvaient se laisser griller allègrement tout le jour durant sous la brulure d’un soleil torride. Aucun humain ne peut sortir plus d’une demi-heure dans cet enfer sans risquer un encombrement bronchique de particules de toutes tailles. Souvent le téméraire irréductible doit passer au désagréable lavage alvéolaire à son retour. Ainsi, tous les travaux extérieurs sont exclusivement réalisés par des humanoïdes. De surcroit, les hommes qui n’ont pas émigré vers les planètes voisines, sont atteints d’un mal obscur qui entraine une atrophie progressive des membres allant même, à l’ extrême, jusqu’à une dégénérescence musculo-squelettique. Les exosquelettes sont alors la solution de rechange incontournable. Il est à présager la disparition des membres dans un avenir, certes lointain, mais génétiquement prévisible.
Aujourd’hui deux janvier 2100,
Peter vient de recevoir une notification très importante directement dans son mental. C’est chose rare et donc importante. Il faut dire que depuis les années cinquante, la découverte des ondes mentales permettait de communiquer de cerveau à cerveau après une mise en condition adéquate des émetteurs et des récepteurs. De même il était possible à tout humain de connaitre la pensée et les intentions de son prochain. Cette avancée inimaginable autrefois à modifié les relations humaines faisant disparaitre certains comportements déviants ou pervers.
Le Consortium des Cerveaux Humains (CCH) à heureusement interdit l’accès à ces données du mental aux humanoïdes travailleurs.
« Reçu ce matin, 8h51 locale, le message des habitants de la planète MAS 5623 de l’étoile PROCYON ALTAÏR située à 15 A.L. dans la constellation de l’aigle acceptant le protocole de transfert des données humaines vers elle et vice versa en réponse au message 1507ET33 du 15 juillet 2065 ».
Depuis de nombreuses années et surtout depuis la mise en orbite du télescope HUBBLE, les humains tentaient de détecter une émission artificielle venant de l’Univers qui pourrait laisser penser à l’existence d’une vie extraterrestre. C’est à la fin des années vingt que parmi le brouhaha des réceptions célestes, l’une d’elles paraissait étrange. Mais comment reconnaitre l’étrange parmi l’étrange ? Au fil des années les grandes oreilles des télescopes, toujours plus extravagantes, ont pointé vers un minuscule point situé dans les parages d’ALTAÏR à 15 années lumières de chez nous. C’est de là que devait commencer l’aventure. Un probable message simpliste et lacunaire paraissait provenir d’un monde étrange mais qui a l’évidence consommait beaucoup d’énergie et surtout de l’oxygène. Les spécialistes considéraient cette débauche d’énergie très exagérée par rapport à la frugalité du message transmis. Ces êtres étaient-ils en avance ou en retard par rapport à notre développement scientifique terrien ? Le contact avec cette civilisation n’a eu lieu qu’en 2065 du fait de l’éloignement. Déjà le premier message de 2040 mentionnait de notre part une proposition de transfert humain. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’un déplacement physique mais de l’émission d’un dossier contenant des informations de nature génétique augmentée qui pouvait permettre de reconstituer un humain in situ sur ALTAÏR ? Ceci en fonction de leur degré de développement scientifique.
Vingt-neuf janvier 2100 :
branlement de combat au pied du super-hyper-calculateur-mégabytien du CCH qui a été monté au plus profond de la Fosse de Marianne pour de multiples raisons : sécurité, pression, dispersion de chaleur alors que dans le reste de la terre les températures toujours plus élevées ont pratiquement fait disparaitre les réserves d’eau, mers et océans compris sur la planète bleue.
Depuis bientôt un mois, l’ordinateur géant ne cesse d’enregistrer des données au kilomètre dont on ne connait l’origine…. Des hackers féroces, une puissance étrangère mal intentionnée ou bien tout simplement une compilation en direct de ALTAÏR. Personne ne comprend ce qui se passe, il faut attendre la fin du message, si message il y a. Les super intelligences artificielles sont toutes mises en œuvre pour décoder quelque chose, mais toutes restent muettes.
Février 2100
La marée de données ingurgitées de force dans la fosse des Mariannes s’est arrêtée subitement. Les myriades d’intelligences en attente prennent le relai et mâchonnent des milliards de megaoctets jusqu’à l’indigestion. Une chose est sure c’est un colis reçu en provenance d’ALTAÏR. La fin du message donne la marche à suivre pour ouvrir ce colis. Il y a même un petit logiciel pour terrien tout à la fin.
Et on apprend là, avec consternation, que cet immense dossier contient toutes les données nécessaires à la reconstruction d’un être altaïrien avec équivalent de génome complet et petit mode d’emploi.
Tout est prêt pour recevoir le bébé.
Quelle forme aura-t-il ? De quelles connaissances est-il porteur ? Son CV est-il inclus dans son génome ? Est-il possible de le cloner ? Pourra-t-il communiquer avec ses semblables par ondes mentales instantanées ? Sera-t-il un danger potentiel pour l’être humain ? N’est-il pas un cheval de Troie ? Peut-on l’accepter tel quel ? Quel est son mode de reproduction ? pourrait-il envahir la terre par autoreproduction ?
Suite au prochain numéro en provenance de : ALTAÏR
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L’Ehpad s’est éclaté vers l’extérieur jusqu’à ce jour, il faut maintenant le percer pour permettre à la vie de pénétrer à l’intérieur.
Que diriez vous
d’aller prendre un pot à l’Ehpad?
de pouvoir aller y chercher un colis de AMAZONE?
Ou une lettre de la poste?
Ça vous dirait
de faire un concours de pétanque ou de belote au sein de l’Ehpad?
et pourquoi pas de prendre des cours de boxe
ou même de pratiquer la poésie?
Allez partagez
Ceci est un désir personnel………. à adapter
Allez l’Ehpad , épate nous

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La poule grise et le loup noir

Une poule grise se promène en picotant, dehors dedans.
Un loup noir, méchant, aiguise ses deux longues dents, dehors dedans.
Il a une énorme faim, une faim de loup et son estomac est vide, dedans.
Il aimerait bien manger cette grosse poule grise qu’il voit, là, dehors.
La poule se dit : ce loup serait-il méchant ? Chez moi …je rentre vite dedans
Le loup n’a plus rien à se mettre sous la dent.
Il s’approche de la porte doucement, y a-t-il quelqu’un dedans ?
« Il fait très mauvais derrière la porte, dehors.
Je suis un gentil petit loup qui aimerait bien venir, dedans
Je ne suis pas du tout méchant avec mes énoooormes deux dents. »
La poule en l’entendant se dit : il est bien… dehors
Mais elle a un cœur d’or en dedans
Elle ne peut pas le laisser au froid du dehors.
Elle ouvre la porte lentement et passe son plumeau dehors
Le loup affamé bondit sur lui et croque le manche se cassant ses deux dents.
La poule crie alors:
Jamais l’estomac d’un loup n’aura une poule dedans
Tant que les poules n’auront pas de dents.
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Une comptine tinetine
Enfantine tinetine
Serge Michel PIOVEZAN / Pâques 2022
Je suis un escargot
gogo
Je ne suis pas du tout «chaud»
chocho
Mais bien dans ma peau
popo
C’est sur mon dos
dodo
Que je porte mon château
toto
Dedans il y fait très bon
bonbon
C’est mon tonton
tonton
Qui a fait le plafond
fonfon
En forme de colimaçon
sonson
Comme un tire-bouchonchonchon

Avec mes amis, nous glissons
sonson
Sur nos humides talons
lonlon
Sans faire de marathon
non! non!
Si on a faim, nous mangeons
jonjon
Des tendres poivrons
vronvron
Et bien jusqu’au fond
fonfon
J’écoute la radio
ho!hooooooo
J’ai des antennes sur le dos
dodo
Deux belles antennes
tènetène
Je bois aussi de la bonne eau
hoho
Là-bas à la claire fontaine
tèntène
J’ai toujours bonne mine
minemine
Touche mon antenne
tènetène
Si elle se ratatine
tinetine
……….
C’est que je t’aime
T’AIME
T’AIME.
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A la fin des études médicales d’alors, le jeune médecin devait faire son « stage interné ». Non pas qu’il fût plus fou que les autres : il se retrouvait ainsi expédié dans un hôpital périphérique, satellite de son centre universitaire et donc, de son port d’attache. Mais du fait d’un bon classement général pendant mes études, j’avais eu l’opportunité de rester attaché aux hôpitaux universitaires pour effectuer mon stage de fin d’études avec le statut de « faisant fonction d’interne ». (Université de Toulouse)
C’est dans le Centre anticancéreux de la Grave que je dus fourbir mes armes de médecin pendant un semestre entier. Un stage riche, exténuant, parfois abominable, comme lors de cette nuit de garde gravée dans ma mémoire à jamais. Le seul traitement que je pus alors administrer à cet enfant de 10 ans fût de la serrer dans mes bras toute la nuit, pour attendre sa mort au petit matin. Les infirmières qui acceptaient de s’investir dans ces services étaient des anges féminins tombés du ciel pour venir prendre soin d’autres petits angelots aux ailes brisées. Souvent, ils réintégraient trop vite leur paradis déjà perdu. Comment la Nature avait-elle choisi de peaufiner, pendant des millénaires durant, son plus élaboré élément sous la forme de l’Homme conscient de son existence, et de ne pas avoir prévu la protection de son enfant? On ne pouvait blâmer ces femmes adorables et dévouées qui jetaient l’éponge après quelques mois de calvaire passés à contrecarrer avec tous leurs muscles et un mental infaillible, dans ces lieux sordides et nécessaires, ce que la Nature avait de plus ignoble à nous présenter. Ce poids était trop lourd. C’est un continuum de louanges que je leurs adresse ; à Elles, ces inconnues et oubliées dans leurs « services de l’Espoir et de la Passion. »
Après trois jours d’examens, d’interrogatoires, de discussions et de bavardages à bâtons rompus, j’avais fait plus ample connaissance avec cette nouvelle malade qui venait d’intégrer l’infernal circuit du CCR (Centre Claudius Regaud anticancéreux). C’était une femme dynamique, très vive d’esprit, d’une tonicité explosive avec laquelle un certain lien de complicité s’était noué. Je pensais avoir mis le doigt, au fil de nos conversations, sur le problème grave qui l’avait conduite dans ce service, et qu’elle l’avait intégré et complètement fait sien. En langage clair, qu’elle était précisément là pour le traitement de son cancer du sein.
Aucun des patients de cet hôpital ne pouvait ignorer la raison de leur présence ici. Le centre – qui portait déjà le nom de Claudius Regaud – comprenait un grand pavillon de briques roses, parmi les nombreux autres qui composaient l’hôpital de la Grave, sur les bords de la Garonne. C’était l’époque aussi où nous commencions à parler plus ouvertement de la maladie avec les patients, et même si le diagnostic n’était pas si crûment annoncé que de nos jours, les périphrases significatives, les allusions à peine voilées, ne pouvaient laisser planer l’ombre d’un doute sur la maladie. Mais le malade entendait sans écouter, ou écoutait sans ‘’vouloir’’ comprendre.
Je retrouvais cette patiente à mon retour de déjeuner, à l’internat, sur le parvis ‘’gravillonneux’’ du pavillon. Elle faisait les cents pas, la mine grave. Elle me happa au passage : « Docteur, je sais ce que j’ai ! Je suis surprise… mon père vient de me dire qu’en me cherchant partout dans l’hôpital, il m’avait trouvée tout de suite lorsqu’il avait demandé le pavillon des cancéreux ! »Merci de laisser des commentaires……… si le cœur vous en dit!
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Hello mommy… No, please don’t turn away, I’m right here. I know you so well, although as yet you don’t know me. I am inside you – I snuggle here deep inside of you. I am the blossom that you nurture day by day. I’ve been waiting for eight long months to talk to you. Listen to me, put one ear close to your belly. Here it comes, I feel a shudder. I have ears but I can’t hear. I have a mouth but it is mute. My eyes are half-closed and I can’t see a thing; but when you are sad, I cry with you, and my tears melt. And at night, I sense the muffled tremors of your soft voice, the sweet echo of your nightly caress, but also mysterious thunder and sometimes frightening shockwaves.
I can imagine the pain waving over us with every muscle contraction. Who would want to attack you so cruelly in your world outside? It makes me so sad. Mommy dearest, I promise you that my love for you knows no bounds and that, when the day comes, I will defend you with my whole being. Just see how fast I am growing. After all, you feed me so well with your goodness. Do you hear my heart beating fast in your ear? It is beating for you and I will always watch over you.
After the hard journey that awaits me, no one will ever hurt you again. I will never stop crying while I feel that you are sad. I’ll cover myself in a horrible rash to distract and protect you. I will even go so far as to die for you, mommy dear. I will not eat again until serene love returns.
When you are old and weary, I will carry you in my arms. And let me say that if your ears can no longer hear, I will paint fairytale landscapes for you. If your eyes can no longer see, I’ll kiss your wrinkled hands and your sunken cheeks … and you will recall those subtle waves of caresses from the past.
Traduction assurée aimablement par Dick DAVIES. (MAMAN CHÉRIE) MERCI
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Le Samu et le Tigre
Les deux véhicules du SAMU avaient été positionnés dans la ville de Toulouse à des points stratégiques précis pour répondre, au plus vite, aux sollicitations de la population. Notre véhicule comprenait une équipe de deux étudiants et une ambulancière. Il protégeait ce jour-là le district de la Halle aux Grains de Toulouse, où nous avions un pied à terre. Dans la grande salle de spectacles attenante se produisait un cirque exhibant des bêtes fauves. L’appel de détresse émanait donc pratiquement de derrière la cloison où nous étions en attente. Un TIGRE venait de déclencher une crise cardiaque mitonnée de troubles respiratoires qui, à priori requéraient la mise en place d’une respiration artificielle. –Nous évitâmes de penser au bouche à bouche !– Cependant, la partie semblait incertaine. Certes nous étions programmés pour sauver des vies ! Mon équipier, blême et prostré, se regardait les pieds. Moi, je débutais une danse de Saint Guy. Notre salut, nous le devrons à la sagacité et la promptitude de notre pilote toujours prête à renouveler ses exploits. Elle nous intima l’ordre de regagner très vite l’Estafette et nous démarrâmes en trombe. La première giclée de carburant n’était pas encore consumée, que nous prîmes le Boulevard ….. à contre poil, ballottés d’un côté à l’autre en quittant la zone à vive allure. Quelle mouche avait piqué notre ambulancière ? A l’approche du centre-ville, elle réduisit la vitesse pour s’insinuer dans les ruelles étroites et encombrées, à droite puis à gauche puis à droite encore, reprend une rue que nous avions déjà empruntée dans l’autre sens comme une boussole qui aurait rencontré un électroaimant pour déboucher enfin sur la grande rue BAYARD. Elle se faufila dans la rue de la Colombette bien plus connue à l’époque pour le nombre impressionnant de tigresses dévêtues en parade derrière des vitres que de tigres dyspnéiques. Peut-être pour nous donner du courage, elle décèlera jusqu’au pas d’homme afin d’admirer les corps exhibés du zoo humain. Cependant l’image de la gueule béante du tigre suffocant ne s’était pas effacée. La rue de la Colombette est bien trop courte et nous devions affronter le destin, sans se presser tout de même. Nous arrivâmes essoufflés derrière le mur qui nous avait vu partir pour l’urgence. L’agonisant, hélas, avait rendu l’âme juste avant notre arrivée.
C’est la première anecdote d’une longue série ( étudiante ou médicale) qui peut se poursuivre si vous aimez.
Laisser un petit mot pour m’encourager si c’est le cas. (Commentaires)
D’autres suivront. Soyez là
A la prochaine. Merci
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Le matelas.
08/07/2020
Marthe et Marcel sont nés dans ce village, il y a 160 ans ….à eux deux. Il est typique de la Lomagne. Pourvu d’un château plus ou moins fort, il s’accroche sur un rocher escarpé, aujourd’hui soumis au feu d’un soleil torride de plein été. Nos deux anciens, paisiblement au repos derrière l’unique table en pierre du village, échangent rarement quelques mots peut être même en patois local. Peut-être n’ont-ils plus rien à se dire. Surgissant d’on ne sait où, une fourgonnette de couleur incertaine, les portes décorées de lourdes plaques de goudron dégoulinant et les ailes grignotées par une rouille tenace se gare sans vergogne au plus près de leurs pieds. D’un bond de tigre, deux silhouettes d’un âge moyen, aux larges épaules et aux fines moustaches sont déjà en pleine conversation avec notre vieux couple. La discussion va bon train. La parole autant rodée que les soupapes du camion passe rapidement d’une fine moustache à l’autre. Les éclats de rire, les palabres usées, des signes d’amitiés bien trop précoces, les murmures de connivence, les longues poignées de main augurent bien d’un marché conclu et d’une bonne affaire….. Mais pour qui ?
Ils reçoivent leur achat secret quelques mois plus tard. On leur installe la chose dans la chambre. Ils avaient hâte de pouvoir reposer leurs carcasses douloureuses sur ce magnifique matelas à mémoire de forme payé à prix d’or. Il est censé effacer rapidement ces vieilles plaintes qui tous les matins au démarrage bloquent leur lombes arthrosiques. L’hiver arrive si vite et son attaque est justement centrée sur cette colonne.
Il faut dire qu’après quelques semaines d’acclimatation, la forme liée à la mémoire de forme prend forme. Les douleurs matutinales, sans disparaitre, se dissolvent petit à petit dans l’ambiance douloureuse générale beaucoup plus supportable.
« Cadeau chèrement payé dit un jour Marcel, mais on le mérite bien, non ? » Hochement vertical de tête de Marthe qui n’en dit pas plus.
Des mois passent et le super matelas devient un objet culte, les nuits s’adoucissent, les réveils sont presque enchanteurs.
Avant Noel, le téléphone résonne dans la masure. L’homme à la fine moustache, désespéré, fait part aux octogénaires qu’un vice a été détecté dans certains matelas qui pourrait devenir délétère. Il faut absolument une vérification in situ. Un rendez-vous est donc pris.
A leur arrivée, les deux complices aux fines moustaches, équipés d’une longue mallette débarquent dans la chambre connue. Ils éventrent à coup de machette le douillet matelas à la recherche de quelque improbable ‘’Alien retardé ‘’. Que Nenni. RIEN
Il ne reste plus qu’à racheter un autre matelas qui était, par hasard, en attente dans le fourgon.
Comment expliquer cette minable aventure à ses enfants ? Comment garder la tête haute au crépuscule d’une vie exemplaire passée à les mettre en garde sur les dangers de la vie. smp
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LE STRADIVARIUS.
22/06/2020
On dit que voler n’est pas tuer.
Voici un fait qui en dit autrement.
Elle a quatre-vingt-dix printemps et parait avoir mis de côté les hivers et même les automnes.
Deux amours tendres émaillent une vie agitée : son fils et maintenant et toujours son violon qui repose là « dans son couffin ».
C’est un violon ancien, fier. Ses ouïes sont gonflées de sons. Il attend des doigts agiles crochetés sur son manche solide à la recherche de quelques arpèges légers, un frôlement doux ou peut-être même tumultueux d’un archet rageur qui attaque ses vibices tendus et vibrants.
J’aime le son de son corps le soir au fond de moi….
Est-ce un second enfant tant aimé ? Est-ce un chaton protecteur et adulé par les personnes qui avancent, au pas de deux, vers le grand âge ?
Elle se plaint, oui, de la difficulté à tirer de son instrument, les quadruple-croches qui sautillaient si allègrement sur les cordes raides. Ses doigts tortueux peinent même à moduler les « triples ». Elles font de la résistance et regardent d’un air envieux leurs collègues les points d’orgue. L’inclinaison douce de sa tête sur son violon provoque même des craquements cervicaux parasites.
Les sanglots longs du violon de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone.
Je suis médecin de campagne. J’aime cette petite femme vive, pas plus haute que quatre pommes mais avec un cœur énorme.
Toujours prête à se pencher sur son prochain, c’est avec cette belle jeune femme à la peau basanée, aux longs cheveux de jais et des lèvres de porphyre que l’attentat a commencé. Elle se présente, un matin, tout sourire rassurant pour demander un quelque chose pour ses enfants en bas âge. La grand-mère fond immédiatement et s’aventure illico vers la cuisine pour revenir très vite avec ce quelque chose en mains. Elle n’avait pas fait trois pas qu’une ombre furtive chargée de son instrument quitte sa chambre avec fracas suivi par la jeune femme qui avait déjà pivoté sur elle-même. Elle se met à crier « au voleur » et tente même de le poursuivre sur quelques mètres mais son cœur a mis tout de suite le holà.
Anéantie, ce n’est pas le ‘’cœur sec’’ de la gendarmerie très vite contactée qui aurait pu apporter ce peu d’empathie qui aurait pu la soulager.
Elle venait de perdre la petite flamme qui entretenait sa vie déjà pas mal consumée.
Ce n’était pas un stradivarius.
Ce jour-là, un homme, dans la pleine forme de sa jeunesse, affublé d’une complice écervelée, s’est rendu assassin par anticipation. La vie de cette grand-mère a décliné progressivement jusqu’à son extinction pour un violon tant aimé.
Et pourtant, ce n’était pas un stradivarius, non, mais c’était bien plus qu’un STRADIVARIUS.
smp
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LE PUITS
11/07/2020
Beaumont de Lomagne est en émoi et tremble pour ses jeunes depuis cette sombre affaire qui dure depuis trois semaines.
Voilà les protagonistes :
Avant tout : Theo Magret de la Faisandière (certes c’est un noble mais tout de même) commissaire frais émoulu détaché tout récemment à Beaumont de Lomagne où un bureau de la mairie lui a été octroyé. Il est sorti major de sa promo à la police, il est grand, sportif, ses yeux semblent voir dans la nuit comme les avions furtifs américains, et il entend tout avec ses oreilles décollées paraboliques, son odorat talonne celui des reniflards. Il doit résoudre l’énigme de la disparition brutale de Justibelle, 22 ans qui vit (ou vivait) dans un village voisin.
Le deuxième protagoniste est donc Justibelle B., jeune, jolie, instruite, adulée de tous. On ne lui connait pas de petit ami attitré ni de possible ennemi. Elle vit à la ferme avec ses parents avant de prendre un poste bac+4 à Toulouse à la rentrée. Elle a donc disparu corps et âme sans laisser le moindre indice. Toutes les recherches jusqu’ici sont restées vaines: Empreintes, ADN, curages des puits environnants, écumage des lacs et passage des bois à la brosse à chiendent. Rien
Le troisième et dernier protagoniste est Isendrin Y., agriculteur, 24 ans, à la bouille rassurante, rond et rubicond, agile, mais tête en l’air. Il vit seul et n’est connu par aucun des deux autres protagonistes. Il est même inconnu des Beaumontois puisqu’il vit à l’autre bout du département.
Theo Magret de Canard de la Faisandière (oui il tient au nom complet pour ne pas être confondu avec l’Inspecteur Maigret !) ne sait pas par où commencer son enquête ce matin-là. Mais il n’est pas interdit à tout grand commissaire d’avoir de la chance, aussi. Il voit entrer dans son bureau Isendrin Y, essoufflé comme un « covidien », blanc comme la face ventrale d’une limande et qui s’étale comme un œuf à la poêle sur le seul siège présent.
« Monsieur l’inspecteur je suppose ?
-Lui-même Theo Magret de…
-canard dit l’autre en pouffant de rire »
« Je viens car j’ai appris que l’enquête sur la jeune fille traine malgré les nombreuses investigations et en particulier l’exploration des puits alentours. Je me suis dit et j’en ai pas dormi de la nuit pendant cinq jours que, si meurtre il y a, pourquoi l’assassin ne serait-il pas venu jeter le corps dans mon puits ? Pourquoi pas ?
J’ai donc décidé d’utiliser ma pompe aspirante qui me sert au potager, pour vider le puits et en avoir le cœur net. Il m’a fallu beaucoup de temps. C’est mon père qui avait creusé de ses mains ce puits profond de plus de douze mètres.
J’ai failli y tomber moi-même dedans quand j’ai vu le corps d’une femme tout au fond. Une grosse pierre semblait aussi présente à ses côtés. J’ai arrêté la pompe, je me suis préparé tout tremblant et suis venu à grande vitesse. »
Théo Magret écoute, immobile, puis déploie subitement ses ombrelles auriculaires qui claquent comme les cymbales d’une cigale, laisse jaillir de ses yeux furtifs des jets de lueurs incandescentes, se lève d’un bond et rejoint ses collaborateurs.
Il revient après une bonne demi-heure et s’adresse à Isendrin :
« Vous êtes en état d’arrestation pour le meurtre de Justibelle B ».
SMP FIN
Questions : Qu’elle est le motif d’arrestation ?
Qu’est-il allé demander à ses collaborateurs ?
Si vous désirez connaitre la solution proposée, laissez un commentaire.
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Un entartage salvateur.
Ecrit le 25/04/2019
L’information tourne en boucle depuis une semaine. Il est impossible de l’esquiver sur quelque media que ce soit. Le corps de la nouvelle n’est pourtant pas très consistant. Le Président de la République a été menacé de mort dans un message anonyme reçu par le Directeur d’un grand journal national. Les grands experts scientifiques du pays ne sont pas arrivés à tirer le moindre indice de la myriade d’examens que le document a subi. Il faut dire que chaque lettre du message a été écrite avec une machine différente sur un papier d’une banalité à toute épreuve, il va s’en dire, sans la moindre trace d’empreinte. Tout le monde ne parle que de ça, et chacun y va de son interprétation ou de ses phantasmes. Les grands personnages de l’Etat sont dubitatifs et désemparés. Pas un seul expert n’est capable de concevoir le moindre scenario et encore moins une conduite à tenir plus ou moins logique. La police nationale est sur les dents et voit des suspects partout. Les arrestations préventives pullulent, les vérifications d’identités inutiles puisque sans substrat réel font flores. L’opposition s’indigne et s’offusque, en public tout au moins. Les journalistes sont tous à la recherche de faits solides pour étayer des hypothèses plausibles mais toujours sans consistance, aboutissant à des extravagances nocives.
Si ce papier est authentique, ce que personne n’ose affirmer, la première question qui se pose est de savoir si la menace vient d’un gouvernement, une organisation hostile à la France, d’un individu isolé, ou s’il s’agit tout bêtement d’un canular.
La situation est manifestement grave et sérieuse. La sécurité du Président a été surdimensionnée. Qu’il vienne de l’alimentation, de l’environnement immédiat ou plus lointain, de l’air ou de la terre, le danger est traqué à chaque seconde par les services de sécurité renforcée. Bien sûr il nécessite la participation de tout un chacun. La tension monte dans le pays. Les adeptes de la version canular invectivent les adeptes de la version dure qui demandent toujours plus dans la recherche d’une solution radicale. En cinq jours seulement, l’incertitude et la défiance sont à l’ origine d’un effondrement sans précédent de la Bourse de Paris qui bouscule à son tour les Bourses étrangères. Les mesures de sécurité sans limite entrainent une baisse de l’activité économique. Les trajets aériens sont les premiers touchés du fait des interminables contrôles de police qui dissuadent des touristes de moins en moins rassurés. Ils ne sont pourtant pas présidents de la république, mais la psychose s’installe peu à peu.
Devant la menace du chaos, le Président décide de prendre la parole: il se produira devant les caméras de télévision dans les tous prochains jours. De nombreux messages en provenance de l’Elysée ainsi que des centaines de tweets présidentiels appellent au calme et la sérénité: notre Premier de l’état ne craint aucune de ces balivernes.
Le discours du Président, simple et sobre, n’est d’aucun effet sur la rumeur de plus en plus tumultueuse qui circule dans le pays.
La plupart des Français sont persuadés que la menace vient d’un pays ennemi d’où le sentiment de gravité de la situation. Organiser un tel attentat est pratiquement inenvisageable de la part d’un particulier même bien équipé, eût-il quelques complices. Par contre, les moyens matériels et financiers d’un Etat sont à la hauteur du défi. Beaucoup rappellent l’empoisonnement récent d’une journaliste Russe qui périt d’une dose de produit radio actif que seul un pays pouvait se procurer.
Pendant les dix jours suivants, un calme relatif s’installe cependant sur le pays. On se demande même si la rumeur n’a pas été inventée de toute pièce pour détourner l’attention du peuple et laisser le champ libre aux législateurs ’’peu scrupuleux’’.
La bombe est réactivée subitement par un tweet Elyséen annonçant le décès brutal du Président dans des conditions inattendues. L’information s’étale instantanément à la une des journaux avec une telle célérité que sa vérification n’en est probablement pas obtenue ni même recherchée.
Les journalistes du monde entier ont intégré cette hypothèse dans leurs cerveaux depuis des semaines et acceptent donc la nouvelle sans la remettre en doute. Le choc a été de courte durée, mais sévère. Pas un quart d’heure ne s’est encore écoulé qu’un nouveau texto toujours en provenance de l’Elysée est aussitôt publié faisant état d’un piratage au plus haut sommet de Etat. Il dénonce la fausse information: le Président est bel et bien vivant et rien d’anormal n’est à signaler dans le Palais Présidentiel.
Cet événement improbable relance le débat sur la provenance du premier tweet et désigne définitivement sa provenance d’un pays ennemi. L’heure est grave. Le Président est effectivement en danger. Mais que faire de plus, le mettre dans une tour d’ivoire, même aux vitres renfoncées, serait un pléonasme!
Désormais, les responsables de la sécurité prennent conscience que le calme apparent de ces derniers jours a certainement été mis à profit par les ‘’complotistes’’ pour mettre leur plan à exécution. Oui, mais où, comment, avec qui et pourquoi? Faut-il annuler tous les déplacements du Président, ses discours, les inaugurations, et autres apparitions publiques. La décision vient de la présidence elle-même puisque rien ne sera changé au planning publié. Mr le Président reste stoïque et droit dans ses bottes.
Les différents événements qui suivent cette matinée mémorable se déroulent sans problème. Le service d’ordre et de sécurité est à peine plus fourni que de coutume. Notamment quand il faut passer au peigne fin chaque endroit où le président met les pieds.
Dix jours se sont écoulés paisiblement mais la tension semble, sans raison apparente exacerbée. Dix jours c’est le laps de temps qui s’est écoulé entre le premier et le deuxième tweet, alors….
Le onzième jour, le président se rend à TOULOUSE pour inaugurer une exposition de grande importance dans un palace local, suivi d’un repas fastueux. Il est bien entendu accompagné de ses ‘’gorilles’’, sommités et aréopage habituel et d’autres convives triés sur le volet. Parmi ces éminents personnages se trouve notre ami Le Dr Voattou, un proche du Président qui connait ses nombreux exploits passés (voir la ‘’dernière expérience’’ et ‘’la bio taupe’’).et son flair de fin limier.
Une fois la présentation faite et le discours finis, accueillis par des applaudissements fournis, un repas est servi dans la grande salle d’honneurs.
L’organisateur de cette manifestation a fait appel au plus renommé des restaurateurs de la région d’Occitanie, quant à la décoration de la salle elle est colorée mais dans un esprit plutôt sobre.
Le repas débute dans l’emphase mais au fur et à mesure de son déroulement l’ambiance se détend. Un brouhaha se renforce mollement. On pourrait parler d’une convivialité bon enfant. A voir l’enthousiasme des convives, le repas est bon. On l’avait promis léger mais raffiné. On approche du moment tant espéré du dessert. Par une incartade au protocole et peut être à la demande explicite du Président, les serveurs arrivent en groupe porteurs des desserts qu’ils disposent devant le Président. Il y a des plats multicolores, tartes et meringues, même la croustade typique du sud ouest et des gâteaux individuels pour assouvir les goûts de chacun.
La porte d’entrée du service s’ouvre pour laisser passer le chef cuisinier, heureux de venir se présenter à tous lorsqu’un bruit inhabituel se fait entendre un peu étouffé par le bruit ambiant. A la vitesse de l’éclair, une sorte de flammèche brillante gicle au dessus de la toque blanche du Chef. La réaction de la communauté n’est pas immédiate et même le service de sécurité pourtant sur ses gardes perd quelques secondes pour réagir. Ce qui semble être une flamme rugissante fait le tour de la pièce en passant à quelques mètres du président. Arrivée à sa hauteur on aurait pu ressentir une minime décélération de l’objet volant mais très vite, il repart pour un tour. Dans le même minime laps de temps, un garde de la sécurité avait dégainé son arme et tirait en direction du plafond sans aucune chance de le toucher tant sa vitesse est démesurée. Il aurait eu beaucoup plus de change de tuer une mouche posée sur une poutre. Le Dr Voattou comprend en une fraction de seconde le manège possible de cet engin.
Avant même que celui-ci ne revienne de son parcours, il empoigne fermement une tarte à la crème posée sur la table et entarte bien en son centre le visage du président qui n’avait encore pas eu le temps de réagir aux sollicitations multiples des gardes de la sécurité. Cette réaction plus que bizarre du Dr Voattou dans ces circonstances particulières ne fait rire personne. Le drone mortel évite de ce fait le Président et va se désintégrer exactement au milieu de son image officielle collée sur le mur derrière lui en créant un grand trou déchiqueté par les pales acérées de ses hélices.
Après un moment d’hébétude générale passé, chacun sort de son cauchemar insensé et tente de comprendre pourquoi quelqu’un s’est amusé à coller cette tarte au Président de la République alors qu’il était manifestement en danger de mort. La réprobation générale monte en puissance et les gendarmes s’apprêtent à jouer des menottes pour mettre le Dr Voattou en état d’arrestation immédiate.
Le médecin qui se sent en position délicate, et voulant devancer ses ennuis futurs, frappe plusieurs fois sur la table comme pour demander le silence et s’adresse au Président.
‘’Monsieur, je tiens à vous présenter toutes mes excuses pour ce geste inapproprié qui parait dérisoire devant la gravité de la situation. Je vous dois une explication qui sera je l’espère corroborée par les expertises. Soyons francs : ce mini drone grâce à ses hélices aiguisées comme des rasoirs était destiné à transformer votre tête en purée dans un état proche de celui dans lequel se trouve le mur. En pénétrant dans la pièce, son but était de reconnaitre votre image préalablement enregistrée dans son disque dur interne. Grâce à une application somme toute banale de reconnaissance faciale comme vous pouvez l’avoir dans votre téléphone portable, il vous a repéré à ce moment précis ou il a décéléré en passant devant vous. Il a décidé de refaire un tour pour valider son identification et prendre de la vitesse. Mais en arrivant sur vous le visage entarté n’a pas permis d’authentifier de nouveau son choix pendant que son programme interne a reconnu votre visage sur la photo officielle collée derrière vous et a changé de cap illico. Vous connaissez la suite.
Stupéfaite devant cette explication inédite, l’assistance marque un temps d’arrêt, le temps d’assimiler la nouvelle et de mesurer l’ampleur du drame qui vient d’être évité grâce à une simple tarte. Puis dans une joie non feinte, elle se lance dans une longue séance d’applaudissements nourris. Le président, les sourcils encore dégoulinants de crème, prend la main du Docteur et la serre avec reconnaissance et admiration.
FIN
18 /05/2019
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Maman chérie.
30/09/2020
Bonjour maman…non, ne te retourne pas, je suis là. Je te connais bien, tu ne me connais pas encore. Tu me contiens, je me blottis en toi. Je suis le bourgeon de fleur que tu cultives jour après jour. Huit mois que j’attends cet instant pour te parler. Écoute-moi, mets ton oreille sur ton ventre. Voilà, je sens un frémissement. J’ai des oreilles, mais je ne peux entendre. J’ai une bouche mais elle reste muette, j’ai des yeux mi-clos qui ne voient rien mais qui pleurent des larmes dissoutes quand tu es triste. Je perçois seulement les vibrations étouffées de ta voix douce, les ondes subtiles de tes caresses le soir, mais aussi les coups de tonnerre inexpliqués et parfois des ondes de choc épouvantables. J’imagine à l’ampleur de tes contractions musculaires la douleur qui nous attaque. Qui peut de la sorte dans ton monde ouvert, t’agresser si durement. Je suis triste. Je te promets maman chérie que j’aime déjà sans limite, que je te défendrai de tout mon être le jour venu. Je grandis vite tu sais. Tu me gaves tellement de sucs fortifiants. Entends-tu mon cœur rapide, là sous ton oreille bienveillante. Il est à toi et il veillera toujours sur toi. Après le dur voyage qui m’attends, personne plus ne pourra te blesser. Je pleurerai sans cesse si je ressens ta tristesse, je me couvrirai de boutons horribles pour te protéger en détournant l’attention, j’irai jusqu’à mourir pour toi maman chérie, je ne remangerai qu’au retour d’un amour serein.
Quand tu seras vieille et usée, je te porterai dans mes bras. Je te raconterai ça : si tes oreilles n’entendent plus, Je te conterai des paysages féeriques, si tes yeux ne voient plus, je baiserai tes mains ridées et tes joues vides et tu te remémoreras les ondes subtiles des caresses du passé.
smp
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01/09/2020. La dépêche que nous redoutions venait de tomber. Le quinzième confinement mondial avait été décrété à l’ instant sur toute la terre. Le SARS CoV avait de nouveau muté et des milliers de personnes décédèrent tous les jours sur la planète bleue. Plus personne ne devait mettre le pied hors de chez lui. La décision était drastique et irrévocable. Des drones armés militaires survolaient les régions à l’habitat dense et ne se contentaient pas de faire des sommations. Parfois on entendait des rafales de mitraillettes au loin. Notre petite colonie lunaire de terriens installée ici dans le pole SUD, car toujours un peu éclairé par le soleil rasant, sous nos bulles luminescentes, était à l’abri. Le dernier astronaute effectivement arrivé par la navette datait de 6 mois. La terre était à ce moment-là en standby, avec une agressivité virale contenue. Voici semble-t-il que le même scenario se reproduisit pour la 15eme fois depuis la célèbre pandémie mineure du début du Covid 19. Les choses avaient assez vite tourné en pandémie meurtrière et avaient obligé les dirigeants à devenir intransigeants. Nous étions regroupés en grappes. Notre développement local avait considérablement pris de l’ampleur avec l’installation d’une imprimante trois D capable de fabriquer une bulle transparente pour six personnes en quelques jours. La vie était agréable mais spartiate. Et pour nous la quarantaine était de mise. Nos divertissements en dehors des activités numériques étaient limités. Nous avions, et ce fut l’une des premières constructions, un terrain de sport conséquent en superficie mais au ciel trop bas. Une course soutenue en tenue de jogging nous projetait littéralement contre la voute de la bulle sans effort majeur. Nous étions tout de même équipés d’une combinaison spatiale moderne qui collait à la peau et laissait libres nos mouvements pour la sortie dans l’espace. Seule la tête était contenue dans une légère bulle transparente quasi imperceptible. L’autonomie était d’une demi-heure. Elle était bien suffisante pour aller rendre visite à notre maraicher récemment installé. Norio est un agriculteur un peu farfelu qui ne supportait plus la culture artificielle sur la planète mère et avait sollicité une activité lunaire qui avait été acceptée à notre grand étonnement. En seulement une quinzaine de pas bondissants comme on ne peut faire que sur le sol Sélène nous étions devant le sas d’entrée à l’orée de notre concession lunaire. Le spectacle était féerique. De longs filaments verts soutenant des myriades de tomates rouges descendaient du ciel en rangs serrés. La culture, fut elle artificielle, profitait du manque de pesanteur. Les plants avaient des hauteurs inconsidérées. Les piments, les aubergines les haricots étaient autant d’étoiles filantes. Même les pommes de terre montaient à leurs tours. Par contre, aucun arbre ne pouvait pousser dans cette serre. Peut-être dans le futur….. La vie s’écoulait assez sereinement et le retour sur la terre natale devait arriver incessamment. L’annonce de l’isolement avait fait surgir des sentiments refoulés et la communauté sombra dans un état de léthargie préjudiciable au bon fonctionnement communautaire. Il y eut même un accident impensable de deux piétons de l’espace qui s’étaient cogné la bulle céphalique au sommet d’un saut lunaire. Les systèmes automatiques de secours à six roues n’avaient pu récupérer qu’un « lunarien« . Le second a été éjecté faisant le premier décès d’accident de la circulation au sol. Chacun cogitait en regardant les images qui parvenaient de la terre. L’un pensait à sa famille prisonnière de sa maison, l’autre aux efforts vains qui avaient été accomplis depuis les années vingt pour combattre ce virus dont tout le monde se moquait à l’époque. Les images montraient le déploiement des myriades de drones sensés apporter la nourriture essentielle à la population. Il faut dire que lors de la dixième réplique du virus, il y eut une hécatombe non pas à cause du virus, mais simplement par le nombre élevé et concomitant de malades qui avaient mis à mal le système de distribution alimentaire par manque de bras. Le système de santé était complètement paralysé, alors que le virus était anodin mais symptomatique. Il avait été décidé alors, en confrontation mondiale, d’équiper chaque foyer de ce que chacun appelle un « pis aller ». Il s’agissait d’une sphère en verre double épaisseur équipée sur son pourtour de deux à six robinets, parfois des tétines. Un long tuyau rigide serti à son sommet montait à travers les plafonds et les toits pour se terminer à même le ciel à deux mètres du faîte de la maison. Le drone alimentaire faisait un ‘’sur place’’ au-dessus du tuyau et injectait dans la sphère un liquide nutritif de secours pour toute la population, le choix du parfum pouvait même se faire à l’aide d’une application ad hoc. C’est bien à un pis nourricier de vache que cette conception faisait penser !! Notre confinement à nous, dans la station, était choisi et accepté. La brièveté des séjours sélènes œuvrait en notre faveur. Sur la planète bleue, nos parents et amis, eux, désespéraient. L’efficacité d‘un vaccin était à chaque nouvel exemplaire remis en cause par les variations inopinées du virus. Nous passâmes quelques mois dans cette situation terne à déceler sur les écrans muraux branchés en direct sur la pandémie terrestre des signes d’espoir. Hélas, les indicateurs étaient tous au rouge foncé, le moral tendait vers le noir et l’économie dégringolait à vive allure. Nous en étions arrivé à nous demander s’il resterait assez de ressources humaines spécialisées pour assurer notre retour. Le tout automatique des derniers développements des transports planétaires mettait à mal notre sérénité. Des désordres sociaux, des manifestations violentes et les contestations paraissaient ne plus être contenues par les divers services d’ordre. Chaque jour la situation s’aggravait. Il fallait se rendre à l’évidence, le retour était sérieusement compromis et même redouté. De façon quasi simultanée le forum « Lune Aire Un » fit apparaitre sur nos plasmas le désir de nos concitoyens d’organiser une réunion générale afin de concocter un avenir commun viable jusqu’à la fin de la pandémie. Nul ne pensa un moment à la possibilité improbable d’un chaos terrestre incontrôlé. Et pourtant, la situation empirait sur Terre. Un jour nous reçûmes un «lunonef » automatique qui devait nous apporter une cargaison inespérée. Depuis longue date il avait été prévu d’envoyer des œufs couvés de poules ainsi que des jeunes cochons et un couple de mouton. Une bulle spéciale de hauteur limitée avait été construite et aménagée. L’approvisionnement des « lunautes » en protéines serait ainsi satisfait. Cette manne protéique inépuisable précipita la constitution d’un succédané de république autonome. Le territoire s’organisa et s’amplifia. Les interdictions contractuelles des relations sexuelles dans cette communauté initialement à but scientifique furent abolies. La Terre plongeait dans un marasme quasi total et oublia pratiquement ses colons lunaires. Eux progressaient au contraire, et une année n’était pas écoulée que naissait la première Evelune. Petit à petit, les œillades furtives orientées vers l’astre bleu s’estompèrent. Chacun rêvait d’obtenir une ‘’bulle-jardin’’ pour cultiver ses légumes et pourquoi pas quelques poules bien de chez nous disaient-ils. Quelques années ont passé, la terre essayait de remonter difficilement la pente et nous, bien installés dans nos bulles quasiment stériles nous vivions à l’abri des viroses et autres maladies ancestrales terriennes. Nous n’avions pas encore à déplorer des effets pervers des ondes et neutrinos solaires tant redoutés en son temps, la mortalité était quasi nulle. Je me remémore avec nostalgie mes vingt ans : La naissance de ce virus nouveau tant décrié dans l’univers entier.JAMAIS ET PERSONNE à cette époque n’aurait seulement imaginé la naissance d’une première société extra-terrestre à partir des effets délétères d’un minuscule et bien inoffensif SARS CoV2.
FIN -

Eléo et Eloi en ehpad.
15/09/2020
Quatre-vingt-huit ans ! Mais jamais je n’aurais pensé y arriver. Je n’ai rien fait et me voilà entourée de vieux. Il y a bien trois ans que je suis là cernée de murs hauts, hauts, si hauts. Une angoisse me bouscule soudain : Et si j’avais oublié d’éteindre le gaz sous la soupière, comment savoir ? Un jour, j’ai retrouvé, comme ça, du charbon dur, dur, dur, très dur. Si quelqu’un pouvait m’entendre sans le crier, je serais tellement mieux en moi. On court autour de moi. Personne n’écoute, je ne parle pas. A mon âge, rien ne compte. Personne n’écoute. Je suis mal. Depuis le temps, peut-être il n ‘y a plus de gaz. Je suis sauvée. Mon cerveau se reconnecte à sa station préférée : je suis vieille à quoi bon.
« Eh bien Eléonore, vous me paraissez soucieuse ?
_ Ce n’est rien, ça va passer. » Je réponds du tac au tac sans y croire. Je sais que ça ne passera pas. Mon cerveau revient sur sa station préférée, comme à la radio quand on l’éteint. Je me suis préparée. La mort ne me gêne pas, je la souhaite même. Tout le personnel ici est comme il faut, mais, je ne suis pas chez moi. Je fais ce que je veux, mais je ne suis pas à la maison, ma maison. Mon brave Eloi, je voudrais te rejoindre, vite, vite, bien vite. J’avais raison de vouloir partir la première. Tiens, on nous sonne pour le déjeuner, je t’invite. Je me souviens de cette belle soirée d’été ou tu m’as enlevée dangereusement avec ton vieux Solex pouffant et qui a d’ailleurs fini ce soir-là sa vie chez Delfine…qu’elle soirée ! Qu’elle bouffe ! Quel fol amour après le dessert ! Tu ne viens pas, tu n’es jamais là, jamais là, jamais plus là. Le repas est bon mais triste. Ma voisine a tout recraché au travers de ses trois dents orphelines. Celle d’en face a tout mangé en même temps avec ses doigts. Les asperges dégoulinantes de yogourt aux cerises, la viande cuite à l’eau macérant dans la vinaigrette à asperges. Et c’était bon, bon, pour elle, parfaitement bon.
Horreur, il faut déjà retrouver sa chambre. Je la connais. Ça va aller, mais à droite ou à gauche, ici. Les trois autres sont parties à droite. C’est à droite.
Oui, je me souviens, il y a un éléphant sur ma porte. Où est la porte ? « Que faites-vous dans ce couloir Eléo ? Je vais vous accompagner de l’autre côté. » Mon éléphant est là. Je suis rassurée, j’arrive chez moi. Je suis fatiguée, fatiguée, énormément fatiguée. Me mettre au lit est un calvaire. Mais après revient le calme. C’est bien l’endroit où je suis bien, enfin si mon dos me laisse un moment tranquille. Je prends mes médicaments, j’éteins mon cerveau. C’est dur. Il résiste. Une image oubliée passe dans ma tête. Est-ce vrai ou faux. Voilà… ma fille doit venir me voir demain. Je m’endors aussitôt.
Une nuit courte, courte, trop courte. Des rêves mauvais, mauvais, mauvais. Impossibles de mettre mes souvenirs dans les bonnes cases. Tout est en désordre. Mes alvéoles sont vides. Je ne peux plus retrouver mes souvenirs. Ma fille, oui, ma fille, que fait-elle ? Ou se trouve cette case ? Mes mots reviennent si je trouve la première lettre. Essayons a…b…c…d…e…t…u…v…voir, ça y est ma fille vient me voir. Je suis heureuse…ouf … c’est vrai, la nuit ne me porte pas conseil. Le lendemain, je suis perdue, perdue…non. J’entends une voix familière. C’est elle. Mon cœur explose. Si ce n’était l’arthrose, je bondirais me blottir dans ses bras. J’aperçois ses yeux étincelants en perles précieuses, Je sens le frémissement de ses lèvres sur mes joues. Je me laisse dissoudre dans un bonheur rare. « Bonjour ma chérie ». Mes oreilles n’entendent plus. Mes yeux sont éteints. Ma peau est un parchemin endurci, Je reviens à la case départ. L’extase s’insinue dans mon corps. Seul ce cri ancien et primitif dans cette petite salle blanche réveille mon cerveau. Elle est là. C’est tout, c’est tout, c’est tout.
Mon cerveau s’est enfin déconnecté de sa station prisonnière. Je laisse défiler dans une vibration rapide le doux parcours depuis cette salle de vie blanche à cette autre, noire, où je vais devoir finir ma vie. Nora est là. Je sens cette onde impalpable qui me nourrit lorsqu’elle se rapproche. Cette même onde, inconnue, vibrait déjà de mon corps épuisé pour fortifier ma ‘’nouvelle-née’’ si fragile. Elle me parle. Je ne saisis que la musique de sa voix. Je récupère petit à petit ma paix intérieure.
« Maman, je dois te dire, tu vas avoir la visite d’un nouveau médecin traitant à qui j’ai demandé de passer te voir. Ton ‘’ancien’’ ne s’occupe pas assez de toi, je le vois bien1. » Oh non, je ne veux pas. C’est faux, faux, faux. Ma fille, qu’as-tu fait là. Ça ne te regarde pas. Je vais avoir honte, honte, terriblement honte. Je suis terrifiée. Mon confident de toujours ! Tu n’as pas le droit de faire ça ma fille. Non, non, non. Comment vais-je faire. Comment lui faire comprendre. Je suis complètement perdue. Je suis exténuée. Je le sens je vais pleurer. Va-t’en ma chérie va-t’en, vas t’en. Laisse-moi respirer…
Les jours passent et je suis déboussolée. Je sens ma tristesse. Je ne sais plus pourquoi. Je ne me reconnais plus. Que s’est-il passé ? Mon cerveau s‘est reconnecté à mon obsédante idée. Ah oui ma fille est venue et repartie alors que j’étais triste, triste, triste.
Le nouveau médecin n’est pas venu. Que faire ? Peut-être lui »sait-il » qu’il ne faut pas. Peut-être ne viendra-t-il jamais. Le feu de mon cerveau abimé est en enfer.
« C’est le jour de la grande toilette, Eléo, nous allons nous lever, et hop ! » Ah, il ne manquait plus que ça, et ma fatigue alors ? Cette grande gigue n’a jamais été vieille ça se voit. Elle va m’achever. Pourquoi je ne peux pas finir ma vie là, tout de suite….
« Un autre coup de peigne et tu seras la plus belle des résidentes Eléo, un peu de rouge aux ongles ? » Elle se moque de moi, comme toujours, mais elle est si gentille. Après ma fille, c’est ma préférée. « Aujourd’hui, sortie à la montagne après passage à la Grotte2. » Oh non je ne veux pas. Je suis ‘’crevée’’. Comment le dire ? Je ne veux pas revivre le PUY DU FOU où mes enfants m’ont forcée à aller l’an dernier, pour me faire plaisir disaient-ils. Ils ont eu plaisir, moi pas. Mais ils étaient heureux. Ils ont fait beaucoup de bruit, beaucoup chanté dans l’auto. Ils ont percé mon tympan ! Je riais en réponse. Ils ont beaucoup marché et moi aussi. Ils ont abimé mes articulations ! Je souriais en retour. Ils ont beaucoup mangé dans ce restaurant à Garbure et je l’aime aussi. Ils ont explosé mon estomac. Je m’extasiais sans plaisir. Ils n’ont pas compris que les yeux des jeunes ne voient pas comme les yeux des vieux.
Je suis revenu à l’Ehpad, heureuse mais triste.
1° Cette consternante attitude n’est pas exceptionnelle et se rapproche beaucoup de la maltraitance à la personne âgée, tant elle contrarie le libre arbitre d’un être humain encore en pleine conscience. Un choix extérieur, sans être parlé, imposé reste inconcevable. Tant bien même découle-t-il d’une bonne intention, il doit être combattu. J’ai refusé à plusieurs reprises dans ma carrière professionnelle ce subterfuge à des fins purement personnelles des enfants demandeurs. Dans l’autre sens, une dizaine de personnes âgées fidèles sont venues implorer mon pardon les yeux mouillés de tristesse. » Je ne peux pas faire autrement, Docteur!». Parfois, c’est la voisine qui se fait la porte-parole de cet outrage, et me conter le désarroi et le regret immense suite à cette rupture forcée, cet accroc grave à une relation de toute une vie.
2° De même, balayez vite cet espoir que nous avons tous de faire plaisir à nos vieux parents en les invitant avec insistance à visiter la plus belle abbaye cistercienne à trois cent km de là, et pourquoi pas descendre les eaux claires et froides des canyons aragonais en plongeant tous nus dans les vasques accueillantes. Non, ni l’un ni l’autre. Essayons, avant tout, de nous transposer dans ces corps très usés que nous continuons toujours à idéaliser. Demandons leurs avis sans contrainte, subliminale certes, et tenons nous en à ce que nous pourrions ressentir comme un choix libre et réel.
Fin. Smp.
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MOI! Petit virus ?
12/10/2020C’est vrai, je suis minuscule. Je serais un semblant de reliquat de génome ridicule. Un petit chromosome même pas capable de me faire me déplacer. Je profite des autres qui me transportent de ci de là au hasard des rencontres. Parfois mes logeurs, négligeant mon pouvoir de destruction malgré ma taille, se font un plaisir d’outre passer les barrières qu’ils m’ont imposées eux même. L’autre soir je me suis invité, transporté gratis par un convive écervelé, au mariage bien achalandé dans une salle bondée. Ce fut une joie pour moi, je sautais de l’un à l’autre sans difficulté aucune au rythme effréné de la musique. Pas d’obstacle de papier ou de tissus. Les portes narinaires bien ouvertes, les langues déliées, les vieux, les jeunes, je me suis délecté. J’avais peur, je croyais que tous ces gens avec des gros chromosomes et des grosses têtes étaient plus intelligents que moi … que nenni. Des brutes épaisses, des têtes-de-mules inconséquentes, des « augroszizi » imbus de leurs nullités, voilà tout ce que je préfère. J’étais gâté. J’ai pu prospérer. L’expansion de mon royaume est fulminante. Je passe inaperçu. Ni vu ni connu. Il faut dire qu’avec ma taille extra sexy, je m’insinue partout. ‘’60 nanomètres’’, je devrais être dans toutes les revues féminines et le top modèle du moment. Rien ne m’arrête, même pas les filtres, je me glisse dans les moindres interstices. Je me régale. Quand ça ne va plus, que le moral est en baisse, je me tortille, change quelq7ues bases de mon ARN et ça repart. Même Einstein en perdrait son latin. Je me trouve malin dans mon genre. Les plus grands de ce monde sont à ma merci.
Mr Trump s’est peut-être servi de ma notoriété pour se revigorer. Si c’était le cas ma vengeance sera terrible. Toute la planète que je fréquente assidûment est à mes trousses. Ils veulent me vaincre avec un simulacre de vaccin fait à la va-vite….Attention. N’oubliez pas mon extrême plasticité.Si j’ai un conseil à vous donner :
»Planquez-vous. »


