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Il n’était ni bélître ni parangon dans sa vie de tous les jours, sa péniaphobie l’obligeait à travailler toujours plus. Éternel égrotant, ses efforts bigorexiques ne le rendaient pas heureux pour autant. Parfois un peu égrillard, il pratiquait avec excellence les flagorneries nombreuses, soutenues par des blandices recherchées qui arrivaient à séduire ses affidés certes, mais surtout les anachorètes lors de rares rencontres stochastiques. Ses multiples voyages soutenus par une hodophilie quasi génétique et ses promenades au sein de pétrichors enivrants lui faisaient tenir parfois des coquecigrues inhabituelles. Ses amis rompus à ses discours immarcescibles et compendieux ne supportaient pas que ses perles toujours coruscantes soient transmutées en vulgaires palabres sibyllines de premier benêt venu. Il parvenait très vite à reprendre ses esprits lorsqu’il pénétrait dans le reposant psithurisme de sa forêt.
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Je ne comprends pas pourquoi dans la vie de tous les jours on complique la sécurité avec des clefs, des codes alambiqués et des obligations réglementaires allant parfois jusqu’aux portes de l’absurde afin de palier les accidents de tous ordres, alors que dans le domaine médical, on fait l’inverse sciemment: Fermeture des urgences par manque de personnel et d’anticipation, défaut persistant de médicaments parfois essentiels dans les pharmacies par restrictions budgétaires, déficit grave de médecins par décisions erronées, tentatives de déstabiliser les professionnels médicaux pour mieux les soumettre aux directives insoutenables, allecher les infirmières (non formées) pour remplacer les médecins non gratta pour des raisons dogmatiques, laisser dangereusement errer les malades mentaux sans suivi précis, abandonner la médecine scolaire laissant les enfants dans des situations de pénuries intolérables, sans parler de la bombe à fragmentation insinuée dans la vie des enfants aux confins de la psychiatrie infantile devenue invisible par manque d’intérêt et de soutien.
La société humaine française déliquescente va devoir payer très cher cette incurie qui s’est développée sournoisement en son sein.
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Un nouveau-né extraterrestre est attendu.
Les nuages lourds de particules et l’atmosphère poisseuse environnante ne laissent aucune chance aux rayons de soleil de pénétrer dans le bureau récemment imprimé. Les ouvertures sont volontairement exiguës pour éviter les intoxications respiratoires et les conjonctivites de stress. Le soleil n’est uniquement visible que quelques minutes par jour lorsque le canon a électrons entaille une faille dans la purée extérieure. Les quelques humains encore présents dans la contrée peuvent ainsi jouir de cet instant magique mais artificiel. Et dire que nos ancêtres pouvaient se laisser griller allègrement tout le jour durant sous la brulure d’un soleil torride. Aucun humain ne peut sortir plus d’une demi-heure dans cet enfer sans risquer un encombrement bronchique de particules de toutes tailles. Souvent le téméraire irréductible doit passer au désagréable lavage alvéolaire à son retour. Ainsi, tous les travaux extérieurs sont exclusivement réalisés par des humanoïdes. De surcroit, les hommes qui n’ont pas émigré vers les planètes voisines, sont atteints d’un mal obscur qui entraine une atrophie progressive des membres allant même, à l’ extrême, jusqu’à une dégénérescence musculo-squelettique. Les exosquelettes sont alors la solution de rechange incontournable. Il est à présager la disparition des membres dans un avenir, certes lointain, mais génétiquement prévisible.
Aujourd’hui deux janvier 2100,
Peter vient de recevoir une notification très importante directement dans son mental. C’est chose rare et donc importante. Il faut dire que depuis les années cinquante, la découverte des ondes mentales permettait de communiquer de cerveau à cerveau après une mise en condition adéquate des émetteurs et des récepteurs. De même il était possible à tout humain de connaitre la pensée et les intentions de son prochain. Cette avancée inimaginable autrefois à modifié les relations humaines faisant disparaitre certains comportements déviants ou pervers.
Le Consortium des Cerveaux Humains (CCH) à heureusement interdit l’accès à ces données du mental aux humanoïdes travailleurs.
« Reçu ce matin, 8h51 locale, le message des habitants de la planète MAS 5623 de l’étoile PROCYON ALTAÏR située à 15 A.L. dans la constellation de l’aigle acceptant le protocole de transfert des données humaines vers elle et vice versa en réponse au message 1507ET33 du 15 juillet 2065 ».
Depuis de nombreuses années et surtout depuis la mise en orbite du télescope HUBBLE, les humains tentaient de détecter une émission artificielle venant de l’Univers qui pourrait laisser penser à l’existence d’une vie extraterrestre. C’est à la fin des années vingt que parmi le brouhaha des réceptions célestes, l’une d’elles paraissait étrange. Mais comment reconnaitre l’étrange parmi l’étrange ? Au fil des années les grandes oreilles des télescopes, toujours plus extravagantes, ont pointé vers un minuscule point situé dans les parages d’ALTAÏR à 15 années lumières de chez nous. C’est de là que devait commencer l’aventure. Un probable message simpliste et lacunaire paraissait provenir d’un monde étrange mais qui a l’évidence consommait beaucoup d’énergie et surtout de l’oxygène. Les spécialistes considéraient cette débauche d’énergie très exagérée par rapport à la frugalité du message transmis. Ces êtres étaient-ils en avance ou en retard par rapport à notre développement scientifique terrien ? Le contact avec cette civilisation n’a eu lieu qu’en 2065 du fait de l’éloignement. Déjà le premier message de 2040 mentionnait de notre part une proposition de transfert humain. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’un déplacement physique mais de l’émission d’un dossier contenant des informations de nature génétique augmentée qui pouvait permettre de reconstituer un humain in situ sur ALTAÏR ? Ceci en fonction de leur degré de développement scientifique.
Vingt-neuf janvier 2100 :
branlement de combat au pied du super-hyper-calculateur-mégabytien du CCH qui a été monté au plus profond de la Fosse de Marianne pour de multiples raisons : sécurité, pression, dispersion de chaleur alors que dans le reste de la terre les températures toujours plus élevées ont pratiquement fait disparaitre les réserves d’eau, mers et océans compris sur la planète bleue.
Depuis bientôt un mois, l’ordinateur géant ne cesse d’enregistrer des données au kilomètre dont on ne connait l’origine…. Des hackers féroces, une puissance étrangère mal intentionnée ou bien tout simplement une compilation en direct de ALTAÏR. Personne ne comprend ce qui se passe, il faut attendre la fin du message, si message il y a. Les super intelligences artificielles sont toutes mises en œuvre pour décoder quelque chose, mais toutes restent muettes.
Février 2100
La marée de données ingurgitées de force dans la fosse des Mariannes s’est arrêtée subitement. Les myriades d’intelligences en attente prennent le relai et mâchonnent des milliards de megaoctets jusqu’à l’indigestion. Une chose est sure c’est un colis reçu en provenance d’ALTAÏR. La fin du message donne la marche à suivre pour ouvrir ce colis. Il y a même un petit logiciel pour terrien tout à la fin.
Et on apprend là, avec consternation, que cet immense dossier contient toutes les données nécessaires à la reconstruction d’un être altaïrien avec équivalent de génome complet et petit mode d’emploi.
Tout est prêt pour recevoir le bébé.
Quelle forme aura-t-il ? De quelles connaissances est-il porteur ? Son CV est-il inclus dans son génome ? Est-il possible de le cloner ? Pourra-t-il communiquer avec ses semblables par ondes mentales instantanées ? Sera-t-il un danger potentiel pour l’être humain ? N’est-il pas un cheval de Troie ? Peut-on l’accepter tel quel ? Quel est son mode de reproduction ? pourrait-il envahir la terre par autoreproduction ?
Suite au prochain numéro en provenance de : ALTAÏR
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L’Ehpad s’est éclaté vers l’extérieur jusqu’à ce jour, il faut maintenant le percer pour permettre à la vie de pénétrer à l’intérieur.
Que diriez vous
d’aller prendre un pot à l’Ehpad?
de pouvoir aller y chercher un colis de AMAZONE?
Ou une lettre de la poste?
Ça vous dirait
de faire un concours de pétanque ou de belote au sein de l’Ehpad?
et pourquoi pas de prendre des cours de boxe
ou même de pratiquer la poésie?
Allez partagez
Ceci est un désir personnel………. à adapter
Allez l’Ehpad , épate nous

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La poule grise et le loup noir

Une poule grise se promène en picotant, dehors dedans.
Un loup noir, méchant, aiguise ses deux longues dents, dehors dedans.
Il a une énorme faim, une faim de loup et son estomac est vide, dedans.
Il aimerait bien manger cette grosse poule grise qu’il voit, là, dehors.
La poule se dit : ce loup serait-il méchant ? Chez moi …je rentre vite dedans
Le loup n’a plus rien à se mettre sous la dent.
Il s’approche de la porte doucement, y a-t-il quelqu’un dedans ?
« Il fait très mauvais derrière la porte, dehors.
Je suis un gentil petit loup qui aimerait bien venir, dedans
Je ne suis pas du tout méchant avec mes énoooormes deux dents. »
La poule en l’entendant se dit : il est bien… dehors
Mais elle a un cœur d’or en dedans
Elle ne peut pas le laisser au froid du dehors.
Elle ouvre la porte lentement et passe son plumeau dehors
Le loup affamé bondit sur lui et croque le manche se cassant ses deux dents.
La poule crie alors:
Jamais l’estomac d’un loup n’aura une poule dedans
Tant que les poules n’auront pas de dents.
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Une comptine tinetine
Enfantine tinetine
Serge Michel PIOVEZAN / Pâques 2022
Je suis un escargot
gogo
Je ne suis pas du tout «chaud»
chocho
Mais bien dans ma peau
popo
C’est sur mon dos
dodo
Que je porte mon château
toto
Dedans il y fait très bon
bonbon
C’est mon tonton
tonton
Qui a fait le plafond
fonfon
En forme de colimaçon
sonson
Comme un tire-bouchonchonchon

Avec mes amis, nous glissons
sonson
Sur nos humides talons
lonlon
Sans faire de marathon
non! non!
Si on a faim, nous mangeons
jonjon
Des tendres poivrons
vronvron
Et bien jusqu’au fond
fonfon
J’écoute la radio
ho!hooooooo
J’ai des antennes sur le dos
dodo
Deux belles antennes
tènetène
Je bois aussi de la bonne eau
hoho
Là-bas à la claire fontaine
tèntène
J’ai toujours bonne mine
minemine
Touche mon antenne
tènetène
Si elle se ratatine
tinetine
……….
C’est que je t’aime
T’AIME
T’AIME.
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A la fin des études médicales d’alors, le jeune médecin devait faire son « stage interné ». Non pas qu’il fût plus fou que les autres : il se retrouvait ainsi expédié dans un hôpital périphérique, satellite de son centre universitaire et donc, de son port d’attache. Mais du fait d’un bon classement général pendant mes études, j’avais eu l’opportunité de rester attaché aux hôpitaux universitaires pour effectuer mon stage de fin d’études avec le statut de « faisant fonction d’interne ». (Université de Toulouse)
C’est dans le Centre anticancéreux de la Grave que je dus fourbir mes armes de médecin pendant un semestre entier. Un stage riche, exténuant, parfois abominable, comme lors de cette nuit de garde gravée dans ma mémoire à jamais. Le seul traitement que je pus alors administrer à cet enfant de 10 ans fût de la serrer dans mes bras toute la nuit, pour attendre sa mort au petit matin. Les infirmières qui acceptaient de s’investir dans ces services étaient des anges féminins tombés du ciel pour venir prendre soin d’autres petits angelots aux ailes brisées. Souvent, ils réintégraient trop vite leur paradis déjà perdu. Comment la Nature avait-elle choisi de peaufiner, pendant des millénaires durant, son plus élaboré élément sous la forme de l’Homme conscient de son existence, et de ne pas avoir prévu la protection de son enfant? On ne pouvait blâmer ces femmes adorables et dévouées qui jetaient l’éponge après quelques mois de calvaire passés à contrecarrer avec tous leurs muscles et un mental infaillible, dans ces lieux sordides et nécessaires, ce que la Nature avait de plus ignoble à nous présenter. Ce poids était trop lourd. C’est un continuum de louanges que je leurs adresse ; à Elles, ces inconnues et oubliées dans leurs « services de l’Espoir et de la Passion. »
Après trois jours d’examens, d’interrogatoires, de discussions et de bavardages à bâtons rompus, j’avais fait plus ample connaissance avec cette nouvelle malade qui venait d’intégrer l’infernal circuit du CCR (Centre Claudius Regaud anticancéreux). C’était une femme dynamique, très vive d’esprit, d’une tonicité explosive avec laquelle un certain lien de complicité s’était noué. Je pensais avoir mis le doigt, au fil de nos conversations, sur le problème grave qui l’avait conduite dans ce service, et qu’elle l’avait intégré et complètement fait sien. En langage clair, qu’elle était précisément là pour le traitement de son cancer du sein.
Aucun des patients de cet hôpital ne pouvait ignorer la raison de leur présence ici. Le centre – qui portait déjà le nom de Claudius Regaud – comprenait un grand pavillon de briques roses, parmi les nombreux autres qui composaient l’hôpital de la Grave, sur les bords de la Garonne. C’était l’époque aussi où nous commencions à parler plus ouvertement de la maladie avec les patients, et même si le diagnostic n’était pas si crûment annoncé que de nos jours, les périphrases significatives, les allusions à peine voilées, ne pouvaient laisser planer l’ombre d’un doute sur la maladie. Mais le malade entendait sans écouter, ou écoutait sans ‘’vouloir’’ comprendre.
Je retrouvais cette patiente à mon retour de déjeuner, à l’internat, sur le parvis ‘’gravillonneux’’ du pavillon. Elle faisait les cents pas, la mine grave. Elle me happa au passage : « Docteur, je sais ce que j’ai ! Je suis surprise… mon père vient de me dire qu’en me cherchant partout dans l’hôpital, il m’avait trouvée tout de suite lorsqu’il avait demandé le pavillon des cancéreux ! »Merci de laisser des commentaires……… si le cœur vous en dit!
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Hello mommy… No, please don’t turn away, I’m right here. I know you so well, although as yet you don’t know me. I am inside you – I snuggle here deep inside of you. I am the blossom that you nurture day by day. I’ve been waiting for eight long months to talk to you. Listen to me, put one ear close to your belly. Here it comes, I feel a shudder. I have ears but I can’t hear. I have a mouth but it is mute. My eyes are half-closed and I can’t see a thing; but when you are sad, I cry with you, and my tears melt. And at night, I sense the muffled tremors of your soft voice, the sweet echo of your nightly caress, but also mysterious thunder and sometimes frightening shockwaves.
I can imagine the pain waving over us with every muscle contraction. Who would want to attack you so cruelly in your world outside? It makes me so sad. Mommy dearest, I promise you that my love for you knows no bounds and that, when the day comes, I will defend you with my whole being. Just see how fast I am growing. After all, you feed me so well with your goodness. Do you hear my heart beating fast in your ear? It is beating for you and I will always watch over you.
After the hard journey that awaits me, no one will ever hurt you again. I will never stop crying while I feel that you are sad. I’ll cover myself in a horrible rash to distract and protect you. I will even go so far as to die for you, mommy dear. I will not eat again until serene love returns.
When you are old and weary, I will carry you in my arms. And let me say that if your ears can no longer hear, I will paint fairytale landscapes for you. If your eyes can no longer see, I’ll kiss your wrinkled hands and your sunken cheeks … and you will recall those subtle waves of caresses from the past.
Traduction assurée aimablement par Dick DAVIES. (MAMAN CHÉRIE) MERCI
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Le Samu et le Tigre
Les deux véhicules du SAMU avaient été positionnés dans la ville de Toulouse à des points stratégiques précis pour répondre, au plus vite, aux sollicitations de la population. Notre véhicule comprenait une équipe de deux étudiants et une ambulancière. Il protégeait ce jour-là le district de la Halle aux Grains de Toulouse, où nous avions un pied à terre. Dans la grande salle de spectacles attenante se produisait un cirque exhibant des bêtes fauves. L’appel de détresse émanait donc pratiquement de derrière la cloison où nous étions en attente. Un TIGRE venait de déclencher une crise cardiaque mitonnée de troubles respiratoires qui, à priori requéraient la mise en place d’une respiration artificielle. –Nous évitâmes de penser au bouche à bouche !– Cependant, la partie semblait incertaine. Certes nous étions programmés pour sauver des vies ! Mon équipier, blême et prostré, se regardait les pieds. Moi, je débutais une danse de Saint Guy. Notre salut, nous le devrons à la sagacité et la promptitude de notre pilote toujours prête à renouveler ses exploits. Elle nous intima l’ordre de regagner très vite l’Estafette et nous démarrâmes en trombe. La première giclée de carburant n’était pas encore consumée, que nous prîmes le Boulevard ….. à contre poil, ballottés d’un côté à l’autre en quittant la zone à vive allure. Quelle mouche avait piqué notre ambulancière ? A l’approche du centre-ville, elle réduisit la vitesse pour s’insinuer dans les ruelles étroites et encombrées, à droite puis à gauche puis à droite encore, reprend une rue que nous avions déjà empruntée dans l’autre sens comme une boussole qui aurait rencontré un électroaimant pour déboucher enfin sur la grande rue BAYARD. Elle se faufila dans la rue de la Colombette bien plus connue à l’époque pour le nombre impressionnant de tigresses dévêtues en parade derrière des vitres que de tigres dyspnéiques. Peut-être pour nous donner du courage, elle décèlera jusqu’au pas d’homme afin d’admirer les corps exhibés du zoo humain. Cependant l’image de la gueule béante du tigre suffocant ne s’était pas effacée. La rue de la Colombette est bien trop courte et nous devions affronter le destin, sans se presser tout de même. Nous arrivâmes essoufflés derrière le mur qui nous avait vu partir pour l’urgence. L’agonisant, hélas, avait rendu l’âme juste avant notre arrivée.
C’est la première anecdote d’une longue série ( étudiante ou médicale) qui peut se poursuivre si vous aimez.
Laisser un petit mot pour m’encourager si c’est le cas. (Commentaires)
D’autres suivront. Soyez là
A la prochaine. Merci
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L’ehpad de Damoclès.
L’Escargot.
19/07/2018
La moitié de l’année 2030 vient de se consumer, Mme DOT Reine est solide malgré ses 94 ans, c’est elle qui met une bonne ambiance et vraiment c’est une très bonne ambiance. Quand elle rejoint, avec une certaine difficulté, il faut l’avouer, le groupe des anciens qui se réunissent sous la grande coupole au centre du village, elle mène la danse et sème la bonne humeur.
Jusqu’à ses 92 ans elle était jeune, disait-elle, à qui voulait l’entendre. Le soleil, malgré ses efforts, n’arrivait pas à se lever avant elle. Comme si son poste allait lui être convoité: une plus jeune femme du groupe pourrait prendre sa place, elle s’activait sans répit la journée durant. Le lit, la toilette, le petit déjeuner (le sien et celui des autres), le rangement, la petite vaisselle, le nettoyage, les commissions au petit magasin du coin encore debout, le déjeuner, la vaisselle, le rangement, le balayage, la cuisine du soir, certes élaguée, la vaisselle, le rangement et peut être une minute restante pour la télévision… Le soleil était déjà couché depuis un bon moment là-bas, derrière la colline.
Les choses ont bien changé aujourd’hui. Elle est happée et comme enserrée par une mâchoire énorme qui enveloppe son corps de la tête aux pieds. Cette machine aux volumineuses pinces n’est autre que le robot UC diligenté en urgence par le poste de commande situé en haut de la tour qui surplombe le village. Les robots de surveillance ont reçu un message urgent transmis par les capteurs du bandeau céphalique de Mme DOT. Le message a été certifié par les divers testeurs connectés de sa chambre. Elle vient tout juste de chuter comme il arrive très souvent aux personnes de son âge. Elle pourrait donc avoir subi un choc grave qui aurait échappé à la vigilance de son accéléromètre personnel. Celui la même n’aurait pas déclenché le baudrier pneumatique censé lui éviter une fracture du col du fémur ou un traumatisme crânien. Les fractures de ce type étaient très fréquentes dans les années quatre-vingt. Elles représentaient une source de dépenses très conséquentes pour les organismes sociaux qu’il s’agisse des personnes hospitalisées en maison de retraite ou des personnes vivant en famille. Ce n’est qu’après plusieurs années de tâtonnement et avec l’arrivée de l’informatique connectée qu’ont été mis au point des détecteurs de chute. En conjuguant les données transmises par un gyroscope couplé aux testeurs de position des diverses parties du corps, ce détecteur émetteur arrivait à prévoir la chute. Si son algorithme embarqué intégrant toutes ces données aboutissait à cette certitude, il déclenchait le gonflage instantané d’une sorte de bandeau entourant le crâne. Il protégeait alors la tête du choc sur le sol. En même temps se déclenchait au niveau de la taille une protection plus large, de la même manière que le faisait les ballons gonflables qui équipaient les véhicules de transport terrestre de ce temps pas très lointain. Une certaine efficacité sur des accidents graves de la route avait orienté cette recherche sur la protection des personnes à l’équilibre précaire.
Le robot UC n’a rien d’esthétique, pas de belles couleurs, pas de forme humaine, pas de fioriture inutile. Il est par contre très fonctionnel. Il ressemblerait plutôt à un coffre de salon qui se déplacerait de façon autonome. Il est équipé de très nombreux tentacules en forme d’une faucille, disposés en ligne sur un des côtés du coffre. Ces énormes griffes sont séparées entre elles par un espace d’une dizaine de centimètres et un ingénieux système de basculement de ce peigne géant lui permet de passer sous une personne à terre sans en bouger une partie. Pour éviter des douleurs de mobilisation, il soulève les corps en un seul bloc. Une toile d’un tissu particulier laissant respirer la peau, protectrice du froid, du chaud et de la pluie enrobe automatiquement le patient. Le robot transporte en sécurité la personne jusqu’au bloc chirurgical adéquat. Mme DOT ne dit pas un mot, d’ailleurs Robot UC ne dit pas grand-chose non plus, tout au plus quelques phrases simples : ne bougez pas, n’ayez pas peur je m’occupe de vous, etc…
Par contre son robot personnel qu’elle aime tant, de type Comper X n’arrête pas de l’encourager, de lui parler, de la soutenir, de lui expliquer ce que fait Robot UC, lui répétant avec sa voix douceâtre qu’elle ne risque rien, que ce robot est spécialisé dans les problèmes de chutes d’où son nom UC pour « urgence chute ». Les Robots COMPER sont issus des premiers types de robots qui ont pris leur essor autour des années 2015 dans les maisons de retraites et les EHPAD. Ils sont devenus, bien sûr, plus instruits et « intelligents » avec l’intelligence artificielle qui a énormément évolué en 15 ans. Robot UC termine juste d’enrober Mme DOT avec douceur et précision et la soulève précautionneusement dans ses crocs de fer gigantesques, puis le « coffre » débute lentement le transfert de Mme DOT vers le service ad hoc pour un traitement rapide. Si sa meilleure amie à l’humour noir la voyait, pour sûr elle l’aurait comparée à un nem « encellophané » prêt pour le réchauffage dans un four à microondes.
Mme DOT avait intégré ce village six mois auparavant à l’ occasion du décès inopiné de sa fille qui prenait soin d’elle jusqu’alors. Elle passait et repassait la voir à son domicile de nombreuses fois par jour. Sa fille habitait le hameau voisin et connaissait bien le problème de la perte d’autonomie de nos anciens car elle travaillait dans un ehpad ancien modèle. Elle mettait tout son cœur à ce travail harassant et difficile. Le manque de personnel, la mauvaise gestion des effectifs réduits, les dotations criminellement réduites, transformaient cette activité en une besogne inhumaine. Les contacts entre le personnel soignant et les résidents de ces locaux impersonnels se réduisaient d’années en années. Au gré du développement de l’informatisation, ces établissements dont la vocation princeps aurait été une prise en charge « humaine et sensuelle des vieux » capotaient vers l’inhumanité. Et pourtant le personnel souvent dévoué se battait contre l’adversité. Il tentait de se rapprocher physiquement le plus possible des résidents qui demandaient justement ce contact. La parole, le petit sourire entendu, la très sérieuse réplique humoristique ou même le simple coup d’œil complice étaient bien venus. J’ai été témoin pendant les dernières années d’exercice de la médecine de ville de la mise en place assassine de l’informatique naissante. Elle fut imposée par une administration écervelée vouée en la croyance de la toute-puissance de cette dernière. Le contrôle inquisiteur de la moindre activité du personnel para médical aboutissait à l’asphyxie d’un travail humain raisonné. Des dizaines de tablettes ont été distribuées largua manu à chacun avec OBLIGATION de noter les moindres gestes des résidents avant même de les pratiquer, ce qui aboutit à l’aberration suivante. Une femme âgée prise d’une envie soudaine de vider sa vessie demande de pouvoir utiliser un bassin ou bien une aide urgente qui aurait nécessité une mise à disposition immédiate du dispositif s’est vue répondre : « je vais chercher la tablette ! » (Pour les autorités incompétentes, le recueil des données dans des listings informatiques stupides formatés priment sur l’humanité… lamentable involution de ces années de transition passées. Ces aberrations répétées (dans tous les domaines de la vie civile c’était ainsi, aussi) ont conduit heureusement certaines personnalités et certains personnages politiques ou intellectuels à se rebiffer et chercher d’autres comportements tout en gardant l’intérêt de la formidable avancée procurée par le développement bien conduit de l’informatique et de la nouvelle robotique.
Mme Dot dut quitter rapidement, se trouvant seule, le petit appartement de trois pièces qu’elle occupait depuis le décès de son mari survenu une dizaine d’années auparavant. On lui proposa d’intégrer ce qu’on lui présenta comme le fruit d’une recherche poussée. La nouvelle conception des logements pour personnes âgées qu’on nommait du doux terme barbare d’ehpad dans les années 2000 a abouti, de fait, à l’idée de « Village ». Ce terme, pourtant éculé, apparut comme la découverte révolutionnaire du renouveau.
Elle eut même la surprise de s’entendre dire : « nous transporterons votre appartement sur place ! » On lui expliqua que jamais elle ne sera seule, qu’elle sera dans un système de sécurité totale, ce qui, tout de même lui mit une certaine dose de doute dans son esprit. On l’a même entendu dire : « Je ne suis pas née de la dernière pluie, j’ai 92 ans. J’attends de voir. »
Le village.
Si vous arrivez du ciel, il vous apparaitra comme un colimaçon enroulé sur lui-même. Vous pourriez rentrer dans le village par le péristome de l’animal et si vous continuez la poursuite de la spirale qui se déroule à vos pieds, vous arriverez à l’apex où, de loin, semble s’ériger une tour ronde et transparente, plutôt haute, d’où émerge d’un dôme hémisphérique.
Si vous arrivez par la terre, vous aboutirez d’emblée a l’entrée du « village » ou s’ouvrira alors deux voies :
Soit vous continuez la route en spirale qui s’enroule sur elle-même jusqu’à la tour centrale ;
Soit vous prenez le rayon rapide qui aboutit au même endroit en coupant à plusieurs niveaux la route en spirale, représentant ainsi un raccourci très net pour les situations d’urgence. Ces rayons de raccourcis sont nombreux et en fait délimitent des lopins de terre sur lesquels sont construits les logements individuels ou couplés des résidents. La direction centrale, les bureaux, les services d’urgence ainsi que les divers locaux médicaux sont concentrés dans le dôme central.
Cette architectonie permet donc d’arriver très vite par les transversales à chaque logement, elles sont prioritairement réservées à cet usage mais utilisable par tous. Le chemin spiral est lui moins technique mais plus bucolique avec une certaine particularité que l’on perçoit d’emblée aisément des l’arrivée. Qu’elle se fasse à pied ou en véhicule motorisé électrique ou plasmique (ou même les anciens tacots diesel ou essence du début du siècle) l’entrée se fait en douceur. Le revêtement de cette route est fait d’un complexe élastique rendant la circulation pédestre agréable, non glissante mais surtout inoffensive. Une chute de sa propre hauteur est parfaitement bien amortie. Ce type d’enrobement contenant des débris de pneus et de caoutchouc synthétique existait déjà mais n’était utilisé que partiellement dans les jardins de jeux pour enfants des décennies précédentes. Cette avenue spirale est donc très prisée pour les promenades quotidiennes des personnes valides. Elle pourrait permettre de côtoyer une à une toutes les constructions du village, mais aussi de rejoindre par les transversales rapidement le centre moteur du « village ». Les personnes invalides ou fatiguées peuvent toujours faire appel tout simplement par l’intermédiaire de leur ange gardien Comper X à un robot spécialisé « Escapad X » pour le transport individuel dans n’importe quel endroit du village.
Pour un visiteur très observateur, il apparaitrait une évidente différence entre les bâtiments individuels, situés en périphérie et ceux situés plus près du bâtiment central en forme de dôme. Cette distinction résulte de la présence voulue près des surveillants humains des personnes atteintes d’une maladie touchant les capacités intellectuelles dont bien évidemment celles porteuses de l’anomalie de la maladie d’Alzheimer ou apparentée. Cette pathologie particulière, n’atteignant pas exclusivement les personnes âgées, a commencé à se répandre sans distinction dans toutes les couches de la population à la fin du dernier millénaire. Elle continue son extension inexorable malgré les progrès énormes accomplis dans la compréhension du mécanisme pathogénique.
Plusieurs tentatives ont été analysées au cours du temps pour savoir quelle était la meilleure stratégie pour conserver chez ces patients le peu de communication ou d’empathie vis-à-vis des autres humains. La vie en société ne semble pas améliorer la situation mais peut par contre créer des frictions entre patients. Le village a penché du côté de l’habitat individuel mais avec surveillance serrée et constante. L’emploi de robots n’apparait pas délétère et apporte même parfois des comportements inattendus auprès de ces machines. La grande majorité des humains employés ici sont concentrés dans cette partie centrale du Village.
L’Habitat.
La figure élémentaire de ce complexe en est le cube modulable. Il peut être doublé dans les cas particuliers. A part l’architecture primaire du cube faite de matériaux durs (ciment par exemple), tout le reste est modulé dans une matière souple mais résistante. La dangerosité de tout le bâti est annihilée par la suppression totale de tous les angles aigus retrouvés dans les maisons anciennes. La structure du sol est copiée sur celle de la route en spirale absolument a-traumatique. L’aspect intérieur est façonné à la demande du résident et de toute façon personnalisé. La veille de l’arrivée d’un nouveau pensionnaire l’intérieur du cube est donc vide. Les parois sont blanches et aseptisées. Il ne dépasse du mur qu’un robinet et une paume de douche intégrée. Les ouvertures sont fixes.
Dans les sous-sols du Dôme et pas bien loin de la salle d’opération équipée d’un robot opératoire, se trouve une gigantesque imprimante 3D capable d’imprimer une maison. Selon les souhaits de l’arrivant cette gigantesque machine peut confectionner en relief, toujours dans la même matière souple résistante et « sécurisée », les parois de l’intérieur du cube y compris meubles, chaises et table, baignoire et lit douillet. Si la personne ou son entourage apporte à l’avance une photo de l’ancien habitat du futur locataire, la méga imprimante fait une copie conforme de son habitat précédent habituel. Ceci ne procède pas d’une idée hurluberlue d’un architecte en mal d’invention mais bien d’une déduction logique et futée : Tous les soignants de personnes âgées y compris et surtout des malades atteints d’Alzheimer ont remarqué la désorientation extrême de ces personnes dès l’arrivée dans un lieu inconnu. La perte des repères conduit pour le moins à un syndrome dépressif ou agressif qui souvent aboutit à un syndrome de glissement ouvrant la porte à une fin de vie prématurée dans le désespoir. Il avait été noté dans les décennies précédentes l’amélioration de l’insomnie rebelle des malades déficitaires lorsqu’on diffusait sur l’écran de leur télévision de l’époque un film comportant des personnages connus de la famille ou de l’entourage. L’imprimante dans ce cas, peut restituer les portraits ‘’des anciens’’ accrochés aux murs, modeler des antiques jouets, reconstruire en un tourne main la commode de la grand mère. L’intégration s’en trouve facilitée. Les ‘’alzheimériens’’ rassurés.
La sécurité.
Comme nous l’avons déjà montré, la sécurité des personnes âgées a été la première préoccupation à l’origine de cette conception : Le revêtement des sols, la disparition de toute aspérité dangereuse sur les murs, les marches, les objets, l’utilisation de véhicules autonomes intelligents ont été penses le plus a-traumatiques possibles
Les médicaments sont distribués sans aucune intervention humaine. Le conditionnement se fait à l’ origine par l’ordinateur central avec triple contrôle du médicament avant mise sous scellés individuels et la drogue est distribuée par le Comper X lié et dédié à chaque résident. L’observation attentive de cette distribution, de même que les résultats d’études sérieuses portant sur ce sujet a montré, de façon objective et inattendu l’absence de problème de prise. Peu de professionnels de la santé des années passées auraient misé un kopeck sur cette acceptation du robot pour la distribution des drogues. Tout se passe comme si le rejet du médicament était corrélé à la personnalité ou de l’attitude de l’effecteur humain dans des proportions insoupçonnées autrefois. Les erreurs de distribution si fréquente alors sont quasiment tombées dans l’oubli.
Le déplacement du résident est soumis à observation constante par Comper X. Il tente de connaitre les intentions sur le trajet et l’objectif désiré et agit par anticipation toutes les fois que c’est possible. Il écoute, il voit avec sa caméra multiple, il scrute, il interprète les mouvements minimes, les variations de la respiration et agit. Par exemple, la personne vient-elle à bouger de façon inhabituelle dans son lit, la nuit, suggérant un lever imminent, qu’il prend l’initiative d’éclairer la pièce par anticipation. De nombreux accidents sont liés au défaut de cette moindre précaution. J’ai moi-même pu comptabiliser le décès de trois personnes en quarante ans d’exercice médical lié directement à cette négligence. Les personnes, même jeunes, qui se lèvent la nuit sans allumer et qui manquent la première marche de l’escalier à l’étage risquent la chute parfois fatale. Le robot est toujours prêt à apporter la canne, il propose de façon renouvelée et sans insistance des boissons variées plus facilement acceptées par la PA, ce qui diminue d’autant les chutes par déshydratation relative. Il peut aussi varier les programmes de ce qu’on appelait autrefois télévision en fonction des intérêts de chacun. Il connait parfaitement les besoins, les envies les demandes de son binôme résidentiel puisque tout ceci est inscrits dans sa base de données.
Le personnel
Humains.
Le personnel humain est pour le coup rare. Sa fonction essentielle est orientée vers la psychologie bien sûr puisque les progrès de l’intelligence artificielle n’est pas encore arrivée à intégrer toutes les facettes de la psychologie humaine. Leur substitution par le robot a libéré beaucoup de temps libre très bénéfique pour cette activité essentielle. Les réunions humaines sont quotidiennes faites de contacts physiques, des activités du toucher, des bavardages, des discussions, des jeux de sociétés non numériques, du modelage et même de la couture alors que, de nos jours, l’utilisation des tissus a disparu de l’habillement courant.
Robots
Nous avons fait la connaissance des « COMPERS » Robots dotés d’une intelligence artificielle, certes orientée, mais très grande. Elle est capable de gérer toutes les situations courantes qui peuvent survenir dans le cadre de la vie au village. Leurs capacités physiques sont tout de même modestes, incapables de redresser un humain tombé a terre par exemple. Il doit faire appel à un robot spécialisé en fonction du problème à traiter. Nous connaissons aussi dans ce cadre « Robot UC » pas beau, mais efficace. Nous avons cité « ESCAPAD » qui n’est autre qu’un véhicule électrique passe partout.
Bien d’autres éléments spécifiques existent comme Robot « Cuisto X » qui prépare les repas, Robot « Géo X » qui stationne à l’entrée du village et conduit les visiteurs à l’adresse indiquée ou recherche la personne demandée.
La santé
Le but principal qui a présidé à la mise en forme de cette nouvelle prise en charge de la vieillesse est bien entendu la recherche de la pérennisation de la bonne santé. Cette dernière aura eu tout au long du 20eme siècle finissant et le début du 21eme une définition élastique. Les progrès de la médecine, de la nutrition et de l’hygiène, de plus en plus évidents, ont repoussé les limites de la vie vers le « centenariat ». Les années cinquante ne comptaient que quelques centaines de centenaires, le nombre a grimpé rapidement à plusieurs milliers dans les années deux mille. La courbe de progression s’infléchissant par la suite pour de nombreuses raisons. La stagnation et même un certain degré de déclin économique, les restrictions budgétaires dans le domaine de la médecine privée et publique, l’informatisation à tout va, sans vraie réflexion dans une euphorie sans limite pourraient être le socle de cette inertie. Il ne faut pas oublier les méfaits d’une pollution galopante, non maitrisée, des erreurs de gestion médicale. Des affaires de médicaments dévoyés, falsifiés, erronés, ont émaillé le parcours de la médecine depuis les années quatre-vingt. Elles ont été à l’ origine de procès mémorables en ces temps-là. Pour illustrer cette idée de mauvaise gestion de la médecine, souvent pour des raisons financières, épluchons le cas de la vaccination contre la grippe.
Le principe : Plus il y a de vaccinés et moins nous aurons de grippes sauvages potentiellement mortelles ne peut pas être contesté mais bien évidemment mérite d’être démultiplié.
A partir de l’année 2015 l’autorisation de vacciner après examen médical par un médecin (méthode habituelle depuis 1980), a été élargie aux infirmières (sans examen). Dès l’année 2019, l’expansion a atteint les pharmaciens. Heureusement les années postérieures ont vite vu arriver le vaccin nasal actuellement en vigueur.
Où se trouve le PROBLEME ?
Durant les années antérieures à 2015, le vaccin contre la grippe était donc pratiqué par le médecin généraliste lors d’un examen médical, souvent en complément d’une consultation pour une raison étrangère. Au décours de cette visite, il arrivait parfois qu’une contre-indication ou une pathologie sous-jacente inconnue soit mise à jour. Le médecin sursoyait à la vaccination en attendant l’obtention d’un diagnostic précis. Sans cet examen, la découverte était pour le moins retardée et pouvait laisser s’installer une complication. Par expérience personnelle je peux parler de troubles du rythme cardiaque avec plusieurs fois des découvertes de fibrillations atriales dont on connait la propension à induire des embolies graves, parfois des râles pulmonaires pourvoyeurs de pneumopathies sournoises, Des hypertensions artérielles méconnues, des tachycardies sous-tendant des anémies rebelles, etc.
Chaque année, une à trois de ces maladies cachées ont été mises à jour à l’occasion de cette pratique de la vaccination dans ma pratique. J’ose hélas penser qu’il en est de même de tous mes confrères° sur le territoire. Cela voudrait dire qu’une quantité inexcusable de pathologies sont laissées à l’abandon par la nouvelle formule qui a prévalu après 2015 avec l’autorisation de pratique de la vaccination par un non médecin.
Cet exemple très révélateur d’une décision déviante pourrait être multiplié dans d’autres domaines médicaux.
En Ophtalmologie aussi, l’obtention d’une paire de lunettes adaptées n’oblige plus le patient à passer devant un ophtalmologiste qui naguère examinait le fond d’œil. De nombreux diagnostics passent ainsi à la trappe et pas des moindres, à savoir : le diabète, l’hypertension, les nodules dysoriques des cancers de la moelle osseuse (rares), tubercules de Bouchut de la tuberculose, les artérites, etc.
° Notons environ 100 000 Médecins Généralistes en France en 2018
Les loisirs.
L’informatisation de la médecine mais surtout la robotisation de toutes les tâches quotidiennes ont complètement changé le comportement des personnes âgées.
Dans les années vingt, la plupart des gens du quatrième âge, grossièrement au-delà de 80 ans, n’avaient pas été initiées à l’informatique qui a pris son envol effectif au début du XXIème siècle. Elles ont toujours subi les programmes de télévision imposés certes de plus en plus diversifiés, mais sans choix réel. De nos jours, grâce à l’extension de la LIFI remplaçante de l’antique dangereuse WIFI, tous les choix sont possibles et les menus modulables à volonté. La rapidité de transfert des données par ce nouveau moyen de communication au travers des lampes LED multipliant par 100 la vitesse de réception des images a amené aussi les spectacles et la culture dans les chaumières isolées.
La reconstruction visuelle holographique en trois dimensions dispense les déplacements dans les musés et même dans les magasins. Cette évolution a grandement été poussée par la pénurie progressive des moyens de transport, et le bannissement des vols aériens afin de limiter le réchauffement climatique et l’explosion exponentielle de la pollution du pays. Nos anciens peuvent ainsi se déplacer fictivement dans les allées encombrées du souk de la place EL FNA au Maroc. Leur déambulation pouvant être agrémentée d’odeurs épicées diffusées par des LED odoriférantes. Ils ont le loisir de s’extasier longuement devant le sourire un tantinet moqueur de la Joconde sans se déplacer d’un iota.
Cependant, le mouvement, la gymnastique basique ou volontaire, la mobilisation passive ou active, la musculation éventuelle, la kinésithérapie augmentée, le sport traditionnel, la natation serait-elle acrobatique, le maintien de l’équilibre, les jeux collectifs, les anciennes pratiques de manipulations physiques ont été conservés et même exacerbés. En faisant appel à son binôme robotique Comper X, le résident a la possibilité de choisir des séances privées prodiguées par son compagnon de fer ou rejoindre sur Escapad X, le groupe humain qu’il connait pour des séances conviviales.
Les visites.
De-ci, De-là dans le village, un cube architectural se singularise soit par sa forme soit par sa couleur et correspond à un cube-hôte réservé à une famille éloignée rendant visite a un parent résident. Cette famille se voit secondée elle aussi par un Comper X bienveillant et infatigable.
Que penser de cette organisation et de cette évolution ?
Les points positifs sont évidents en ce qui concerne la sécurité qu’elle soit physique, médicamenteuse ou même personnelle. Un robot veille en permanence sur le résident et anticipe.
Il n’en va pas de même si on considère dans l’absolu le manque de relation humaine. Cependant, la psychologie du sujet âgé, souvent centrée sur sa personne, les frictions fréquentes avec ses congénères dans les maisons de retraites classiques, et le penchant constaté de s’attacher à un robot sans affect mais aussi sans violence peut modérer ce sentiment délétère de possible solitude. Le robot fait ici office de chien de compagnie. Il s’intègre bien dans un rapport confus avec son binôme humain. Il se crée un équilibre relationnel qui n’aboutit en rien en une confusion de genre.
Le robot reste le robot, mais il se fond cependant dans une société nouvelle « mi-fer mi-chair ».
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Un essai de pata-thèse
Sur une thèse patraque.
Smp 2019
La lumière est une onde, cette onde est issue de l’interaction de deux champs, un magnétique et l’autre électrique. C’est simple comme « bonjour ». Oui mais le champ magnétique, c’est quoi ? Eh bien, c’est cette force qui fait dévier la pointe d’une boussole en fonction de l’orientation de celle-ci. Et le champ électrique ? Et bien…. La force qui fait se soulever les cheveux lorsqu’on est dehors dans un contexte orageux intense. Donc deux entités complètement individualisées et différentes peuvent aboutir à un phénomène totalement différent et étranger. Cette paralogie est acceptée, aujourd’hui sans sourciller et pourtant il a fallu attendre le 17eme siècle et le modèle ondulatoire de Huygens qui propose une onde qui se déplacerait dans un milieu inconnu appelé éther; cependant ce milieu n’a pas été scientifiquement retrouvé et donc l’onde est une perturbation du vide ce qui explique le transport de la lumière dans les vides intersidéraux (qui ne sont pas totalement vides de fait). Mais le vide absolu existe-t-il? En fait la lumière est une onde tant qu’Einstein ne vienne mettre son grain de sable sous forme de grain d’énergie nommé quantum pour corser le débat. Ainsi la lumière est une onde quand ça nous arrange et un corpuscule si telle est la structure qui nous intéresse, dans une autre situation. On pourrait aller plus loin encore et se demander ce qui compose cette onde ou ce corpuscule. Cependant, nous n’allons pas continuer à casser la matière ou l’énergie jusqu’à perdre patience et rentrer dans les difficultés des interprétations modernes de la physique des ‘’micro-nano-particules.’’
Sur ce même schéma et en utilisant le même axiome de base, essayons-nous à décrypter ce que pourrait être la vie au travers du prisme d’une pata explication.
De même que la lumière qui donne la vie n’a reçue une analyse assez précise du phénomène qu’après plusieurs millénaires d’obscurantisme, la vie tarde à donner le moindre indice sur l’origine de son existence ou de sa conception intrinsèque. Ne reprenons pas, non plus, les nombreuses explications métaphysiques ou religieuses trop encombrantes.
Reprenons alors sereinement et sérieusement les choses.
Prenons un élément de la vie, à savoir le temps. Savons-nous ce qu’est le temps qui passe, si ce n’est que nous passons avec lui et nous trépassons aussi avant lui. Le temps est souvent représenté dans notre époque par une ligne droite par définition mathématique, infinie. Encore faudrait il bien concevoir ce que infini veut dire. Supposons qu’intuitivement, cette ligne dépasse l’horizon, puis le firmament puis les espaces inter galactiques, et après ? Mais ce temps pourrait aussi être interprété comme pour la lumière et sa composante magnétique comme un vecteur temps créant un champ-temps (mais sans chanson !) Ce champ-temps (Ct.) interagit avec son entourage, traverse et pénètre peut être toute chose, peut être est-il mobile, nous verrons plus loin. Son action sur le vivant pourrait aussi expliquer le vieillissement et l’usure aboutissant à la destruction de la vie mais n’expliquerait nullement les morts subites naturelles ou même les décès par attentats ou accidents. Les objets inanimés suivraient le même processus de destruction lente et contrôlée. En tenant compte bien sûr qu’un objet peut être fait de divers éléments qui pourraient se détruire avec le temps alors que l’objet lui même peut être détruit de façon individuelle sans lien. Par exemple une grenade peut bien se détruire en laissant ses composants pratiquement inchangés. Mais un vecteur temps a lui seul ne représente pas la vie et force est de compliquer le schéma en ajoutant, en écho avec la lumière, un autre élément d’une autre nature et pourquoi pas sous forme d’un champ aussi. Le champ temps est, lui, orienté et défile a une certaine vitesse toujours dans la même direction, le deuxième champ vient se greffer dessus et se laisse transporter et ne serait pas orienté mais présent partout. Quel est, dans notre environnement habituel le concept qui nous gouverne, sur lequel nous n’avons aucune prise, et dont nous n’avons pas la moindre idée de ce qu’il représente ? A mon sens, le hasard représente parfaitement le but de notre recherche. Nous n’avons aucun idée de comment il est régi et nous ne pouvons que subir ou déplorer son activité quotidienne sur toutes choses y compris notre vie. Admettons donc l’existence de ce hasard sous la forme d’un vecteur que nous appellerons champ-chance. (Cc.) Contrairement au « Ct », ce dernier ne parait pas orienté mais semble au contraire être présent partout, homogène, omniprésent, incisif et collant.
Considérons ainsi que nous baignons depuis toujours dans un environnement imprégné d’un mélange des deux champs définis en proportions variables. (Ct)n + (Cc)n .
- Si le champ-chance est prépondérant, l’individu porteur verra son potentiel-chance dans la vie varier dans un sens ou un autre mais de façon primordiale, en fonction bien sûr de l’intensité du vecteur champ-temps qui lui se retrouve raccourci.
- Si le champ-temps l’emporte sur le champ-chance, on peut penser que le déroulement de la vie du porteur se verra allongé ou raccourci bien sûr aussi en fonction du résidu de champ-chance dont il est porteur représenté par un vecteur réduit.
- Le champ-temps est mobile et en mouvement permanent, toujours dans un même sens dans l’espace. Sa vitesse n’est pas constante. En se déplaçant il entraine avec lui le vecteur champ-chance qui interfère sur lui et le ralentit progressivement tout au long de la durée de coopération duelle. Si le champ-chance est puissant et lourd, il entraine par un effet d’inertie le vecteur temps à se déplacer plus vite mais plus loin donnant une chance supplémentaire au porteur de vivre plus longtemps d’autant que par définition le champ-chance est grand.
- Cependant la destruction brutale d’un des deux vecteurs vitaux entraine la mort instantanée du porteur, mais le plus souvent c’est une dislocation progressive du vecteur temps qui va entrainer à la longue le décès dans une agonie qui pourrait se mesurer à la longueur du module du vecteur temps.
- Ainsi on commence à pouvoir concevoir la vie comme un amalgame et une interaction du hasard et du temps……..
Mettons à l’épreuve cette « pata-théorie ».
Comment évaluer ce concept dans la vie de tous les jours ?
°La mort subite survient lorsque le champ-temps s’annule subitement.
°La mort agonique au contraire lorsque la valeur du champ temps se réduit progressivement, ou bien lorsque le vecteur résultant géométrique de la somme des deux champs constitutifs se raccourcit. Nous voyons ainsi que ce vecteur peut être diminue par perte de la valeur du champs-chance. A la limite si le champ-chance est nul la mort survient (cas d’un accident de la circulation par exemple) Dans ce cas il faut intervenir en amont en protégeant le champ chance (d’où les activités de prévention, les lois, les décrets, le codes comme celui de la route…..)
°La maladie pourrait être vue comme une perturbation variable et aléatoire du facteur chance.
° Sur le plan génétique, hormis le facteur aléatoire de la recombinaison génique, la disparition progressive de la longueur du télomère chromosomique est directement impactée par le vecteur temps qui se raccourcit progressivement jusqu’à son extinction.
° Il est courant de constater dans notre entourage immédiat et même parmi les personnalités célèbres le lien étroit existant entre les diverses dates de décès des protagonistes. Les enfants meurent statistiquement à des âges proches de ceux des géniteurs. Les centenaires ont une descendance de centenaires. Sauf accident bien sûr, les deux champs semblent être transmis à la descendance de façon liée et solidaire. Il serait intéressant de savoir comment ces deux champs se lient et dans quelles circonstances. En tout cas le transfert de champs parents-enfants ne peut être effectif que lors de la transmission directe dans l’escalade chromosomique méiotique. Une autre transmission possible et jamais évoquée pourrait s’opérer lors des relations copulatives par voie génitale directe certes mais plus subtilement aussi par rapprochement des ondes psychiques trans-cérébrales. Le caractère impalpable des différents champs en cause, que la science moderne ne connait pas, faciliterait subrepticement ce passage interhumain de manière imperceptible. Cependant le développement des inséminations artificielles réussies vont contre cette dernière hypothèse. Il faut donc en déduire que la transmission suit les caractères génomiques contenus en partie dans les chromosomes. Mais ces deux champs sont-ils vraiment »linkés » lors de la transmission ou bien se « déplacent-ils » ensemble, avec une possibilité de séparation ? Cette possibilité pourrait expliquer les exceptions assez souvent rencontrées dans les âges de décès. Mais alors, ceci voudrait dire que le vecteur-temps et le vecteur-chance sont dissociables et peuvent vivre éloigné l’un de l’autre.
Cette dernière hypothèse, non forcément farfelue, pourrait nous emporter dans un domaine fantastique dépassant les frontières des galaxies où les vecteurs immatériels pourraient se transporter sans difficultés, se rencontrer et générer une vie nouvelle à des millions d’années-lumière de notre terre décrépie. Le délire total suggérerait même la possibilité banale de la reconstruction ad libitum d’êtres déjà passés sur terre tant que le vecteur temps a perduré dans cette période. Nous atteignons ainsi la limite pata-génétique de l’immortalité.
L’immortalité existe donc mais comme elle est impalpable nous la chercherons éternellement.
Conduite à tenir :
Vivre en chantant au gré du sens-chance !
En suivant le champs-temps avec son champs-chance.
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Mamá querida.
30/09/2020Hola mamá… no, no mires atrás, estoy aquí. Te conozco bien, todavía no me conoces. Tú me contengas, yo me anido en ti. Soy el capullo de la flor que cultivas día tras día. Llevo ocho meses esperando este momento para hablar contigo. Escúchame, pon tu oreja en tu estómago. Allí, siento un temblor. Tengo oídos, pero no puedo oír. Tengo boca pero se queda callada, tengo los ojos entreabiertos que no ven más que llorar lágrimas disueltas cuando estás triste. Solo percibo las vibraciones amortiguadas de tu voz suave, las sutiles ondas de tus caricias al atardecer, pero también los inexplicables truenos y, a veces, espantosas ondas de choque. Me imagino la magnitud de tus contracciones musculares el dolor que nos ataca. Quién en tu mundo abierto puede atacarte tan mal? Estoy triste. Te prometo mamá querida que ya amo sin límites, que te defenderé con todo mi ser cuando llegue el día. Crezco rápido, lo sabes. Me llenas de jugo tónico. ¿Oyes mi corazón veloz, allí bajo tu amable oído? Él es tuyo y siempre te cuidará. Después del duro viaje por delante, nadie podrá volver a hacerte daño. Lloraré sin cesar si siento tu tristeza, me cubriré de horribles espinillas para protegerte distrayendo tu atención, moriré por ti querida mamá, no volveré a comer hasta el regreso de un amor sereno.
Cuando seas vieja y agotada, te llevaré en mis brazos. Te diré esto: si tus oídos ya no oyen te contaré paisajes de cuento de hadas, si tus ojos ya no ven, besaré tus manos arrugadas y tus mejillas vacías y recordarás las sutiles oleadas de caricias del pasado.
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Carissima mamma.
30/09/2020
Ciao mamma … no, non guardarti indietro, sono qui. Ti conosco bene, ancora non mi conosci. Tu mi contenga, io mi annido in te. Sono il bocciolo che coltivi giorno dopo giorno. Sono otto mesi che aspetto questo momento per parlarti. Ascoltami, metti l’orecchio sullo stomaco. Là, sento un tremore. Ho orecchie, ma non riesco a sentire. Ho una bocca ma rimane muta, ho gli occhi socchiusi che non vedono altro che piangere lacrime sciolte quando sei triste. Percepisco solo le vibrazioni soffocate della tua voce morbida, le onde sottili delle tue carezze la sera, ma anche i tuoni inspiegabili e le onde d’urto a volte spaventose. Immagino l’entità delle tue contrazioni muscolari il dolore che ci attacca. Chi nel tuo mondo aperto può attaccarti così duramente ? Sono triste. Ti prometto cara mamma che già amo senza limiti, che ti difenderò con tutto me stesso quando verrà il giorno. Sono cresciuto velocemente, sai. Mi riempi così tanto di succo tonico. Senti il mio cuore veloce, lì sotto il tuo orecchio gentile. È tuo e veglierà sempre su di te. Dopo il duro viaggio che ti aspetta, nessuno potrà più farti del male. Piangerò incessantemente se sentirò la tua tristezza, mi coprirò di orribili brufoli per proteggerti distraendo la tua attenzione, morirò per te cara mamma, non mangerò più fino al ritorno di un amore sereno.
Quando sarai vecchia e sfinita, ti porterò tra le mie braccia. Ti dirò questo: se le tue orecchie non possono più sentire, ti racconterò paesaggi da favola, se i tuoi occhi non vedono più, bacerò le tue mani rugose e le tue guance vuote e ricorderai le onde sottili delle carezze del passato.
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LA BIO TAUPE 2017
La lune est pleine. Elle emplit de son éclat de mercure l’éther calme qui baigne nos solitudes. Près de nous, des ombres laineuses se meuvent lentement, d’un mouvement brownien, dans la prairie d’altitude. Aucun murmure; Pas une once de bruit ne s’aventure si haut dans les pâturages sommitaux. Dans le lointain, des masses évanescentes et menaçantes nous côtoient et tentent de nous écraser de leur légère présence. Des parfums humides remontent de la terre réchauffée par la chaleur du jour finissant. Le petit Loïc trône près de son grand-père comme statufié, assis sur une auge de granit gris. Le regard fixé à contempler cet astre mystérieux qui l’hypnotise. De quelles images son cerveau est-il envahi à ce moment précis ? Depuis son arrivée tardive par le dernier train à vapeur venant de la grand’ ville et après deux heures de marche sur les pistes caillouteuses menant à la bergerie, il est solidifié sur son piédestal minéral.
« Dis donc, grand père, raconte-moi une autre histoire de lune, pas celle de la dernière fois. Pas celle qui a reçu une fusée au beau milieu de l’œil comme sur le dessin. »
Il avait soudain quitté son attitude bouddhique pour se laisser entrainer à la pensée des histoires magiques, cent fois renouvelées, distillées par son grand-père à chaque séjour montagnard. Il dégustait avec délectation ces récits fantastiques que le grand-père inventait in situ. Sa voix grave et monocorde faisait résonner les fibres poétiques encore enfantines de Loïc. Parfois, dans la nuit noire il s’endormait avant que les sirènes n’engloutissent les héros de l’Antiquité. Jamais il ne baillait d’ennui tant les contes étaient ajustés à sa sensibilité par un grand père attentif et sensible. Ulysse n’avait plus de secret pour lui et les dieux belliqueux de l’Olympe ne l’émouvaient pas davantage.
« D’abord, nous allons manger puis je te raconterai l’histoire vraie, notre histoire, celle de la LUNE ROUSSE. Cette nuit, vois-tu, cette ardente boule que tu regardais tout à l’heure va se transformer, se laisser grignoter par l’ombre de la terre et s’éteindre petit à petit puis se colorer de rouge comme un œil qui vient de pleurer. Je ne t’en dis pas plus, allons diner. »
Loïc n’avait pas remarqué, dans son état second, le fumet subtil qui taquinait ses narines. Il le connaissait pourtant. C’était son plat favori. Celui de ses Pyrénées chéries. Celui des contes et des rêves improbables sous des cieux sereins. C’est le mélange savant du chou et des légumes, des légumes et de la pointe d’échine du porc local longuement mijotés dans la grosse marmite ventrue sur les braises, là, entre les pierres. C’est la GARBURE de grand père, celle qui ne ressemble à nulle autre dans la contrée. Il courut vers le troupeau qui s’agitait encore pour trouver le meilleur confort pour la nuit et revint rapidement en arrière, les muscles et les tendons maintenant délassés. Il pénétra dans la toue à la basse porte d’entrée pour s’immerger dans cette atmosphère enfumée de l’unique espace chichement habitable. Dans un coin, la grosse boule culottée encore léchée par de maigres flammèches qui montaient vers un plafond ouvert sur le firmament, reposait contre un mur de pierres crues. La fumée hésitait à sortir par cette brèche céleste tout de même attirante. La partie récalcitrante parfumait, peut-être trop, l’espace cuisine-lit de ce lieu de silence. On se demandait en entrant dans ce logis misérable si la table centrale n’était pas arrivée, à l’improviste, lors de la dernière avalanche de l’hiver. C’était un bloc de granit à mille facettes dont le plateau supérieur paraissait quasiment lisse. Le lit de bois, de mousse recouvert, poussait à la paresse. Il paraissait propice au délassement et en possédait tous les atours.
Ils s’attablèrent autour du granit éternel et Ptolemy le papy servit à chacun une louche démesurée au contenu hétéroclite mais porteur d’une énergie colossale. Elle permettrait d’affronter le récit effrayant qu’il lui fallait composer. Jamais le grand père n’avait osé exposer ce qu’il savait, les atermoiements et les errances que la situation cataclysmique du monde passé avait engendré. Un monde pas bien lointain et pourtant si éloigné. Cette nuit de lune rousse dans un ciel de cristal se prêtait bien au récit qui lui trottait dans la tête. Loïc paraissait en âge de comprendre pourquoi le monde entier avait basculé dans l’horreur de l’anéantissement ce soir-là.
Ils s’assirent contre le mur de pierres sèches encore tiède malgré l’heure tardive, à même le sol, et s’attardèrent à contempler, sans mot dire, le firmament étoilé. Ptolemy interrompit le silence et d’une voix la plus grave possible il ouvrit son carnet intérieur à la page de la préface :
« Il y a bien longtemps, tu n’étais pas encore né bien sûr, par une nuit semblable à celle-ci, la terre a subi un choc terrible, une attaque brutale et inattendue par une force inconnue, provoquant en quelques jours seulement, la disparition de millions de personnes de par le monde. »
L’histoire commençait comme il l’aimait. Loïc eut un frisson. Etait-il lié à la peur ou au froid ? Peu importe, le dé était lancé. Ptolemy continua. Mais il n’en était qu’au préambule. Il se permit donc de présenter rapidement à Loïc l’image du monde d’alors.
« En ce début de millénaire, il y avait des habitants nombreux sur toute la terre, mais on pouvait distinguer, en considérant la situation grossièrement, deux groupes de population : le groupe des riches, dirons-nous, et le groupe des pauvres. Le premier vivait avec des moyens mirifiques qui n’existent plus aujourd’hui et plutôt dans l’hémisphère nord et les zones pétrolifères, et l’autre groupe, plutôt dans les zones équatoriales ou arides avec de moyens faibles et parfois rudimentaires comme aujourd’hui.
_ Mais grand père, qu’est ce qu’ils avaient les riches ?
_ Bien vois-tu, les progrès de la science avait permis d’inventer des machines extra ordinaires qui avaient permis aux hommes d’atteindre la Lune, oui, la lune que tu vois là, et bien, tes ancêtres y sont allés avec une fusée. Je t’ai déjà parlé. Ils ont inventé des systèmes pour transporter les images qu’on pouvait voir à l’autre bout du monde : Le vieil appareil plat et noir qui moisit dans ta cave, chez toi, recouvert de toiles d’araignées permettait de voir des images colorées et vivantes : La télévision. Elle apportait à chacun du divertissement, de la connaissance. Plus tard un système encore plus performant, qui s’appelait internet, et qui mettait en relation tous les hommes de la planète, a envahi celle-ci. J’ai vécu ce temps merveilleux. Ce soir d’éclipse de lune où tout a basculé, je m’étais levé à trois heures du matin pour voir disparaître l’éclat de la lune qui laissait place au disque rougeâtre. La même chose va se renouveler ce soir après 18 ans d’attente. Je suivais aussi les images en direct sur un écran qu’on appelait une tablette. Tout ceci a disparu. Il nous reste heureusement, le poste de TSF qui avait été inventé au début de l’autre siècle et qui fonctionne toujours. Les gens voyageaient dans des avions supersoniques très rapides sans commune mesure avec ceux qui ont perduré, les voitures roulaient par millions sur nos routes plaines, la santé avait fait des progrès inouïs, on changeait des cœurs et même des chirurgiens avaient prédit qu’ils seraient capables d’inter-changer des têtes. Les villes étaient belles dans le ‘’groupe des gens riches’’, propres, les infections rares grâce à des systèmes développés d’assainissement des eaux usées qui s’écoulaient dans des réseaux tentaculaires. Tout le monde mangeait à sa faim. La situation était diamétralement opposée dans le ‘’groupe des pauvres’’ souvent appelé monde en voie de développement laissé souvent à l’abandon. On avait côtoyé les banlieues des constellations lointaines avec des télescopes gigantesques. L’informatique était rentrée dans toutes les maisons, on pouvait discuter tout en se voyant avec un correspondant à l’autre bout du globe. La seule chose qui posait vraiment problème, et il était majeur, était la pollution qui devenait de plus en plus prégnante. Tout était tellement beau. Subrepticement s’était installé un empoisonnement progressif de l’environnement. L’air commençait à devenir irrespirable dans les grandes villes à cause des rejets dans l’atmosphère des poisons issus du fonctionnement de toutes ces machines. Les eaux, les aliments, les fruits et même les animaux se détérioraient. C’était le commencement d’un avenir peu raisonnable. »
Là, Ptolemy s’interrompit. Il n’était pas sûr que son petit-fils se rende compte du degré avancé d’évolution de la civilisation. Cependant cette décennie pré-cataclysmique se dégradait inexorablement camouflant à peine l’horreur ébauchée par une pollution sournoise. Elle préparait pour les terriens un avenir incertain. Il lui parla longuement des beautés de la nature, des voyages, des livres superbes que Loïc avait vus dans la grande bibliothèque, les myriades de jeux électroniques dont il possédait un exemplaire peut-être encore fonctionnel. Les questions de Loïc fusèrent ensuite et la nuit s’obscurcit tellement que ses paupières se fermèrent. Le grand père le transporta sur le lit des rêves et revint admirer la lune à moitié occultée. Son esprit au calme maintenant cherchait la suite de l’histoire. Il devait éviter d’inquiéter cet enfant fragile. Sa famille l’avait toujours éloigné des récits terrifiants parlant de ce chambardement passé. Il rejoignit son lit dans la pénombre soudaine, heureux d’avoir enfin initié son histoire, l’histoire commune à toute l’Humanité.
Il reprit son récit juste après le souper le lendemain alors que le ciel se chargeait progressivement de pesants nuages prêts à se soulager subitement. La température restait accrochée à des limites stratosphériques.
« Le lendemain matin de cette nuit d’éclipse, dès l’aube douce, tous les moyens de communication mondiaux débutèrent par une édition spéciale, interrompant toutes les émissions programmées: CBS NEW ouvrit avec « Ebridgement », en France le MONDE chamboula sa Une : « Attaque des Extras ? », La STAMPA écrivit : « epidemia globale ? », La PRAVDA : « непонимание », même la Chine calligraphia : « 麻木 ». Les ordinateurs croulèrent sous l’afflux des dépêches du monde. La première éditée, très tôt après la réapparition de l’éclat sélène, arrivait des Etas Unis et tout particulièrement d’Atlanta où on déplorait la mort abrupte du Directeur du CDC.
_ Qu’est-ce que c’est ça, le CDC ? demanda Loïc.
_Le ‘’Centers for Deseases Control’’ est le plus grand centre mondial de contrôle du développement des maladies infectieuses. Il est situé à Atlanta, en Géorgie d’Amérique. Le texte ne disait rien sur les conditions mais parlait de son écroulement subit devant son pupitre lors d’une conférence sur le développement enfin circonscrit de l’épidémie d’Ebola en Afrique. Suivirent très vite dans la matinée des dépêches très similaires dans leurs transcriptions en provenance de Paris, Berlin, Madrid, Rome, mais aussi Moscou, Pékin ou Melbourne. A Paris, ce fut le directeur de l’Institut Pasteur qui s’effondra au pied de son Université. Puis très vite cette épidémie soudaine poursuivit son ravage dans toutes les classes de la société sans oublier les politiques : écroulement du premier ministre de Grande Bretagne, le bras droit de la Chancelière en Allemagne ‘’chancela’’ devant son petit déjeuner. En France nous avons perdu le ministre de la Santé dans ces mêmes conditions. La liste était longue. Déjà le soir même on déplorait la disparition de plus de cinq cents personnalités de par le monde, sans la moindre idée de la cause. Pendant les jours de terreur qui suivirent, les décès inexpliqués par milliers touchaient toutes les couches de la société dans le Monde entier. Si rien n’est fait, toute l’humanité aura disparu dans les mois à venir : C’était le sentiment de chacun. Une telle panique se développa que les décès liés à ce qu’on commençait à appeler ‘’mal rouste’’, évoquant peut être la violence et la rapidité, et même certains se risquaient à : ‘’peste lunaire’’, s’additionnaient aux morts par suicides ou réactions incontrôlées. Les églises tellement désertées alors voyaient leurs bancs craquer à nouveau sous le poids de la peur, les gens se méfiaient de leurs voisins. Chacun ressortit de derrière les piles d’assiettes des buffets, les boites de masques médicaux qui trainaient là depuis la dernière menace mondiale de pandémie aviaire. Pandémie supposée, elle avait été annoncée avec beaucoup de conviction à l’époque par ce même CDC et qui s’était soldée par une « épidémiette » sans conséquence. Cela avait valu un conflit interne très sérieux entre le directeur et son second en désaccord avec lui. »
Loïc écoutait en se tortillant sur son derrière qui ressentait l’humidité apportée par les premières larmes du nuage, bouleversé comme lui par le récit du grand-père ! Il était anxieux. Heureusement que l’aïeul était là, il avait résisté à l’effroyable phénomène et ça lui suffisait. Tout de même, il aurait aimé connaitre la suite rapidement. De coutume, il aimait l’entendre divaguer. Il adorait ses longues digressions dans ses récits fantastiques, les descriptions imagées et surdimensionnées des monstres des enfers, les paysages enchanteurs où il excellait, les personnages vivants, terrifiants ou aimables qui venaient ensuite peupler ses songes. Là, non. Ça paraissait sérieux et grave.
Ptolemy ne pouvait plus faire marche arrière. Il avait décidé, il devait vider son sac. Il sentait quelque chose en lui qui le poussait à parler, peut être son grand âge en était la cause. Il reprit de plus belle :
« La planète entière fut stupéfiée, comme si elle était passée en roue libre pendant les jours qui suivirent. Rien ne se passait plus. La ‘’non vie’’ consistait à compter les morts sans rien comprendre. C’était un lavage de cerveau total du monde. Sur les téléviseurs fonctionnant en automatique s’affichait un lugubre tableau noir aux chiffres rouges qui représentaient le décompte des disparus. Parfois s’intercalaient quelques bribes de journal télévisé quotidien vidé de sa substantifique moelle tant les choses à dire n’avaient plus d’importance. Vers la fin de la première semaine, les choses commencèrent à bouger dans tous les domaines. Le tableau noir fut remplacé par des cartes mondiales indiquant les lieux et les densités de morts par des variations de l’intensité de leurs couleurs. Plus tard, il s’affina par des statistiques, certes maigrelettes mais qui permirent tout de même une constatation très importante au fur et à mesure que les couleurs se précisaient. Puis vinrent des informations sur les diverses recherches qui avaient été mises en œuvre pour essayer de comprendre. Cependant, les choses étaient compliquées du fait de la perte pratiquement instantanée d’un très grand nombre d’intellectuels et surtout de chercheurs. Cette caractéristique avait déjà été remarquée au début du désastre. Une autre information positive et malgré tout réjouissante fut la mise en commun mondiale de toutes les forces restantes, ce qui aboutissait comme par enchantement à la fin des conflits mondiaux. L’humanité entière en danger décida de se ‘’serrer les coudes’’. On en rêvait depuis longtemps mais pas dans ces conditions. Les immenses conglomérats internationaux d’ordinateurs furent dédiés rapidement et exclusivement à la recherche des origines du mal. Il fallait faire vite. La perte annoncée des hyper-spécialistes de tout domaine allait faire chuter inexorablement la qualité des découvertes et des progrès. Les appareils de haut niveau technique allaient s’étioler. Les IRM, scanner, mais aussi cyclotron, télescopes et autres moyens de communication sophistiqués, par manque de maintenance spécialisée. Le risque à éviter était le black out total. Et pourtant !
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Le petit POISSON PHILOSOPHE.
Il est le fruit d’un assemblage aléatoire de semences distribuées lors d’un ballet aquatique orchestré par ses deux parents au bord du lac. Il a de la chance. La petite perle glauque de laquelle il est issu s’est engluée dans une minuscule anfractuosité sous une pierre qui sera son berceau. Les autres œufs, moins chanceux, ont dérivé au gré des courants jusqu’à ce que des gueules grand’ ouvertes de prédateurs les engloutissent. D’autres sont restés en balance entre l’eau et le ciel, certainement desséchés plus tard lorsque le niveau de l’eau immanquablement baissera avec les beaux jours. Sa chance à lui est d’être resté coincé sous cette roche où aucun autre animal aquatique ne pouvait l’en déloger. A la bonne saison, lorsque la coquille s’est disloquée, l’alevin nouveau né, perdu dans l’immensité de son monde humide, oublié de tous les congénères doit faire immédiatement face à l’adversité des lieux. Sa survie ne tient qu’à un fil. Ses cellules déjà programmées depuis la nuit des temps interrogent le listing des acquis enroulés dans les chromosomes de ses cellules. Seules celles-ci savent débrouiller l’écheveau de ces formules magiques transmises par ses parents dans l’embrouillamini inextricable de son génome. Maintenant, sa machine cellulaire en branle reçoit l’ordre de développer avec rapidité le système des fibres nerveuses et musculaires car il faut se bouger, et vite, pour échapper au danger. Les petites cellules musculaires de son corps fabriquent daredare de l’actine et de la myosine qui s’assemblent en un ordre précis imposé par le grand chef d’orchestre qui lit la partition génomique. Les petits organites qui se trouvent dans les cellules fabriquent ces substances protéiques salvatrices. Il se rend compte très vite qu’en tirant sur ses muscles en formation, son corps se mobilise et hop, déjà, d’un coup de nageoire caudale le voilà loin de son antre ‘’fissuraire’’. Mais ses petites réserves d’énergie qu’il a accumulée tout au long de sa maturation ovulaire s’épuisent vite. Sur son génome, il est écrit qu’il doit garder la gueule ouverte (c’est ainsi, c’est inné). Il constate alors que des grains d’énergie viennent le réconforter et même il ressent le bienfait d’autant plus important que se mélange qu’il ingurgite est volumineux. Son corps grandit. Son environnement ne dépasse pas quelques centimètres. Ce poisson minuscule parait très malin. Il sent qu’en combinant l’activité de ses nageoires il va plus vite et plus loin. Son système nerveux se développe, son système musculaire le propulse selon ses désirs, le décryptage permanent des consignes engrammées dans ses chromosomes et transmises par ses parents lui indique de faire attention aux moindres variations de son environnement. Pour cela, ses cellules se sont spécialisées (comme toujours en répondant à la lettre ce qui est ordonné dans le papyrus nucléaire), et transformées en cellules réceptrices. Une de celles-ci ressent la moindre variation de pression occasionnée par une ondulation proche, l’autre décèle la température de son milieu ou bien le contact étranger. Le nombre incroyablement élevé de ses récepteurs périphériques renseigne exactement en temps réel son statut géographique mais aussi somesthésique. Il est effectivement essentiel de connaitre par exemple la position de sa queue ou ses nageoires dans son schéma corporel. La salinité, le ph c’est-à-dire l’acidité de l’eau, la concentration en oxygène, la présence d’une grosse turbidité, sont des éléments vitaux. Avec la lecture systématique de tous les gènes exprimables et la fabrication concomitante et liée des protéines de tout son corps, le poisson se transforme petit à petit. Sa première expérience sensorielle est brutale. Il vient de ressentir une subite vibration qui se déplace sur l’ensemble de ses écailles. Peut être a-t-il tremblé et veut-il réintégrer sa cachette sous roche. L’onde a été éphémère. Le calme revient. Comment peut-il imaginer dans son monde fermé que le moindre petit caillou jeté par le jeu d’un enfant sur la rive soit la cause de son émotion.
Il saura plus tard qu’une vie différente de la sienne et concomitante se déroule dans d’autres cieux.
Pour le moment il vit sa vie sans trop se soucier de l’avenir. Il lui suffit de laisser fonctionner ses muscles et garder sa gueule grande ouverte pour se nourrir. Les aventures de sa vie vont cependant, commencer. Il ne sait pas mais a pressenti que son corps, grâce aux données léguées par ses ascendants est bien protégé par les systèmes de sécurisation ou d’éveil issus de son patrimoine génétique.
Il n’a pas bien longtemps à attendre lorsqu’il est de nouveau mis en alerte par la sensation déjà connue d’un ébranlement total de son corps. L’onde de choc est brutale et multipliée. Cette fois l’émotion est grande. Sa vision pourtant maintenant parfaite ne lui permet pas de distinguer le moindre trouble environnant. Soudain, émergent du néant, une gigantesque gueule démesurée se jette sur lui pour le déglutir sans autre forme de procès. Une violente contraction involontaire de son appendice caudal le propulse contre la paroi rocheuse. L’aspirateur géant passe son chemin et ne se rend compte de rien. C’est l’évènement majeur à mettre en tête de palmarès dans sa petite vie actuelle. Il a soudainement pris conscience de la faiblesse mais encore plus de la puissance de survie léguée.
Plus le temps passe, plus notre poisson se différencie des ses congénères. Il semble faire preuve d’une intelligence inhabituelle. Son aventure récente réveille en lui un désir de connaissance. Il faut partir en exploration de son habitat. Il gonfle subitement sa vessie natatoire et se sent immédiatement aspiré vers le haut. Il atteint rapidement une barrière lumineuse infranchissable qu’il ne comprend pas. Il expulse alors l’air de son ballast qui se remplit d’eau et sombre dans l’abysse. Ces allées et venues sont un amusement. Sans l’aide d’un compère Archimède il comprend le principe. Mais que penser de cette frontière inébranlable. Malgré tous ses essais en aérodynamisme parfait, la limite ne bouge pas. C’est pourtant une barrière non traumatisante, souple et même vivifiante. Son système de propulsion ne doit pas être au point ? Il se promet de revenir pour résoudre l’énigme. Y a-t-il au dessus un monde parallèle ? Il est heureux de pouvoir se maintenir entre deux eaux pour le moment.
Mais sa douloureuse expérience passée l’a aussi persuadé de l’existence d’autres êtres dans son monde. Il veut en avoir le cœur net. Que va-t-il découvrir ? L’indifférence, le danger, l’amitié, la déception ?
Il navigue en ondulant suavement son corps à quelque distance de la surface lorsqu’il lui semble apercevoir dans un halo laiteux comme une ombre qui se déplace. En ‘’acutisant’’ sa vision, il distingue une ombre gracile de navette affublée de longues tiges très fines qui viennent dessiner une empreinte légère sur la surface barrière. A son approche précautionneuse, l’ombre s’évanouie. Autre énigme à revoir se dit il. Il poursuit son chemin en ondulant, insouciant parmi les herbes aquatiques. Il teste en passant la saveur des feuilles et aspire le suc des tiges bien trop dures pour les entamer. Son corps se laisse caresser par la cératophylle opulente ou le myriophylle à mile feuilles. Il approche maintenant de la rive et se laisse surprendre par deux grosses billes noires et fixes qui semblent épatées. Soudain une grosse masse verte portant ces billes se détend d’un coup et quitte le monde dans un remue ménage explosif provoquant des vagues gigantesques. Ses cartilages tressaillent. Il n’a pas pu suivre sa trajectoire, mais n’aurait elle pas franchi l’infranchissable ? A ce moment précis il est pris d’un doute angoissant. Il décide de réintégrer sa cachette de naissance, un lieu sûr.
Sur le chemin du retour, il est dépassé par un être stupéfiant : il possède des nageoires comme lui, mais son corps est si long qu’il n’en voit pas la fin. Il en a assez vu ! Il bifurque sur la droite, pardon, sur bâbord et va se nicher dans son anfractuosité protectrice.
Il ne peut fermer la membrane nictitante de son œil tant il est excité par l’extravagance de son périple diurne.
Son petit cerveau amphibien pense.
Que fais-je ici ?
Qu’est ce qu’il y a derrière cette barrière qui semble poreuse ?
Peut-il y avoir un autre monde si différent ?
Y-a-t-il un poisson à l’origine de Mon existence ?
Ma vie se résume-t-elle à bouger, manger, éviter les dangers ?
Qu’elle est la finalité de mon monde ?
Il s’endort enfin, sans réponse.
Le réveil se fait en douceur, la nuit a été réparatrice. Ses neurones se sont réorganisés dans la pénombre, sa conscience est excellente. Il baigne encore dans une demi-clarté qui était déjà présente à son endormissement mais qui s’intensifie vite. Un jour différent porteur de nouveauté s’allume. Il étire ses nageoires, ébranle sa queue, fait vibrer ses écailles et ouvre grande sa gueule pour un déjeuner déjà servi. Des myriades de paramécies et animalcules attendaient derrière la porte pour venir nourrir leur hôte. Ses branchies rougies par l’oxygène incorporé l’autorisent à un départ sécurisé vers l’aventure.
Il décide donc d’agrandir son domaine d’exploration mais, plus il nage et plus loin l’horizon se déplace, Il prend vite conscience, après plusieurs heures d’efforts, de l’immensité du monde et tressaille même en évoquant la possibilité nouvelle pour lui de l’infini. Est ce possible ? De nouvelles rencontres toujours différentes lui font oublier son souci immédiat. Il a côtoyé une pierre lisse têtue en déplacement, des énergumènes de son acabit de toutes formes et grosseurs, des ronds aux couleurs chatoyantes et ensoleillées, des immenses aux yeux féroces et aux dents acérées prêtes à vous ‘’écharpiller’’, des filiformes souples et ondulants. Il a bien regardé et il a vu passer, chose incroyable, à cheval sur sa frontière pour lui infranchissable, un animal immense, couvert ‘’d’écailles filamenteuses’’ et des nageoires rudimentaires ridicules et peu efficaces. Sa nage était nonchalante puis il a quitté le monde lentement sans le moindre souci. Il en est resté les yeux tout « estourbillés ».
Le temps passe et le corps s’allonge. Des prémices de sensations nouvelles encore évanescentes perturbent passagèrement son équilibre maintenant bien acquis. Il croit percevoir inconsciemment des volutes d’effluves qui trahissent une présence sans consistance. Cela le rend mal à l’aise. Quel est cet inconnu qui ne se montre pas et qui le perturbe ? Y a t il encore des êtres insoupçonnés qu’il n’ait côtoyés lors de ses multiples pérégrinations lagunaires ? Seraient ce des fantômes, des zombis, des phantasmes ? Il se met sur ses gardes. D’heures en heures la sensation s’amplifie, son corps se gonfle, les écailles se disjoignent, ses branchies sont hypérémiques. Il n’en peut plus, son corps va exploser…. C’est alors que, surgi de nulle part, nimbé de lumière, exsudé de substances « phéromonales » excitantes imbibant tout le milieu alentour, un corps à lui identique secrétant une attirance irrésistible. Peu rassuré, il refrène son ardeur subite, mais lâche très vite les amarres. Plus il se rapproche de cet être et plus son corps lui échappe. Presque arrivé à son contact il esquisse un tangage incontrôlé qui vient frôler, ventre à ventre le corps de son partenaire pris du même vertige rotatoire. Il se souviendra longtemps de cette première caresse ventrale. La réaction de son corps est indescriptible. Ce qui est sûr, c’est l’extase issue de leur ballet aquatique indéfiniment renouvelé. Cette danse effrénée dure des heures, Son corps ne lui répond plus, celui de sa partenaire prend des formes si tendues qu’à la fin elle explose d’un don orgastique et libère des myriades d’ovules matures qui se répandent dans l’eau trouble. Lui, à bout de tension laisse échapper de ses entrailles cette semence fécondante qui fonce à la recherche du dernier petit ovule perdu. La tension se calme peu à peu. Il faut maintenant surveiller au mieux cet essaimage de vie qui garantira une fois de plus la logique de la vie. Non, il n’était pas dans ce monde d’eau que pour bouger, manger, et éviter les dangers. Il se sent plus fort maintenant qu’il sait qu’il est là aussi pour éterniser la vie. Dieu qu’il en a appris des choses en cet instant, qu’il n’est pas maitre de son destin, que toute sa vie a été orientée à son insu pour cette fin.
L’acuité de sa surveillance parentale sous contrôle hormonal pré établi s’émousse de jour en jour. Il oublie maintenant sa progéniture dont un individu peut être est englué sous une pierre à l’intérieur d’une fissure quasi invisible. Il nage dans l’insouciance de ce jour qui semble ensoleillé s’il se réfère à l’intensité du rayon qui fuse de l’autre monde. Mais que se passe-t-il la haut. Je paierai cher pour en faire la connaissance se dit-il. Mais il n ‘a aucune idée de la façon de s’y prendre. Cette sensation d’être prisonnier l’envahit. Il y a belle lurette que cela le tourmente. Il tourne en rond dans ‘’le halo mystérieux’’. Une angoisse soudaine l’enveloppe brutalement. Et si l’autre monde était dangereux ? Et si tout à coup un événement inattendu issu de l’au-delà surgissait là, tout de suite, et m’emporte à jamais à travers ce hublot ouvert vers le ciel? Il se sent seul. Il ne connait pas le terme d’angoisse métaphysique mais ca y ressemble. Il se dit qu’en compagnie d’autres poissons comme lui, il aurait pu échanger des idées et se sentir plus calme. Cette constatation nouvelle, je la mets derrière l’ouïe se dit il. Je verrai plus tard. Empêtré qu’il est dans sa réflexion, il ne prend pas garde à un petit objet qui a traverse sa voute céleste et flotte maintenant entre deux eaux. « Demain je vais tenter d’approcher d’autres compatriotes marins et proposer un rapprochement amical dans un premier temps » Il parle ainsi, à lui-même, et il est satisfait. Même il se sent pousser des…. ailes. Il gobe machinalement l’insecte tombé du ciel. Il se sent soulevé d’un seul coup, traverse l’enveloppe de son ciel en une fraction de seconde et se pose brutalement sur un fond herbeux avec une grosse douleur des mâchoires.
Son vœu vient d’être exhaussé par un paisible pécheur de l’autre monde. Ce monde qu’il souhaitait si ardemment explorer. Nul besoin de propulseur sophistiqué mais l’atterrissage a été trop rude tout de même. Déjà il ressent une chape de plomb qui l’enserre petit à petit. Il a beau faire fonctionner à fond et écarter au maximum ses ouïes qui se raidissent, il ne perçoit aucunement le bienfait habituel de la manœuvre. Son corps même s’assèche, son cerveau perçoit des volutes funestes qui tournoient, il ouvre à craquer sa gueule sanguinolente enferrée pas une hallebarde « hardillonnée » inextirpable, ses forces le fuient lentement et inexorablement. Il sent sa dernière heure venir, revoit son milieu aquatique si doux et en vient à regretter son désir d’évasion inconsidéré. Il n’en peut plus. C’est alors qu’il est emporté dans les airs enveloppé d’une sensation chaude en même temps qu’une force suprême inconnue et inattendue tente de lui ôter de sa mâchoire dans une décharge de douleur atroce et indescriptible la barre de fer fichée dans sa chair. Rassemblant en un dernier sursaut la totalité de ses forces résiduelles, il réitère le coup de queue mémorable qui lui a sauvé la vie dans son jeune âge. Il se sent aussitôt libéré de la camisole chaude qui l’enserrait et plonger d’emblée, tête la première, dans le liquide salvateur, son milieu naturel nourricier et oxygénateur. La tête vide, le corps meurtri, il fonce sans réflexion vers son antre ancestrale protectrice et réconfortante, son doux sein de pierre. Il lui a bien fallu une nuitée entière pour recouvrer ses esprits. Son expérience de vie post mortem trotte dans sa cervelle. Que s’est il passé exactement ? Il ne lui reste qu’un vague souvenir de chaleur et de sécheresse. Cette sensation d’étouffement a-t-elle été véridique ou purement inventée dans un délire engendré par le saut de l’au-delà. Tout tourne dans sa tête. Son esprit très actif élabore de nombreuses théories très saugrenues et par lui invérifiables. Tout de même certaines prennent de plus en plus d’importance à son jugement : pour lui, ce ne peut être qu’un être supérieur doué d’une puissance inaccessible et qu’il convient donc de respecter. Gare a celui qui y contrevient. Un petit tour dans l’au-delà une fois est amplement suffisant. Il décide donc de ne plus tenter l’exploration du ciel, bien trop dangereuse. Il décide aussi de ne plus se laisser aller à la tentation facile, aux mannes tombées du ciel, sièges possibles de pièges divins. Mais ! Doit-il garder pour lui ces connaissances nouvelles issues du fruit de son expérience ? Ne conviendrait-il pas de les diffuser à des congénères incultes et influençables pour les protéger de la tentation ? Il décide donc sur le champ de partir en croisade pour porter la bonne parole et convaincre les incrédules. Cependant, il prend conscience qu’il lui sera difficile de convaincre sans apporter la moindre preuve à ses dires farfelus. Il réfléchit de longues heures avant de partir à l’aventure dans les profondeurs de son continent.
Bien sûr……mais voila la solution se dit-il.
Les preuves de mes tribulations attribuables aux forces de l’au-delà, je les porte sur moi :
-Voyez ma gueule tordue et défigurée avec une mâchoire dévorée par le fer de l’enfer que j’ai connu dans l’autre monde.
-Voyez cette épine d’acier qui est restée fichée dans ma chair et qui provient de la lance qui voulait me transpercer le corps et qui s’est détachée lors de ma réintégration en ce monde.
Voila les preuves formelles de l’existence d’une force supérieure à qui il faut obéir sous peine de poursuites insoupçonnées.
Voilà la parole que je vous porte pour vous libérer du risque d’une mort atroce.
Croyez-moi et venez à moi.
Les prédications ont été difficiles, les convictions dures à accrocher, mais tout de même petit à petit, de quelques éléments crédules à quelques dizaines d’autres convertis nous sommes arrivés de nos jours à de volumineux bancs de poissons que les forces de l’autre monde peuvent cueillir facilement pour des dégustations de fritures diablement goûteuses.
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Le matelas.
08/07/2020
Marthe et Marcel sont nés dans ce village, il y a 160 ans ….à eux deux. Il est typique de la Lomagne. Pourvu d’un château plus ou moins fort, il s’accroche sur un rocher escarpé, aujourd’hui soumis au feu d’un soleil torride de plein été. Nos deux anciens, paisiblement au repos derrière l’unique table en pierre du village, échangent rarement quelques mots peut être même en patois local. Peut-être n’ont-ils plus rien à se dire. Surgissant d’on ne sait où, une fourgonnette de couleur incertaine, les portes décorées de lourdes plaques de goudron dégoulinant et les ailes grignotées par une rouille tenace se gare sans vergogne au plus près de leurs pieds. D’un bond de tigre, deux silhouettes d’un âge moyen, aux larges épaules et aux fines moustaches sont déjà en pleine conversation avec notre vieux couple. La discussion va bon train. La parole autant rodée que les soupapes du camion passe rapidement d’une fine moustache à l’autre. Les éclats de rire, les palabres usées, des signes d’amitiés bien trop précoces, les murmures de connivence, les longues poignées de main augurent bien d’un marché conclu et d’une bonne affaire….. Mais pour qui ?
Ils reçoivent leur achat secret quelques mois plus tard. On leur installe la chose dans la chambre. Ils avaient hâte de pouvoir reposer leurs carcasses douloureuses sur ce magnifique matelas à mémoire de forme payé à prix d’or. Il est censé effacer rapidement ces vieilles plaintes qui tous les matins au démarrage bloquent leur lombes arthrosiques. L’hiver arrive si vite et son attaque est justement centrée sur cette colonne.
Il faut dire qu’après quelques semaines d’acclimatation, la forme liée à la mémoire de forme prend forme. Les douleurs matutinales, sans disparaitre, se dissolvent petit à petit dans l’ambiance douloureuse générale beaucoup plus supportable.
« Cadeau chèrement payé dit un jour Marcel, mais on le mérite bien, non ? » Hochement vertical de tête de Marthe qui n’en dit pas plus.
Des mois passent et le super matelas devient un objet culte, les nuits s’adoucissent, les réveils sont presque enchanteurs.
Avant Noel, le téléphone résonne dans la masure. L’homme à la fine moustache, désespéré, fait part aux octogénaires qu’un vice a été détecté dans certains matelas qui pourrait devenir délétère. Il faut absolument une vérification in situ. Un rendez-vous est donc pris.
A leur arrivée, les deux complices aux fines moustaches, équipés d’une longue mallette débarquent dans la chambre connue. Ils éventrent à coup de machette le douillet matelas à la recherche de quelque improbable ‘’Alien retardé ‘’. Que Nenni. RIEN
Il ne reste plus qu’à racheter un autre matelas qui était, par hasard, en attente dans le fourgon.
Comment expliquer cette minable aventure à ses enfants ? Comment garder la tête haute au crépuscule d’une vie exemplaire passée à les mettre en garde sur les dangers de la vie. smp
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LE STRADIVARIUS.
22/06/2020
On dit que voler n’est pas tuer.
Voici un fait qui en dit autrement.
Elle a quatre-vingt-dix printemps et parait avoir mis de côté les hivers et même les automnes.
Deux amours tendres émaillent une vie agitée : son fils et maintenant et toujours son violon qui repose là « dans son couffin ».
C’est un violon ancien, fier. Ses ouïes sont gonflées de sons. Il attend des doigts agiles crochetés sur son manche solide à la recherche de quelques arpèges légers, un frôlement doux ou peut-être même tumultueux d’un archet rageur qui attaque ses vibices tendus et vibrants.
J’aime le son de son corps le soir au fond de moi….
Est-ce un second enfant tant aimé ? Est-ce un chaton protecteur et adulé par les personnes qui avancent, au pas de deux, vers le grand âge ?
Elle se plaint, oui, de la difficulté à tirer de son instrument, les quadruple-croches qui sautillaient si allègrement sur les cordes raides. Ses doigts tortueux peinent même à moduler les « triples ». Elles font de la résistance et regardent d’un air envieux leurs collègues les points d’orgue. L’inclinaison douce de sa tête sur son violon provoque même des craquements cervicaux parasites.
Les sanglots longs du violon de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone.
Je suis médecin de campagne. J’aime cette petite femme vive, pas plus haute que quatre pommes mais avec un cœur énorme.
Toujours prête à se pencher sur son prochain, c’est avec cette belle jeune femme à la peau basanée, aux longs cheveux de jais et des lèvres de porphyre que l’attentat a commencé. Elle se présente, un matin, tout sourire rassurant pour demander un quelque chose pour ses enfants en bas âge. La grand-mère fond immédiatement et s’aventure illico vers la cuisine pour revenir très vite avec ce quelque chose en mains. Elle n’avait pas fait trois pas qu’une ombre furtive chargée de son instrument quitte sa chambre avec fracas suivi par la jeune femme qui avait déjà pivoté sur elle-même. Elle se met à crier « au voleur » et tente même de le poursuivre sur quelques mètres mais son cœur a mis tout de suite le holà.
Anéantie, ce n’est pas le ‘’cœur sec’’ de la gendarmerie très vite contactée qui aurait pu apporter ce peu d’empathie qui aurait pu la soulager.
Elle venait de perdre la petite flamme qui entretenait sa vie déjà pas mal consumée.
Ce n’était pas un stradivarius.
Ce jour-là, un homme, dans la pleine forme de sa jeunesse, affublé d’une complice écervelée, s’est rendu assassin par anticipation. La vie de cette grand-mère a décliné progressivement jusqu’à son extinction pour un violon tant aimé.
Et pourtant, ce n’était pas un stradivarius, non, mais c’était bien plus qu’un STRADIVARIUS.
smp
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LE PUITS
11/07/2020
Beaumont de Lomagne est en émoi et tremble pour ses jeunes depuis cette sombre affaire qui dure depuis trois semaines.
Voilà les protagonistes :
Avant tout : Theo Magret de la Faisandière (certes c’est un noble mais tout de même) commissaire frais émoulu détaché tout récemment à Beaumont de Lomagne où un bureau de la mairie lui a été octroyé. Il est sorti major de sa promo à la police, il est grand, sportif, ses yeux semblent voir dans la nuit comme les avions furtifs américains, et il entend tout avec ses oreilles décollées paraboliques, son odorat talonne celui des reniflards. Il doit résoudre l’énigme de la disparition brutale de Justibelle, 22 ans qui vit (ou vivait) dans un village voisin.
Le deuxième protagoniste est donc Justibelle B., jeune, jolie, instruite, adulée de tous. On ne lui connait pas de petit ami attitré ni de possible ennemi. Elle vit à la ferme avec ses parents avant de prendre un poste bac+4 à Toulouse à la rentrée. Elle a donc disparu corps et âme sans laisser le moindre indice. Toutes les recherches jusqu’ici sont restées vaines: Empreintes, ADN, curages des puits environnants, écumage des lacs et passage des bois à la brosse à chiendent. Rien
Le troisième et dernier protagoniste est Isendrin Y., agriculteur, 24 ans, à la bouille rassurante, rond et rubicond, agile, mais tête en l’air. Il vit seul et n’est connu par aucun des deux autres protagonistes. Il est même inconnu des Beaumontois puisqu’il vit à l’autre bout du département.
Theo Magret de Canard de la Faisandière (oui il tient au nom complet pour ne pas être confondu avec l’Inspecteur Maigret !) ne sait pas par où commencer son enquête ce matin-là. Mais il n’est pas interdit à tout grand commissaire d’avoir de la chance, aussi. Il voit entrer dans son bureau Isendrin Y, essoufflé comme un « covidien », blanc comme la face ventrale d’une limande et qui s’étale comme un œuf à la poêle sur le seul siège présent.
« Monsieur l’inspecteur je suppose ?
-Lui-même Theo Magret de…
-canard dit l’autre en pouffant de rire »
« Je viens car j’ai appris que l’enquête sur la jeune fille traine malgré les nombreuses investigations et en particulier l’exploration des puits alentours. Je me suis dit et j’en ai pas dormi de la nuit pendant cinq jours que, si meurtre il y a, pourquoi l’assassin ne serait-il pas venu jeter le corps dans mon puits ? Pourquoi pas ?
J’ai donc décidé d’utiliser ma pompe aspirante qui me sert au potager, pour vider le puits et en avoir le cœur net. Il m’a fallu beaucoup de temps. C’est mon père qui avait creusé de ses mains ce puits profond de plus de douze mètres.
J’ai failli y tomber moi-même dedans quand j’ai vu le corps d’une femme tout au fond. Une grosse pierre semblait aussi présente à ses côtés. J’ai arrêté la pompe, je me suis préparé tout tremblant et suis venu à grande vitesse. »
Théo Magret écoute, immobile, puis déploie subitement ses ombrelles auriculaires qui claquent comme les cymbales d’une cigale, laisse jaillir de ses yeux furtifs des jets de lueurs incandescentes, se lève d’un bond et rejoint ses collaborateurs.
Il revient après une bonne demi-heure et s’adresse à Isendrin :
« Vous êtes en état d’arrestation pour le meurtre de Justibelle B ».
SMP FIN
Questions : Qu’elle est le motif d’arrestation ?
Qu’est-il allé demander à ses collaborateurs ?
Si vous désirez connaitre la solution proposée, laissez un commentaire.
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Un entartage salvateur.
Ecrit le 25/04/2019
L’information tourne en boucle depuis une semaine. Il est impossible de l’esquiver sur quelque media que ce soit. Le corps de la nouvelle n’est pourtant pas très consistant. Le Président de la République a été menacé de mort dans un message anonyme reçu par le Directeur d’un grand journal national. Les grands experts scientifiques du pays ne sont pas arrivés à tirer le moindre indice de la myriade d’examens que le document a subi. Il faut dire que chaque lettre du message a été écrite avec une machine différente sur un papier d’une banalité à toute épreuve, il va s’en dire, sans la moindre trace d’empreinte. Tout le monde ne parle que de ça, et chacun y va de son interprétation ou de ses phantasmes. Les grands personnages de l’Etat sont dubitatifs et désemparés. Pas un seul expert n’est capable de concevoir le moindre scenario et encore moins une conduite à tenir plus ou moins logique. La police nationale est sur les dents et voit des suspects partout. Les arrestations préventives pullulent, les vérifications d’identités inutiles puisque sans substrat réel font flores. L’opposition s’indigne et s’offusque, en public tout au moins. Les journalistes sont tous à la recherche de faits solides pour étayer des hypothèses plausibles mais toujours sans consistance, aboutissant à des extravagances nocives.
Si ce papier est authentique, ce que personne n’ose affirmer, la première question qui se pose est de savoir si la menace vient d’un gouvernement, une organisation hostile à la France, d’un individu isolé, ou s’il s’agit tout bêtement d’un canular.
La situation est manifestement grave et sérieuse. La sécurité du Président a été surdimensionnée. Qu’il vienne de l’alimentation, de l’environnement immédiat ou plus lointain, de l’air ou de la terre, le danger est traqué à chaque seconde par les services de sécurité renforcée. Bien sûr il nécessite la participation de tout un chacun. La tension monte dans le pays. Les adeptes de la version canular invectivent les adeptes de la version dure qui demandent toujours plus dans la recherche d’une solution radicale. En cinq jours seulement, l’incertitude et la défiance sont à l’ origine d’un effondrement sans précédent de la Bourse de Paris qui bouscule à son tour les Bourses étrangères. Les mesures de sécurité sans limite entrainent une baisse de l’activité économique. Les trajets aériens sont les premiers touchés du fait des interminables contrôles de police qui dissuadent des touristes de moins en moins rassurés. Ils ne sont pourtant pas présidents de la république, mais la psychose s’installe peu à peu.
Devant la menace du chaos, le Président décide de prendre la parole: il se produira devant les caméras de télévision dans les tous prochains jours. De nombreux messages en provenance de l’Elysée ainsi que des centaines de tweets présidentiels appellent au calme et la sérénité: notre Premier de l’état ne craint aucune de ces balivernes.
Le discours du Président, simple et sobre, n’est d’aucun effet sur la rumeur de plus en plus tumultueuse qui circule dans le pays.
La plupart des Français sont persuadés que la menace vient d’un pays ennemi d’où le sentiment de gravité de la situation. Organiser un tel attentat est pratiquement inenvisageable de la part d’un particulier même bien équipé, eût-il quelques complices. Par contre, les moyens matériels et financiers d’un Etat sont à la hauteur du défi. Beaucoup rappellent l’empoisonnement récent d’une journaliste Russe qui périt d’une dose de produit radio actif que seul un pays pouvait se procurer.
Pendant les dix jours suivants, un calme relatif s’installe cependant sur le pays. On se demande même si la rumeur n’a pas été inventée de toute pièce pour détourner l’attention du peuple et laisser le champ libre aux législateurs ’’peu scrupuleux’’.
La bombe est réactivée subitement par un tweet Elyséen annonçant le décès brutal du Président dans des conditions inattendues. L’information s’étale instantanément à la une des journaux avec une telle célérité que sa vérification n’en est probablement pas obtenue ni même recherchée.
Les journalistes du monde entier ont intégré cette hypothèse dans leurs cerveaux depuis des semaines et acceptent donc la nouvelle sans la remettre en doute. Le choc a été de courte durée, mais sévère. Pas un quart d’heure ne s’est encore écoulé qu’un nouveau texto toujours en provenance de l’Elysée est aussitôt publié faisant état d’un piratage au plus haut sommet de Etat. Il dénonce la fausse information: le Président est bel et bien vivant et rien d’anormal n’est à signaler dans le Palais Présidentiel.
Cet événement improbable relance le débat sur la provenance du premier tweet et désigne définitivement sa provenance d’un pays ennemi. L’heure est grave. Le Président est effectivement en danger. Mais que faire de plus, le mettre dans une tour d’ivoire, même aux vitres renfoncées, serait un pléonasme!
Désormais, les responsables de la sécurité prennent conscience que le calme apparent de ces derniers jours a certainement été mis à profit par les ‘’complotistes’’ pour mettre leur plan à exécution. Oui, mais où, comment, avec qui et pourquoi? Faut-il annuler tous les déplacements du Président, ses discours, les inaugurations, et autres apparitions publiques. La décision vient de la présidence elle-même puisque rien ne sera changé au planning publié. Mr le Président reste stoïque et droit dans ses bottes.
Les différents événements qui suivent cette matinée mémorable se déroulent sans problème. Le service d’ordre et de sécurité est à peine plus fourni que de coutume. Notamment quand il faut passer au peigne fin chaque endroit où le président met les pieds.
Dix jours se sont écoulés paisiblement mais la tension semble, sans raison apparente exacerbée. Dix jours c’est le laps de temps qui s’est écoulé entre le premier et le deuxième tweet, alors….
Le onzième jour, le président se rend à TOULOUSE pour inaugurer une exposition de grande importance dans un palace local, suivi d’un repas fastueux. Il est bien entendu accompagné de ses ‘’gorilles’’, sommités et aréopage habituel et d’autres convives triés sur le volet. Parmi ces éminents personnages se trouve notre ami Le Dr Voattou, un proche du Président qui connait ses nombreux exploits passés (voir la ‘’dernière expérience’’ et ‘’la bio taupe’’).et son flair de fin limier.
Une fois la présentation faite et le discours finis, accueillis par des applaudissements fournis, un repas est servi dans la grande salle d’honneurs.
L’organisateur de cette manifestation a fait appel au plus renommé des restaurateurs de la région d’Occitanie, quant à la décoration de la salle elle est colorée mais dans un esprit plutôt sobre.
Le repas débute dans l’emphase mais au fur et à mesure de son déroulement l’ambiance se détend. Un brouhaha se renforce mollement. On pourrait parler d’une convivialité bon enfant. A voir l’enthousiasme des convives, le repas est bon. On l’avait promis léger mais raffiné. On approche du moment tant espéré du dessert. Par une incartade au protocole et peut être à la demande explicite du Président, les serveurs arrivent en groupe porteurs des desserts qu’ils disposent devant le Président. Il y a des plats multicolores, tartes et meringues, même la croustade typique du sud ouest et des gâteaux individuels pour assouvir les goûts de chacun.
La porte d’entrée du service s’ouvre pour laisser passer le chef cuisinier, heureux de venir se présenter à tous lorsqu’un bruit inhabituel se fait entendre un peu étouffé par le bruit ambiant. A la vitesse de l’éclair, une sorte de flammèche brillante gicle au dessus de la toque blanche du Chef. La réaction de la communauté n’est pas immédiate et même le service de sécurité pourtant sur ses gardes perd quelques secondes pour réagir. Ce qui semble être une flamme rugissante fait le tour de la pièce en passant à quelques mètres du président. Arrivée à sa hauteur on aurait pu ressentir une minime décélération de l’objet volant mais très vite, il repart pour un tour. Dans le même minime laps de temps, un garde de la sécurité avait dégainé son arme et tirait en direction du plafond sans aucune chance de le toucher tant sa vitesse est démesurée. Il aurait eu beaucoup plus de change de tuer une mouche posée sur une poutre. Le Dr Voattou comprend en une fraction de seconde le manège possible de cet engin.
Avant même que celui-ci ne revienne de son parcours, il empoigne fermement une tarte à la crème posée sur la table et entarte bien en son centre le visage du président qui n’avait encore pas eu le temps de réagir aux sollicitations multiples des gardes de la sécurité. Cette réaction plus que bizarre du Dr Voattou dans ces circonstances particulières ne fait rire personne. Le drone mortel évite de ce fait le Président et va se désintégrer exactement au milieu de son image officielle collée sur le mur derrière lui en créant un grand trou déchiqueté par les pales acérées de ses hélices.
Après un moment d’hébétude générale passé, chacun sort de son cauchemar insensé et tente de comprendre pourquoi quelqu’un s’est amusé à coller cette tarte au Président de la République alors qu’il était manifestement en danger de mort. La réprobation générale monte en puissance et les gendarmes s’apprêtent à jouer des menottes pour mettre le Dr Voattou en état d’arrestation immédiate.
Le médecin qui se sent en position délicate, et voulant devancer ses ennuis futurs, frappe plusieurs fois sur la table comme pour demander le silence et s’adresse au Président.
‘’Monsieur, je tiens à vous présenter toutes mes excuses pour ce geste inapproprié qui parait dérisoire devant la gravité de la situation. Je vous dois une explication qui sera je l’espère corroborée par les expertises. Soyons francs : ce mini drone grâce à ses hélices aiguisées comme des rasoirs était destiné à transformer votre tête en purée dans un état proche de celui dans lequel se trouve le mur. En pénétrant dans la pièce, son but était de reconnaitre votre image préalablement enregistrée dans son disque dur interne. Grâce à une application somme toute banale de reconnaissance faciale comme vous pouvez l’avoir dans votre téléphone portable, il vous a repéré à ce moment précis ou il a décéléré en passant devant vous. Il a décidé de refaire un tour pour valider son identification et prendre de la vitesse. Mais en arrivant sur vous le visage entarté n’a pas permis d’authentifier de nouveau son choix pendant que son programme interne a reconnu votre visage sur la photo officielle collée derrière vous et a changé de cap illico. Vous connaissez la suite.
Stupéfaite devant cette explication inédite, l’assistance marque un temps d’arrêt, le temps d’assimiler la nouvelle et de mesurer l’ampleur du drame qui vient d’être évité grâce à une simple tarte. Puis dans une joie non feinte, elle se lance dans une longue séance d’applaudissements nourris. Le président, les sourcils encore dégoulinants de crème, prend la main du Docteur et la serre avec reconnaissance et admiration.
FIN
18 /05/2019



