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  • La poule grise et le loup noir

    Une poule grise se promène en picotant, dehors dedans.

    Un loup noir, méchant, aiguise ses deux longues dents, dehors dedans.

    Il a une énorme faim, une faim de loup et son estomac est vide, dedans.

    Il aimerait bien manger cette grosse poule grise qu’il voit, là, dehors.

    La poule se dit : ce loup serait-il méchant ? Chez moi …je rentre vite dedans

    Le loup n’a plus rien à se mettre sous la dent.

    Il s’approche de la porte doucement, y a-t-il quelqu’un dedans ?

    « Il fait très mauvais derrière la porte, dehors.

    Je suis un gentil petit loup qui aimerait bien venir, dedans

    Je ne suis pas du tout méchant avec mes énoooormes deux dents. »

    La poule en l’entendant se dit : il est bien… dehors

    Mais elle a un cœur d’or en dedans

    Elle ne peut pas le laisser au froid du dehors.

    Elle ouvre la porte lentement et passe son plumeau dehors

    Le loup affamé bondit sur lui et croque le manche se cassant ses deux dents.

    La poule crie alors:

    Jamais l’estomac d’un loup n’aura une poule dedans

    Tant que les poules n’auront pas de dents.

  • L’escargot  Gogo

    Une comptine tinetine

    Enfantine tinetine

    Serge Michel PIOVEZAN / Pâques 2022

    Je suis un escargot  

    gogo

    Je ne suis pas du tout «chaud»

       chocho

    Mais bien dans ma peau 

     popo

    C’est sur mon dos 

     dodo

    Que je porte mon château 

     toto

    Dedans il y fait très bon

       bonbon

    C’est mon tonton

       tonton

    Qui a fait le plafond

       fonfon

    En forme de colimaçon

       sonson


    Comme un tire-bouchon

       chonchon

    Avec mes amis, nous glissons

      sonson

    Sur nos humides talons

      lonlon

    Sans faire de marathon

       non! non!

    Si on a faim, nous mangeons

      jonjon

    Des tendres poivrons

       vronvron

    Et bien jusqu’au fond

       fonfon

    J’écoute la radio

       ho!hooooooo

    J’ai des antennes sur le dos

       dodo

    Deux belles antennes

      tènetène

    Je bois aussi de la bonne eau

       hoho

     Là-bas à la claire fontaine

       tèntène

    J’ai toujours bonne mine

      minemine

    Touche mon antenne

       tènetène

    Si elle se ratatine

       tinetine

    ……….

    T’AIME  

       T’AIME.       

  • Un homme, loin de toute IA.

         Il n’était ni bélître ni parangon dans sa vie de tous les jours, sa péniaphobie l’obligeait  à travailler toujours plus. Éternel égrotant, ses efforts bigorexiques ne le rendaient pas heureux pour autant. Parfois un peu égrillard, il pratiquait avec excellence les flagorneries nombreuses, soutenues par des blandices recherchées qui arrivaient à séduire ses affidés certes, mais surtout les anachorètes lors de rares rencontres stochastiques. Ses multiples voyages soutenus par une hodophilie quasi génétique et ses promenades au sein de pétrichors enivrants  lui faisaient tenir parfois des coquecigrues inhabituelles. Ses amis rompus à ses discours immarcescibles et compendieux ne supportaient pas que ses perles toujours coruscantes soient transmutées en vulgaires palabres sibyllines de premier benêt venu. Il parvenait très vite à reprendre ses esprits lorsqu’il pénétrait dans le reposant psithurisme de sa forêt.

  • FAIS PAS CI, FAIS PAS ÇA…

           Je ne comprends pas pourquoi dans la vie de tous les jours on complique la sécurité  avec des clefs, des codes alambiqués et des obligations réglementaires allant parfois jusqu’aux portes de l’absurde afin de palier les accidents de tous ordres, alors que dans le domaine médical, on fait l’inverse sciemment: Fermeture des urgences par manque de personnel et d’anticipation, défaut persistant de médicaments parfois essentiels dans les pharmacies par restrictions budgétaires, déficit grave de médecins par décisions erronées, tentatives de déstabiliser les professionnels médicaux pour mieux les soumettre aux directives  insoutenables, allecher les infirmières (non formées) pour remplacer les médecins non gratta pour des raisons dogmatiques, laisser dangereusement errer les malades mentaux sans suivi précis, abandonner la médecine scolaire laissant les enfants dans des situations de pénuries intolérables, sans parler de la bombe à fragmentation insinuée  dans la vie des enfants aux confins de la psychiatrie infantile devenue invisible par manque d’intérêt et de soutien.

    La société humaine française déliquescente va devoir payer très cher cette incurie qui s’est développée sournoisement en son sein.

  • Un extra terrestre pour bientôt

      Un nouveau-né extraterrestre est attendu.

    Les nuages lourds de particules et l’atmosphère poisseuse environnante ne laissent aucune chance aux rayons de soleil de pénétrer dans le bureau récemment imprimé. Les ouvertures sont volontairement exiguës pour éviter les intoxications respiratoires et les conjonctivites de stress. Le soleil n’est uniquement visible que quelques minutes par jour lorsque le canon a électrons entaille une faille dans la purée extérieure. Les quelques humains encore présents dans la contrée peuvent ainsi jouir de cet instant magique mais artificiel. Et dire que nos ancêtres pouvaient se laisser griller allègrement tout le jour durant sous la brulure d’un soleil torride. Aucun humain ne peut sortir plus d’une demi-heure dans cet enfer sans risquer un encombrement bronchique de particules de toutes tailles. Souvent le téméraire irréductible doit passer au désagréable lavage alvéolaire à son retour. Ainsi, tous les travaux extérieurs sont exclusivement  réalisés par des humanoïdes. De surcroit, les hommes qui n’ont pas émigré vers les planètes voisines, sont atteints d’un mal obscur qui entraine une atrophie progressive des membres allant même, à l’ extrême, jusqu’à une dégénérescence musculo-squelettique. Les exosquelettes sont alors la solution de rechange incontournable. Il est à présager la disparition des membres dans un avenir, certes lointain, mais génétiquement prévisible.

    Aujourd’hui deux janvier 2100,

    Peter vient de recevoir une notification très importante directement dans son mental. C’est chose rare et donc importante. Il faut dire que depuis les années cinquante, la découverte des ondes mentales permettait de communiquer de cerveau à cerveau après une mise en condition adéquate des émetteurs et des récepteurs. De même il était possible à tout humain de connaitre la pensée et les intentions  de son prochain. Cette avancée inimaginable autrefois à modifié les relations humaines faisant disparaitre certains comportements déviants ou pervers.

    Le  Consortium des Cerveaux Humains (CCH) à heureusement interdit l’accès à ces données du mental aux humanoïdes travailleurs.

    « Reçu ce matin, 8h51 locale, le message des habitants de la planète MAS 5623 de l’étoile PROCYON ALTAÏR située à 15 A.L. dans la constellation de l’aigle acceptant le protocole de transfert des données humaines vers elle et vice versa en réponse au message 1507ET33 du 15 juillet 2065 ».

    Depuis de nombreuses années et surtout  depuis la mise en orbite du télescope HUBBLE, les humains tentaient de détecter une émission artificielle  venant de l’Univers qui pourrait laisser  penser à  l’existence d’une vie extraterrestre. C’est à la fin des années vingt que parmi le brouhaha des réceptions célestes, l’une d’elles paraissait étrange. Mais comment reconnaitre l’étrange parmi l’étrange ? Au fil des années les grandes oreilles des télescopes, toujours plus extravagantes, ont pointé vers un minuscule point situé dans les parages d’ALTAÏR  à 15 années lumières de chez nous. C’est de là que devait commencer l’aventure. Un probable message simpliste et lacunaire paraissait provenir d’un monde étrange mais qui a l’évidence consommait beaucoup d’énergie et surtout de l’oxygène. Les spécialistes considéraient cette  débauche d’énergie très exagérée par rapport à la frugalité du message transmis. Ces êtres étaient-ils en avance ou en retard par rapport à notre développement scientifique terrien ? Le contact avec cette civilisation n’a eu lieu qu’en 2065 du fait de l’éloignement. Déjà le premier message de 2040 mentionnait  de notre part une proposition  de transfert humain. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’un déplacement physique  mais de l’émission d’un dossier contenant des informations de nature génétique augmentée qui pouvait permettre de reconstituer un humain in situ sur ALTAÏR ? Ceci en fonction de leur degré de développement scientifique.

    Vingt-neuf janvier 2100 :

    branlement de combat au pied du super-hyper-calculateur-mégabytien du CCH qui a été monté au plus profond de la Fosse de Marianne pour de multiples raisons : sécurité,  pression, dispersion de chaleur alors que dans le reste de la terre les températures  toujours plus élevées ont pratiquement fait disparaitre les réserves d’eau, mers et océans compris sur la planète bleue.

      Depuis bientôt un mois,  l’ordinateur géant ne cesse d’enregistrer des données au kilomètre dont on ne connait l’origine…. Des hackers féroces, une puissance étrangère mal intentionnée ou bien tout simplement  une compilation en direct de ALTAÏR.  Personne ne comprend ce qui se passe, il faut attendre la fin du message, si message il y a. Les super intelligences artificielles sont toutes mises en œuvre pour décoder quelque chose, mais toutes restent muettes.

    Février 2100

    La marée de données ingurgitées de force dans la fosse des Mariannes s’est arrêtée subitement. Les  myriades d’intelligences en attente prennent le relai et mâchonnent des milliards  de megaoctets jusqu’à l’indigestion. Une chose est sure  c’est un colis reçu en provenance d’ALTAÏR. La fin du message donne  la marche à suivre  pour ouvrir ce colis.  Il y a même un petit  logiciel pour terrien  tout à la fin.

    Et on apprend là, avec consternation, que cet immense dossier contient toutes les données nécessaires à la reconstruction  d’un être altaïrien avec équivalent de génome complet et petit mode d’emploi.

    Tout est prêt pour recevoir le bébé.

      Quelle forme aura-t-il ? De quelles connaissances  est-il porteur ? Son CV est-il inclus dans son génome ? Est-il possible de le cloner ? Pourra-t-il communiquer avec ses semblables par ondes mentales instantanées ? Sera-t-il un danger potentiel pour l’être humain ?  N’est-il pas un cheval de Troie ? Peut-on l’accepter tel quel ? Quel est son mode de reproduction ? pourrait-il envahir la terre par autoreproduction ?

    Suite  au prochain  numéro en provenance de : ALTAÏR

  • Allez l’Ehpad , Épate nous

    L’Ehpad s’est éclaté vers l’extérieur jusqu’à ce jour, il faut maintenant le percer pour permettre à la vie de pénétrer à l’intérieur.

    Que diriez vous

    d’aller prendre un pot à l’Ehpad?

    de pouvoir aller y chercher un colis de AMAZONE?

    Ou une lettre de la poste?

    Ça vous dirait

    de faire un concours de pétanque ou de belote au sein de l’Ehpad?

    et pourquoi pas de prendre des cours de boxe

    ou même de pratiquer la poésie?

    Allez partagez

    Ceci est un désir personnel………. à adapter

    Allez l’Ehpad , épate nous

  • Le pavillon des cancéreux. /3

        A la fin des études médicales d’alors, le jeune médecin devait faire son « stage interné ». Non pas qu’il fût plus fou que les autres : il se retrouvait ainsi expédié dans un hôpital périphérique, satellite de son centre universitaire et donc, de son port d’attache. Mais du fait d’un bon classement général pendant mes études, j’avais eu l’opportunité de rester attaché aux hôpitaux universitaires pour effectuer mon stage de fin d’études avec le statut de « faisant fonction d’interne ». (Université de Toulouse)

        C’est dans le Centre anticancéreux de la Grave que je dus fourbir mes armes de médecin pendant un semestre entier. Un stage riche, exténuant, parfois abominable, comme lors de cette nuit de garde gravée dans ma mémoire à jamais. Le seul traitement que je pus alors administrer à cet enfant de 10 ans fût de la serrer dans mes bras toute la nuit, pour attendre sa mort au petit matin. Les infirmières qui acceptaient de s’investir dans ces services étaient des anges féminins tombés du ciel pour venir prendre soin d’autres petits angelots aux ailes brisées. Souvent, ils réintégraient trop vite leur paradis déjà perdu. Comment la Nature avait-elle choisi de peaufiner, pendant des millénaires durant, son plus élaboré élément sous la forme de l’Homme conscient de son existence, et de ne pas avoir prévu la protection de son enfant? On ne pouvait blâmer ces femmes adorables et dévouées qui jetaient l’éponge après quelques mois de calvaire passés à contrecarrer avec tous leurs muscles et un mental infaillible, dans ces lieux sordides et nécessaires, ce que la Nature avait de plus ignoble à nous présenter. Ce poids était trop lourd. C’est un continuum de louanges que je leurs adresse ; à Elles, ces inconnues et oubliées dans leurs « services de l’Espoir et de la Passion. »

        Après trois jours d’examens, d’interrogatoires, de discussions et de bavardages à bâtons rompus, j’avais fait plus ample connaissance avec cette nouvelle malade qui venait d’intégrer l’infernal circuit du CCR (Centre Claudius Regaud anticancéreux). C’était une femme dynamique, très vive d’esprit, d’une tonicité explosive avec laquelle un certain lien de complicité s’était noué. Je pensais avoir mis le doigt, au fil de nos conversations, sur le problème grave qui l’avait conduite dans ce service, et qu’elle l’avait intégré et complètement fait sien. En langage clair, qu’elle était précisément là pour le traitement de son cancer du sein.
        Aucun des patients de cet hôpital ne pouvait ignorer la raison de leur présence ici. Le centre – qui portait déjà le nom de Claudius Regaud – comprenait un grand pavillon de briques roses, parmi les nombreux autres qui composaient l’hôpital de la Grave, sur les bords de la Garonne. C’était l’époque aussi où nous commencions à parler plus ouvertement de la maladie avec les patients, et même si le diagnostic n’était pas si crûment annoncé que de nos jours, les périphrases significatives, les allusions à peine voilées, ne pouvaient laisser planer l’ombre d’un doute sur la maladie. Mais le malade entendait sans écouter, ou écoutait sans ‘’vouloir’’ comprendre.
        Je retrouvais cette patiente à mon retour de déjeuner, à l’internat, sur le parvis ‘’gravillonneux’’ du pavillon. Elle faisait les cents pas, la mine grave. Elle me happa au passage : « Docteur, je sais ce que j’ai ! Je suis surprise… mon père vient de me dire qu’en me cherchant partout dans l’hôpital, il m’avait trouvée tout de suite lorsqu’il avait demandé le pavillon des cancéreux ! »

    Merci de laisser des commentaires……… si le cœur vous en dit!

  • Le SAMU et le TIGRE /1

    Le Samu et le Tigre


            Les deux véhicules du SAMU avaient été positionnés dans la ville de Toulouse à des points stratégiques précis pour répondre, au plus vite, aux sollicitations de la population. Notre véhicule comprenait une équipe de deux étudiants et une ambulancière. Il protégeait ce jour-là le district de la Halle aux Grains de Toulouse, où nous avions un pied à terre. Dans la grande salle de spectacles attenante se produisait un cirque exhibant des bêtes fauves. L’appel de détresse émanait donc pratiquement de derrière la cloison où nous étions en attente. Un TIGRE venait de déclencher une crise cardiaque mitonnée de troubles respiratoires qui, à priori requéraient la mise en place d’une respiration artificielle. –Nous évitâmes de penser au bouche à bouche !– Cependant, la partie semblait incertaine. Certes nous étions programmés pour sauver des vies ! Mon équipier, blême et prostré, se regardait les pieds. Moi, je débutais une danse de Saint Guy. Notre salut, nous le devrons à la sagacité et la promptitude de notre pilote toujours prête à renouveler ses exploits. Elle nous intima l’ordre de regagner très vite l’Estafette et nous démarrâmes en trombe. La première giclée de carburant n’était pas encore consumée, que nous prîmes le Boulevard ….. à contre poil, ballottés d’un côté à l’autre en quittant la zone à vive allure. Quelle mouche avait piqué notre ambulancière ?  A l’approche du centre-ville, elle réduisit la vitesse pour s’insinuer dans les ruelles étroites et encombrées, à droite puis à gauche puis à droite encore, reprend une rue que nous avions déjà empruntée dans l’autre sens comme une boussole qui aurait rencontré un électroaimant pour déboucher enfin sur la grande rue BAYARD. Elle  se faufila dans la rue de la Colombette bien plus connue à l’époque pour le nombre impressionnant de tigresses dévêtues en parade derrière des vitres que de tigres dyspnéiques. Peut-être pour nous donner du courage, elle décèlera jusqu’au pas d’homme afin d’admirer les corps exhibés du zoo humain. Cependant l’image de la gueule béante du tigre suffocant ne s’était pas effacée. La rue de la Colombette est bien trop courte et nous devions affronter le destin, sans se presser tout de même. Nous arrivâmes essoufflés derrière le mur qui nous avait vu partir pour l’urgence. L’agonisant, hélas, avait rendu l’âme juste avant notre arrivée.

    C’est la première anecdote d’une longue série ( étudiante ou médicale) qui peut se poursuivre si vous aimez.

    Laisser un petit mot pour m’encourager  si c’est le cas. (Commentaires)

    D’autres suivront. Soyez là

    A la prochaine. Merci

     

  • Mais que s’est-il passé dans la Médecine

    au cours de cette génération Z.

    Il y a 20 ans, l’Europe en construction cogitait et travaillait à intégrer divers Pays de l’est en son sein. La médecine de ces pays n’était pas du tout à la hauteur de la Médecine des Pays Occidentaux fondateurs. En moyenne cinq ans d’études en Roumanie, avec des moyens limités, contre huit en France par exemple.

    Pour homogénéiser le système  »comme il se devait » afin de construire Une Médecine Européenne, le choix ou même le ‘’non-choix’’ avait abouti à la pire des solutions : abaisser le niveau d’études à 5 ans pour tous.

    Cela étant dicible par aucun des responsables politiques tous bords confondus, on avait laissé cette médecine occidentale se rabougrir et se saboter elle-même avec l’approbation tacite de ces derniers.

    Le médecin (et les autres acteurs médicaux : infirmières, kinés…) pouvaient vivre à l’époque honnêtement avec un prix de consultation pas bien loin de ce qu’il est resté jusqu’à aujourd’hui. Mais la situation se dégrada vite. Voyant que cette évolution deviendrait vite insupportable, ces responsables s’évertuèrent à manigancer un stratagème diabolique et immoral sous la norme du p4p ou du rosp pas plus vertueux. Ces « primes » sorties d’un chapeau recouvrant des têtes irresponsables, avaient l’avantage de faire taire les médecins et de ne pas influencer l’indice des prix dans le mauvais sens. Cette fausse stagnation de ce dernier aboutit plus tard au mouvement des gilets jaunes en situation fragile et beaucoup plus catastrophique. Pendant ce temps, la population subissait cette sape systématique et cette dégradation calculée de la Médecine. L’arrivée en masse d’une informatique inaboutie, devenue obligatoire, allait devoir imposer ses règles rigides, impersonnelles, inhumaines mais volontairement juteuses. Le prix de la consultation restant désespérément stable, les médecins ont débuté le matraquage consultatif pour préserver leurs revenus. Cependant, ce temps consacré à l’autre, n’est pas extensible et donc, acculés, sans possibilité de progression et burn-outés, ils demandèrent, à celle qui n’est pas leur employeur mais un intermédiaire, de mettre le prix de leur travail à un juste niveau, de cesser l’utilisation du scélérat ROSP inventé comme jougs pour contenir les ardeurs de ceux qui les portent. Tous les verrous cadenassés, le médecin, non agressif par nature et par formation n’avait plus qu’à poursuivre frénétiquement, la tête dans le guidon, son travail harassant et dévalorisé. Le  choix d’une séparation d’avec la Sécu, devenue son agresseur, à contre courant de son rôle normal de partenaire au service de la meilleure santé des français restait une échappatoire complexe.

    Les jeunes médecins , pris à la gorge, ne pouvant pas s’installer sereinement de nos jours et les plus âgés déconsidérés ne pourront que quitter le navire de la sécu en flamme pour survivre.

    Depuis la nuit des temps, l’humain a tenté de préserver sa santé d’abord et seulement, dans un second temps, de profiter des autres plaisirs de la vie. La volteface actuelle dessert notre destin. Mettons tout notre labeur à conserver cette bonne santé qui n’est pas une denrée innée distribuée à tout jamais à notre naissance.

    Ce n’est qu’en parfaite forme qu’on apprécie un match de football à la Mbappe, une rivière de diamant du Bostwana, une poule au pot à la paloise.

  • COVID, ça y est!
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    Ca y est, le covid est là

    Le grand jour est arrivé

    Deux ans et 4 mois d’attente

    Forme grippale  banale pour le moment

    8h       frais comme un gardon

    14 h   38°C

    19h   39°C avec picotement du palais osseux

    20h     la totale quoi !

    Frissons, mal partout, chevilles comme sorties d’une friteuse, les os aussi souples que ceux de Toutankhamon, la tête d’un ornithorynque, le nez d’un reniflard mais c’est banal.

                                                                         Voyons pour la suite…

    Quelques conseils  (vite fait):

    EAU

    Le corps est composé de 70 %  d’eau, maintenu quasi constant par l’alimentation et SURTOUT LES BOISSONS lorsque la température est stable à 37° et ceci grâce à un système de régulation hyper efficace.

                    Beaucoup de raisons pour mettre  en danger  ce système :

    Baisse des apports d’eau

     Ou dépenses majorées…

    Pour garder le corps en  sécurité.

     La FIEVRE  est un facteur très important ++++

    Se souvenir que  chaque fois que la température monte de UN DEGRE, nous avons besoin de 400 ml d’eau supplémentaire par jour de 24h …. Et 400cc représente 20 verres de 20cc

                            Déjà  lorsque la fièvre atteint 39° IL FAUDRAIT théoriquement DONC BOIRE 40 VERRES D’EAU de plus que la ration habituelle par jour

                                                        En gros un verre toutes les demi heures

    Ce n’est pas pour rien que je parle de verres : Pour ne pas déranger son absorption,

                                                 il vaut mieux boire peu mais très souvent.

    NEZ

    Si votre nez est pris et se met à couler, peu ou beaucoup,  le surplus que vous ne mouchez pas, descend le long de la paroi postérieure  du pharynx pour atteindre l’œsophage et ensuite traité  par le contenu de l’estomac.

    Il faut éviter, autant que faire se peut, que des bribes de cette sécrétion porteuse de virus et autre microbe ne passe au niveau de la trachée  et n’aille infecter plus le poumon.

    Peut-être, mais cela n’a pas été étudié précisément,  éviter de dormir sur le dos pourrait éviter quelques erreurs de cheminement du virus.

     Et au plus si  le sommeil se fait couché sur un côté, on pourrait éviter l’atteinte des deux poumons en même temps .

    A bientôt , après rétablissement

  • Шановна мама.

    Ukrainien

    Привіт, мамо… ні, не повертайся, я тут. Я тебе добре знаю, ти мене ще не знаєш. Ти тримаєш мене, я притуляюся до тебе. Я квіткова брунька, яку ти вирощуєш день у день. Вісім місяців я чекав цього моменту, щоб поговорити з вами. Послухай мене, притули вухо до живота. Тут я відчуваю тремтіння. У мене є вуха, але я не чую. У мене є рот, але він залишається німим, у мене напівзакриті очі, які не бачать нічого, окрім як плачуть розчинені сльози, коли тобі сумно. Я сприймаю лише приглушені вібрації твого тихого голосу, тонкі хвилі твоїх пестощів увечері, але й незрозумілі гуркіт грому, а іноді й страшні ударні хвилі. Я уявляю, якою силою твоїх м’язових скорочень є біль, що нападає на нас. Хто може у вашому відкритому світі так жорстко напасти на вас. Я – сумний. Я обіцяю тобі, люба мамо, яку я вже безмежно люблю, що я захищатиму тебе всім своїм єством, коли настане день. Знаєш, я швидко росту. Ти напихаєш мене такою кількістю зміцнюючих соків. Чуєш серце моє швидке, там під твоїм доброзичливим вухом. Він твій і завжди буде пильнувати за тобою. Після важкої подорожі, яка мене чекає, ніхто більше не зможе зашкодити тобі. Я буду плакати нескінченно, якщо відчуваю твій смуток, я вкриюся жахливими прищиками, щоб захистити тебе, відволікаючи увагу, я зайду так далеко, щоб померти за тебе рідна мамо, я буду їсти знову тільки тоді, коли повернеться безтурботне кохання.

    Коли ти будеш старa і втомленa, я буду носити тебе на руках. Я тобі скажу так: якщо твої вуха вже не чують, я розповім тобі про чарівні краєвиди, якщо твої очі більше не бачать, я поцілую твої зморшкуваті руки і твої порожні щоки, і ти згадаєш. тонкі хвилі минулих ласк.   

    Bonjour maman…non, ne te retourne pas, je suis là. Je te connais bien, tu ne me connais pas encore. Tu me contiens, je me blottis en toi. Je suis le bourgeon de fleur que tu cultives jour après jour. Huit mois que j’attends cet instant pour te parler. Écoute-moi, mets ton oreille sur ton ventre. Voilà, je sens un frémissement. J’ai des oreilles, mais je ne peux entendre. J’ai une bouche mais elle reste muette, j’ai des yeux mi-clos qui ne voient rien mais qui pleurent des larmes dissoutes quand tu es triste. Je perçois seulement les vibrations étouffées de ta voix douce, les ondes subtiles de tes caresses le soir, mais aussi les coups de tonnerre inexpliqués  et parfois des ondes de choc épouvantables. J’imagine à l’ampleur de tes contractions musculaires la douleur qui nous attaque. Qui peut de la sorte dans ton monde ouvert, t’agresser si durement. Je suis triste. Je te promets maman chérie que j’aime déjà sans limite, que je te défendrai de tout mon être le jour venu. Je grandis vite tu sais. Tu me gaves tellement de sucs fortifiants. Entends-tu mon cœur rapide, là sous ton oreille bienveillante. Il est à toi et il veillera toujours sur toi. Après le dur voyage qui m’attends, personne plus  ne pourra te blesser. Je pleurerai sans cesse si je ressens  ta  tristesse, je me couvrirai de boutons horribles pour te protéger en détournant l’attention, j’irai jusqu’à mourir pour toi maman chérie, je ne remangerai qu’au retour d’un amour serein.

    Quand tu seras vieille et usée, je te porterai dans mes bras. Je te raconterai ça : si tes oreilles n’entendent plus, je te conterai des paysages féeriques, si tes yeux ne voient plus, je baiserai tes mains ridées et tes joues vides et  tu te remémoreras les ondes subtiles des caresses du passé

    Traduction Google . Avec l’aimable correction de Yrina Champié

                                                                                                                           .                                                       

  • Pour qui se rend à Venise ( pozzi)

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    25/09/2022 :      Les puits

    Venise est construite dans une lagune d’eau salée.

    La vie est impossible sans eau potable.

    L’ingénieux Vénitien a mis au point dès l’origine de la Serenissime une astuce pour fournir de l’eau pure à ses concitoyens.

    Un puits étanche à l’eau salée de la lagune récolte l’eau de pluie avoisinante au centre d’une placette nommée campo ou campiello, dallée.

    Ne pas oublier qu’à Venise il n’y a qu’une seule PLACE qui porte ce nom (La Piazza San Marco).

     L’eau qui est récoltée aux quatre coins du campo dans une citerne est filtrée en traversant une grosse masse de sable. Elle aboutit et s’accumule au centre du campiello ou un puits (pozzo) souvent élégamment construit permet d’y accéder. 

    A l’origine on pouvait en compter plus de 7000.

     De nos jours, ils sont 700, inusités mais visibles, les autres sont recouverts.

     L’eau courante à Venise aujourd’hui est livrée par un aqueduc qui vient des montagnes voisines.

    Pourquoi ne pas choisir de sillonner la lagune à la recherche des temps perdus en déambulant de puits en puits, de pozzi en pozzi sans itinéraire balisé.

    Vous pouvez après avoir visité, comme tout bon touriste la plus célèbre Piazza du Monde et aller vous perdre au gré des sons de cloches, dans les petites ‘’calle’’ ou ‘’venelli’’ alentours. Prenez la direction de Fondamente nuove par exemple qui se trouve à cheval entre le sestiere de Cannaregio et celui de Castello vers le nord.

    Passer sous le premier porche venu,  attention baissez la tête, traversez son ombre fraiche, gare aux chats qui doivent encore encombrer les vieilles pierres, vérifiez que vous ne vous dirigez pas directement, dès la première marche passée, dans l’eau d’un canal verdâtre, débouchez à coup sûr sur une minuscule place dallée, remontez lentement le regard le long des murs humides pour capter une icône poussiéreuse ou une vierge défraichie, peut être un simple bout de ferraille témoin d’une porte antique.

    S’il n’y a plus de traces de puits en son milieu passer votre chemin, peut être enjamberez vous un pont vieillot sous lequel coule une barque ou exceptionnellement une gondole volontairement perdue, mais immanquablement un campiello surgira sur votre trajet.

    Venise régénère son authenticité la nuit.

    Il faut donc consommer quelques jours et surtout quelques nuits en dehors des luxueux hôtels stéréotypés retrouvés à l’identique dans le monde entiers.

      C’est dans les ruelles sombres et les campi vides qu’on ressentira l’âme de la ville.

    Je vais vous conter pour illustrer ça l’histoire de:

    la DAME VÊTUE DE BLANC

    (la dama vestita di bianco)

      Une chronique ancienne raconte que le puits de corte Lucatello commençait à s’assécher dangereusement en cette année de profonde sècheresse et mettait en danger la population locale. On voyait monter petit à petit le nombre de larcins. Le niveau de l’eau baissait chaque nuit davantage. Un soir de nuit noire, un batelier fut surpris près du puits, le seau à la main par la présence d’une dame de blanc vêtue. On racontait partout que dans la nuit noire et à certaines heures les ruelles de Venise étaient peuplées de sorcières malveillantes. Il fut pris d’une peur panique. La dame blanche le compris et lui dit « Ce n’est pas de moi que tu dois avoir peur mais des tâches de sang de ton corps qui vont souiller la terre si tu ne reviens pas à la maison avant l’aube. Épouvanté, Il lui cria  de déguerpir alors qu’elle insistait pour qu’il priât. Il s’approcha du puits quand un homme surgissant du noir lui assena un coup de couteau qui le mit à terre, gravement atteint. Il s’échappa en maugréant sans comprendre ce qui lui arrivait. La Dame Blanche se saisit du couteau sanguinolent et fit tomber trois gouttes de sang dans le puits qui se remplit instantanément d’une inépuisable quantité d’eau limpide. Elle imbiba son mouchoir de cette eau et nettoya la plaie du batelier qui guérit immédiatement. Elle ordonna aux deux hommes de rentrer chez eux avant l’aube en certifiant qu’il ne manquera plus jamais d’eau dans ce puits. Lorsqu’ils se retournèrent pour remercier la Dame, elle s’était déjà dissolue dans le néant.

    Aujourd’hui encore dans les noires nuits de nouvelle lune, elle fait des apparitions furtives dans la cour. On dit que son corps est emmuré là au milieu des pierres du puits, là où son noble amant a pu occulter son homicide perpétré à l’époque de la construction du puits.

    Je suis sûr que si vous vous promenez un soir noir dans ces ruelles étroites vous entendrez, très étouffées, des lointaines lamentations qui sourdent de ces puits nombreux, sources de multiples histoires aussi effrayantes qui ont façonné le caractère fort et religieux des vénitiens.

    Quelques photos personnelles.

    Rf: histoire tirée du livre:      leggende veneziane e storie di fantasmi   p130

  • POUR QUI va à VENISE

                                                          Août 2022 /PONTS

    Des ponts ?  C’est pléthore.

    Chacun connait  le Rialto,  Le Pont de Soupirs ….

    Des touristes ? C’est une agglutination ‘’foulistique’’.

    Du DORSODURO à CANNAREGIO, de CASTELLO à la GIUDECCA, c’est du « gym cana pédestre ».

              Et pourtant je vais vous proposer des lieux très typiques, pleins d’histoires anciennes, pittoresques ou morbides, que vous pourrez retrouver à chaque coin de rue. Mais il faudra chercher car les numérotations des maisons semblent aléatoires à notre cartésianisme intransigeant.

    Aujourd’hui,  je vous convie à poser vos pas  sur le « PONTE DEI PUGNI » (Le pont des coups de poings) dans le DORSODURO.

    Vous pouvez même poser vos pieds sur les empreintes gravées là, sur le sol, depuis des siècles. Vous pouvez aussi, si vous voyagez avec votre pire ennemi, lui proposer de poser ses pieds sur les marques en vis-à-vis et débuter, sans attendre les invectives, la bagarre. Des pugilats célèbres au 17eme siècle éclataient entre les divers clans vénitiens nombreux en ce temps-là. Les batailles féroces entre les  Nicolotti (écharpes et bérets rouges) contre les Castellini (écharpes et bérets noirs) sont restées ainsi gravées à jamais.

    Ces batailles ne se terminaient que par la perte d’un belligérant (bataille souvent à mort) avec de ce fait transfert de ses biens et de ses propriétés jusqu’au prochain combat. Le gouvernement vénitien laissait faire et même mettait de l’huile sur le feu pour en tirer profit.

            Cette guerre prit fin en septembre 1705 après un âpre combat aux couteaux et jets de pierres  alors que le Monastère voisin de Saint Barnaba brulait petit à petit.

    Depuis lors, les bagarres sanglantes sont déplacées en combats lagunaires non moins toniques et vigoureux.

    …………………………………………………….

    Ref :   Le superbe guide de ALBERTO TOSO FEI

    (En ITALIEN)

    Edition ELZEVIRO

    Leggende veneziane e storie di fantasmi

    Après  votre bagarre fictive, allez donc faire un tour au restaurant de poisson ‘’DO FARAI’’ qui se trouve à quelques encablures de là.

    (Sans publicité/avis personnel qui date un peu).

    Bon appétit et à bientôt pour reparler de la ‘’SERENISSIME’’

    Laissez un message si vous désirez que je donne d’autres tuyaux sur Venise / Abonnez vous sans aucune contrainte

  • Bien aiguillée, 19

    Elle n’avait pas vingt ans, dans les quarante peut-être, mais plus près de la cinquantaine sûrement. Il faut être évasif sur l’âge des femmes ! Elle était ronde oui, mais appétissante comme une belle pèche rose et rouge à la peau veloutée et soyeuse, pas une patate comme disent les enfants sans malignité, qui eut pu être proportionnée. Elle avait subitement pris la décision qu’elle ruminait depuis une vingtaine d’années et même l’étroitesse de son compte en banque ne la ferait renoncer. Elle venait de s’offrir un billet de train  pour une virée utile dans la Capitale. Un billet de train car à cette époque honnête, le transport en avion était tout naturellement d’un prix bien plus élevé, contrairement à celui faussement décapité des transports modernes. Paris semblait être un but en soi. Etait-elle en manque ? Les bains de foule si rares dans le Tarn et Garonne ? La promiscuité puante de sueurs mélangées des métros, pourtant utiles ? La hauteur infernale des tours qui vous insinuent des cervicalgies tenaces ? Les brochettes de vitrines alléchantes des grandes avenues centrales ? Les si rares musées de chez nous ou bien les riches expositions permanentes qui vous enivrent et vous font tourner la tête ?  Une autre raison se cachait elle ailleurs?

    Elle avait aussi téléphoné pour retenir une chambre pour elle toute seule, pas dans un palace c’est sûr, mais pas non plus dans ces hôtels bon marchés ou on y ‘’passe’’ plus que l’on y dort. Les repas ? On verra sur place avait-elle comploté avec elle-même.

    Le clou du futur spectacle parisien consistait en un rendez-vous, plutôt une consultation en un lieu pour elle insolite et comportant une myriade d’inconnues.

    Cette consultation a eu lieu le lendemain dans un riche bâtiment Haussmannien du centre parisien qui par un hasard heureux se trouvait à quelques encablures de son hôtel résidence du moment. A l’appel de son nom, elle fut quasiment conduite devant un homme plutôt froid, mais non désagréable, qui pour tout examen médical que son statut lui imposait, se contenta de la dévisager tout en enveloppant son embonpoint d’un mouvement circulaire de la tête et d’authentifier son nom et son prénom. Il la conduisit ensuite dans un boudoir attenant et pratiqua sur elle le traitement pour lequel elle s’était déplacée de la province. Après une vingtaine de minutes, on la vit sortir du boudoir accompagnée d’une assistante et regagner le bureau du grandissime professeur qui lui fit payer 1000 f comptant, comme il avait été convenu.

    Elle me rapporta cette histoire quelques mois après son retour, alors que l’effet du traitement commençait à porter ses premiers fruits. Nous n’avions pas bavardé bien longtemps que je ressentis un mauvais ressenti (la répétition est voulue). Son discours laissait transparaitre de « l’aigris ».

    Vous comprenez Docteur que j’ai placé là toute ’mon âme’’. J’ai dépensé beaucoup d’argent pour me rendre auprès de ce grand acupuncteur qui fait maigrir, à tout coup, toutes les femmes avec une méthode « exceptionnelle ». J’ai essayé toute ma vie durant les mirifiques méthodes manigancées par des journaux avides qui présentent honteusement des jeunes mannequins maladives et décharnées. Nous seules, les hommes même n’en demande pas autant, badons devant ces images extrêmes, conscientes de l’extrémisme, mais tellement assoiffées d’une infime part d’un succès que nous méritons je vous assure.

    J’ai compris après la séance qu’elle consistait à mettre une SEULE  aiguille d’acupuncture sur le sommet du crâne et de vous délester de l’imposante somme demandée. A ce prix, sans compter les à-côtés,  je vous certifie que je suis assidûment maintenant le régime que j’ai de multiples fois essayé dans le passé, sans succès.

  • Cycloïdes de lettres

    A vous de chercher.
    s’attendre à des difficultés à venir
    La prochaine sera plus dure.
  • Mon oncle Giuseppino

    Un peuplier dans une histoire tordue.

    Nous l’appelions tous Píno, un sobriquet diminutif qui contenait tout l’attachement affectueux que nous avions, dans la famille, à ce bonhomme ‘’bon vivant’’ et joyeux. Entendons-nous bien, bon vivant, à l’époque ne signifiait pas ‘’ingurgiteur’’ de 15 bières avec 1.5 litre de coca cola. Il buvait peut être trois quarts de litre d’un vin c’est vrai, mais son alcoométrie était bien loin de celle de son homonyme des Charentes. Il n’était pas bien instruit non plus. Mais il arborait une vivacité et une intelligence sans pareille. Il aimait la chasse et chose plus rare, une littérature bien personnelle. Il descendait dans la grand’ ville (plutôt gros village !) le vendredi, jour de marché, pour se procurer le summum de ses lectures hebdomadaires : ‘BLEK LE ROC’. Il aurait pu oublier d’acheter, sans peine, le minimum vital des commissions de la semaine, mais pas le ‘’grand Blek’’. C’était une édition de fascicules légers en noir et blanc de petit format. Il lui fallait bien une semaine pour lire, voire relire ces aventures du trappeur américain aux prises avec les soldats anglais (dits homards rouges) pendant la guerre d’indépendance américaine. Quand il en avait tiré le maximum de plaisir, il abandonnait honteusement la carcasse de sa lecture sur le vieux banc crasseux qui tenait le crachoir à l’antique cheminée volubile. Lors des froides périodes d’hiver, nous allions flirter encore plus près des flammes et se réchauffer à son âme incandescente sous la hotte noircie.

     Je m’emparai goulument de ce torchon essoré laissé à l’abandon sur le banc. Le livre n’avait pas perdu de son attrait et je buvais, sirotais dégustais et mémorisais les bagarres et les exploits enivrants du héros. L’aventure terminée, je restais épuisé mais heureux. De longues heures s’écoulaient ou je pouvais remonter ces histoires et les ruminer pour les enjoliver encore plus. Bien évidemment,  je ne savais pas très bien si c’était moi qui prenais les traits de ‘’Blek le grand’’ ou si c’était le contraire. En tout cas, j’étais toujours, à son image, le vainqueur. Je passais ensuite la nuit à nager à mi-onde, sans effort aucun, en brasse indienne, pour ne pas attirer l’attention des « tuniques rouges » qui montaient la garde dans l’autre camp.

    Je dois dire maintenant combien était importante et délicieuse cette longue période vide qui suivait ces lectures d’aventures. Je plains nos enfants actuels qui doivent incorporer, sans les faire siennes, les interminables brochettes de dessins animés sans âme que la télévision ou internet leurs déverse dans leurs petites têtes déjà trop pleines. C’est vrai qu’il faut laisser aux enfants des moments creux et vides, propices à l’ennui afin qu’ils les remplissent d’inventions diverses et inoubliables.

    « Aux larmes citoyens,

    Laissons à nos gamins,

    Le temps, la faim et le soutien

    Pour devenir ‘’gens biens’’. »

    Dans ce nouvel épisode, Blek le roc allait fiche la pagaille dans le camp des « tuniques rouges britanniques» pour récupérer, de nuit, je ne sais quel prisonnier de ses amis de l’autre côté de la rivière. Il exécuta la première partie du trajet dans un canoé indien à la poupe et à la proue bariolée de signes inconnus et la termina, comme dans mon rêve, dans une superbe démonstration de brasse coulée furtive.

    Ceci me donna une idée.

              Je convoquai aussitôt mon conseil de guerre. Il se composait de mon cousin Alain, bien plus jeune que moi, et moi-même autoproclamé petit Blek. Il fut décidé à l’unanimité moins une, la construction d’un canoé de type indien en une seule pièce excavée. Dès la dissolution, chacun fut chargé de récupérer le matériel et les outils adéquats défini en assemblée plénière.

              Notre groupe allait travailler à deux. Nous partîmes tout de go à la forge ou de nombreux instruments étaient engrangés depuis des lustres. Il était dit : une scie. Entremêlée parmi de nombreuses barres de ferraille de toutes longueurs, se profilait une lame plate, longue et large. Elle portait tout le long de ses deux mètres, d’énormes dents acérées à faire pâlir un requin. Je reconnus là, avec ces deux extrémités en rondins de bois, un passe-partout bien à propos, plutôt assez rouillé. Il fera l’affaire, si on n’y laisse pas la peau en le tirant de là. Il faudrait aussi une hache et un coin avec un marteau qui va avec. Le coin avait été vite trouvé mais le marteau pesait au moins la moitié de notre poids. Cependant pas assez lourd pour dissuader un Blek. Une petite réunion instantanée, donc non cataloguée, fut tout de suite organisée. Il avait été décidé, dans la minute, de descendre immédiatement les immenses trois cents mètres qui séparaient la ferme du ruisseau. Il fallait repérer l’arbre à abattre pour construire la coque.

              Nous nous arrêtâmes net, au bord de la rivière, à la vue d’un majestueux et interminable tronc de vieux peuplier droit comme la justice.

    Ce sera celui-là qui dès demain nous conduira sur les rivières et les fleuves de nos aventures.

    Nous ne rêvâmes pas cette nuit-là.

              Après un déjeuner au lance-pierre, nous décidâmes de faire deux trajets-transport à la rivière. Le passe-partout portait bien mal son nom dès la tentative de lui faire quitter la forge. Ne pas confondre excellent travail et précipitation était ma devise. A mon habitué, prenant toujours à cœur mon statut de ‘’grand’’, nous entourâmes par précaution les quelques premières dents de chaque bout de la scie, avec une vieille corde abandonnée dans la poussière de la vieille forge. Tout au long du chemin, un à chaque extrémité, nous tentions d’apprivoiser ce serpent qui ondulait sans cesse en émettant parfois des bruits de scie musicale à vous faire peur. Enfin arrivés au pied du grand droit, complètement exténués, nous avions essayé de grignoter l’écorce du centenaire… sans succès. Légèrement déçus, nous décidâmes de laisser le travail pour le lendemain. Un arbre ne pouvant pas résister à l’assaut de deux ‘’Blek’’, même petits. Nous remontâmes essoufflés au logis, sans enthousiasme.

    Fatigués comme d’authentiques bucherons, nous ne rêvâmes pas cette nuit encore.

              Le lendemain, et ceci sans réunion préalable, entre deux morceaux de chocolat, il fut décidé de laisser tomber et de ne plus jamais aller à la rivière d’en bas. La nuit nous apporta, certainement, un excellent conseil.

              Deux mois plus tard, en fin de matinée, Píno, la face rouge de colère plutôt que de tunique, après découverte de la scie à traction bien rouillée au pied de l’arbre, vint à bout sans difficultés des arguments du petit Blek. La sanction tomba. Elle était minime.