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  • Le pavillon des cancéreux. /3

        A la fin des études médicales d’alors, le jeune médecin devait faire son « stage interné ». Non pas qu’il fût plus fou que les autres : il se retrouvait ainsi expédié dans un hôpital périphérique, satellite de son centre universitaire et donc, de son port d’attache. Mais du fait d’un bon classement général pendant mes études, j’avais eu l’opportunité de rester attaché aux hôpitaux universitaires pour effectuer mon stage de fin d’études avec le statut de « faisant fonction d’interne ». (Université de Toulouse)

        C’est dans le Centre anticancéreux de la Grave que je dus fourbir mes armes de médecin pendant un semestre entier. Un stage riche, exténuant, parfois abominable, comme lors de cette nuit de garde gravée dans ma mémoire à jamais. Le seul traitement que je pus alors administrer à cet enfant de 10 ans fût de la serrer dans mes bras toute la nuit, pour attendre sa mort au petit matin. Les infirmières qui acceptaient de s’investir dans ces services étaient des anges féminins tombés du ciel pour venir prendre soin d’autres petits angelots aux ailes brisées. Souvent, ils réintégraient trop vite leur paradis déjà perdu. Comment la Nature avait-elle choisi de peaufiner, pendant des millénaires durant, son plus élaboré élément sous la forme de l’Homme conscient de son existence, et de ne pas avoir prévu la protection de son enfant? On ne pouvait blâmer ces femmes adorables et dévouées qui jetaient l’éponge après quelques mois de calvaire passés à contrecarrer avec tous leurs muscles et un mental infaillible, dans ces lieux sordides et nécessaires, ce que la Nature avait de plus ignoble à nous présenter. Ce poids était trop lourd. C’est un continuum de louanges que je leurs adresse ; à Elles, ces inconnues et oubliées dans leurs « services de l’Espoir et de la Passion. »

        Après trois jours d’examens, d’interrogatoires, de discussions et de bavardages à bâtons rompus, j’avais fait plus ample connaissance avec cette nouvelle malade qui venait d’intégrer l’infernal circuit du CCR (Centre Claudius Regaud anticancéreux). C’était une femme dynamique, très vive d’esprit, d’une tonicité explosive avec laquelle un certain lien de complicité s’était noué. Je pensais avoir mis le doigt, au fil de nos conversations, sur le problème grave qui l’avait conduite dans ce service, et qu’elle l’avait intégré et complètement fait sien. En langage clair, qu’elle était précisément là pour le traitement de son cancer du sein.
        Aucun des patients de cet hôpital ne pouvait ignorer la raison de leur présence ici. Le centre – qui portait déjà le nom de Claudius Regaud – comprenait un grand pavillon de briques roses, parmi les nombreux autres qui composaient l’hôpital de la Grave, sur les bords de la Garonne. C’était l’époque aussi où nous commencions à parler plus ouvertement de la maladie avec les patients, et même si le diagnostic n’était pas si crûment annoncé que de nos jours, les périphrases significatives, les allusions à peine voilées, ne pouvaient laisser planer l’ombre d’un doute sur la maladie. Mais le malade entendait sans écouter, ou écoutait sans ‘’vouloir’’ comprendre.
        Je retrouvais cette patiente à mon retour de déjeuner, à l’internat, sur le parvis ‘’gravillonneux’’ du pavillon. Elle faisait les cents pas, la mine grave. Elle me happa au passage : « Docteur, je sais ce que j’ai ! Je suis surprise… mon père vient de me dire qu’en me cherchant partout dans l’hôpital, il m’avait trouvée tout de suite lorsqu’il avait demandé le pavillon des cancéreux ! »

    Merci de laisser des commentaires……… si le cœur vous en dit!

  • Un homme, loin de toute IA.

         Il n’était ni bélître ni parangon dans sa vie de tous les jours, sa péniaphobie l’obligeait  à travailler toujours plus. Éternel égrotant, ses efforts bigorexiques ne le rendaient pas heureux pour autant. Parfois un peu égrillard, il pratiquait avec excellence les flagorneries nombreuses, soutenues par des blandices recherchées qui arrivaient à séduire ses affidés certes, mais surtout les anachorètes lors de rares rencontres stochastiques. Ses multiples voyages soutenus par une hodophilie quasi génétique et ses promenades au sein de pétrichors enivrants  lui faisaient tenir parfois des coquecigrues inhabituelles. Ses amis rompus à ses discours immarcescibles et compendieux ne supportaient pas que ses perles toujours coruscantes soient transmutées en vulgaires palabres sibyllines de premier benêt venu. Il parvenait très vite à reprendre ses esprits lorsqu’il pénétrait dans le reposant psithurisme de sa forêt.

  • FAIS PAS CI, FAIS PAS ÇA…

           Je ne comprends pas pourquoi dans la vie de tous les jours on complique la sécurité  avec des clefs, des codes alambiqués et des obligations réglementaires allant parfois jusqu’aux portes de l’absurde afin de palier les accidents de tous ordres, alors que dans le domaine médical, on fait l’inverse sciemment: Fermeture des urgences par manque de personnel et d’anticipation, défaut persistant de médicaments parfois essentiels dans les pharmacies par restrictions budgétaires, déficit grave de médecins par décisions erronées, tentatives de déstabiliser les professionnels médicaux pour mieux les soumettre aux directives  insoutenables, allecher les infirmières (non formées) pour remplacer les médecins non gratta pour des raisons dogmatiques, laisser dangereusement errer les malades mentaux sans suivi précis, abandonner la médecine scolaire laissant les enfants dans des situations de pénuries intolérables, sans parler de la bombe à fragmentation insinuée  dans la vie des enfants aux confins de la psychiatrie infantile devenue invisible par manque d’intérêt et de soutien.

    La société humaine française déliquescente va devoir payer très cher cette incurie qui s’est développée sournoisement en son sein.

  • Un extra terrestre pour bientôt

      Un nouveau-né extraterrestre est attendu.

    Les nuages lourds de particules et l’atmosphère poisseuse environnante ne laissent aucune chance aux rayons de soleil de pénétrer dans le bureau récemment imprimé. Les ouvertures sont volontairement exiguës pour éviter les intoxications respiratoires et les conjonctivites de stress. Le soleil n’est uniquement visible que quelques minutes par jour lorsque le canon a électrons entaille une faille dans la purée extérieure. Les quelques humains encore présents dans la contrée peuvent ainsi jouir de cet instant magique mais artificiel. Et dire que nos ancêtres pouvaient se laisser griller allègrement tout le jour durant sous la brulure d’un soleil torride. Aucun humain ne peut sortir plus d’une demi-heure dans cet enfer sans risquer un encombrement bronchique de particules de toutes tailles. Souvent le téméraire irréductible doit passer au désagréable lavage alvéolaire à son retour. Ainsi, tous les travaux extérieurs sont exclusivement  réalisés par des humanoïdes. De surcroit, les hommes qui n’ont pas émigré vers les planètes voisines, sont atteints d’un mal obscur qui entraine une atrophie progressive des membres allant même, à l’ extrême, jusqu’à une dégénérescence musculo-squelettique. Les exosquelettes sont alors la solution de rechange incontournable. Il est à présager la disparition des membres dans un avenir, certes lointain, mais génétiquement prévisible.

    Aujourd’hui deux janvier 2100,

    Peter vient de recevoir une notification très importante directement dans son mental. C’est chose rare et donc importante. Il faut dire que depuis les années cinquante, la découverte des ondes mentales permettait de communiquer de cerveau à cerveau après une mise en condition adéquate des émetteurs et des récepteurs. De même il était possible à tout humain de connaitre la pensée et les intentions  de son prochain. Cette avancée inimaginable autrefois à modifié les relations humaines faisant disparaitre certains comportements déviants ou pervers.

    Le  Consortium des Cerveaux Humains (CCH) à heureusement interdit l’accès à ces données du mental aux humanoïdes travailleurs.

    « Reçu ce matin, 8h51 locale, le message des habitants de la planète MAS 5623 de l’étoile PROCYON ALTAÏR située à 15 A.L. dans la constellation de l’aigle acceptant le protocole de transfert des données humaines vers elle et vice versa en réponse au message 1507ET33 du 15 juillet 2065 ».

    Depuis de nombreuses années et surtout  depuis la mise en orbite du télescope HUBBLE, les humains tentaient de détecter une émission artificielle  venant de l’Univers qui pourrait laisser  penser à  l’existence d’une vie extraterrestre. C’est à la fin des années vingt que parmi le brouhaha des réceptions célestes, l’une d’elles paraissait étrange. Mais comment reconnaitre l’étrange parmi l’étrange ? Au fil des années les grandes oreilles des télescopes, toujours plus extravagantes, ont pointé vers un minuscule point situé dans les parages d’ALTAÏR  à 15 années lumières de chez nous. C’est de là que devait commencer l’aventure. Un probable message simpliste et lacunaire paraissait provenir d’un monde étrange mais qui a l’évidence consommait beaucoup d’énergie et surtout de l’oxygène. Les spécialistes considéraient cette  débauche d’énergie très exagérée par rapport à la frugalité du message transmis. Ces êtres étaient-ils en avance ou en retard par rapport à notre développement scientifique terrien ? Le contact avec cette civilisation n’a eu lieu qu’en 2065 du fait de l’éloignement. Déjà le premier message de 2040 mentionnait  de notre part une proposition  de transfert humain. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’un déplacement physique  mais de l’émission d’un dossier contenant des informations de nature génétique augmentée qui pouvait permettre de reconstituer un humain in situ sur ALTAÏR ? Ceci en fonction de leur degré de développement scientifique.

    Vingt-neuf janvier 2100 :

    branlement de combat au pied du super-hyper-calculateur-mégabytien du CCH qui a été monté au plus profond de la Fosse de Marianne pour de multiples raisons : sécurité,  pression, dispersion de chaleur alors que dans le reste de la terre les températures  toujours plus élevées ont pratiquement fait disparaitre les réserves d’eau, mers et océans compris sur la planète bleue.

      Depuis bientôt un mois,  l’ordinateur géant ne cesse d’enregistrer des données au kilomètre dont on ne connait l’origine…. Des hackers féroces, une puissance étrangère mal intentionnée ou bien tout simplement  une compilation en direct de ALTAÏR.  Personne ne comprend ce qui se passe, il faut attendre la fin du message, si message il y a. Les super intelligences artificielles sont toutes mises en œuvre pour décoder quelque chose, mais toutes restent muettes.

    Février 2100

    La marée de données ingurgitées de force dans la fosse des Mariannes s’est arrêtée subitement. Les  myriades d’intelligences en attente prennent le relai et mâchonnent des milliards  de megaoctets jusqu’à l’indigestion. Une chose est sure  c’est un colis reçu en provenance d’ALTAÏR. La fin du message donne  la marche à suivre  pour ouvrir ce colis.  Il y a même un petit  logiciel pour terrien  tout à la fin.

    Et on apprend là, avec consternation, que cet immense dossier contient toutes les données nécessaires à la reconstruction  d’un être altaïrien avec équivalent de génome complet et petit mode d’emploi.

    Tout est prêt pour recevoir le bébé.

      Quelle forme aura-t-il ? De quelles connaissances  est-il porteur ? Son CV est-il inclus dans son génome ? Est-il possible de le cloner ? Pourra-t-il communiquer avec ses semblables par ondes mentales instantanées ? Sera-t-il un danger potentiel pour l’être humain ?  N’est-il pas un cheval de Troie ? Peut-on l’accepter tel quel ? Quel est son mode de reproduction ? pourrait-il envahir la terre par autoreproduction ?

    Suite  au prochain  numéro en provenance de : ALTAÏR

  • Allez l’Ehpad , Épate nous

    L’Ehpad s’est éclaté vers l’extérieur jusqu’à ce jour, il faut maintenant le percer pour permettre à la vie de pénétrer à l’intérieur.

    Que diriez vous

    d’aller prendre un pot à l’Ehpad?

    de pouvoir aller y chercher un colis de AMAZONE?

    Ou une lettre de la poste?

    Ça vous dirait

    de faire un concours de pétanque ou de belote au sein de l’Ehpad?

    et pourquoi pas de prendre des cours de boxe

    ou même de pratiquer la poésie?

    Allez partagez

    Ceci est un désir personnel………. à adapter

    Allez l’Ehpad , épate nous

  • La poule grise et le loup noir

    Une poule grise se promène en picotant, dehors dedans.

    Un loup noir, méchant, aiguise ses deux longues dents, dehors dedans.

    Il a une énorme faim, une faim de loup et son estomac est vide, dedans.

    Il aimerait bien manger cette grosse poule grise qu’il voit, là, dehors.

    La poule se dit : ce loup serait-il méchant ? Chez moi …je rentre vite dedans

    Le loup n’a plus rien à se mettre sous la dent.

    Il s’approche de la porte doucement, y a-t-il quelqu’un dedans ?

    « Il fait très mauvais derrière la porte, dehors.

    Je suis un gentil petit loup qui aimerait bien venir, dedans

    Je ne suis pas du tout méchant avec mes énoooormes deux dents. »

    La poule en l’entendant se dit : il est bien… dehors

    Mais elle a un cœur d’or en dedans

    Elle ne peut pas le laisser au froid du dehors.

    Elle ouvre la porte lentement et passe son plumeau dehors

    Le loup affamé bondit sur lui et croque le manche se cassant ses deux dents.

    La poule crie alors:

    Jamais l’estomac d’un loup n’aura une poule dedans

    Tant que les poules n’auront pas de dents.

  • L’escargot  Gogo

    Une comptine tinetine

    Enfantine tinetine

    Serge Michel PIOVEZAN / Pâques 2022

    Je suis un escargot  

    gogo

    Je ne suis pas du tout «chaud»

       chocho

    Mais bien dans ma peau 

     popo

    C’est sur mon dos 

     dodo

    Que je porte mon château 

     toto

    Dedans il y fait très bon

       bonbon

    C’est mon tonton

       tonton

    Qui a fait le plafond

       fonfon

    En forme de colimaçon

       sonson


    Comme un tire-bouchon

       chonchon

    Avec mes amis, nous glissons

      sonson

    Sur nos humides talons

      lonlon

    Sans faire de marathon

       non! non!

    Si on a faim, nous mangeons

      jonjon

    Des tendres poivrons

       vronvron

    Et bien jusqu’au fond

       fonfon

    J’écoute la radio

       ho!hooooooo

    J’ai des antennes sur le dos

       dodo

    Deux belles antennes

      tènetène

    Je bois aussi de la bonne eau

       hoho

     Là-bas à la claire fontaine

       tèntène

    J’ai toujours bonne mine

      minemine

    Touche mon antenne

       tènetène

    Si elle se ratatine

       tinetine

    ……….

    T’AIME  

       T’AIME.       

  • Le SAMU et le TIGRE /1

    Le Samu et le Tigre


            Les deux véhicules du SAMU avaient été positionnés dans la ville de Toulouse à des points stratégiques précis pour répondre, au plus vite, aux sollicitations de la population. Notre véhicule comprenait une équipe de deux étudiants et une ambulancière. Il protégeait ce jour-là le district de la Halle aux Grains de Toulouse, où nous avions un pied à terre. Dans la grande salle de spectacles attenante se produisait un cirque exhibant des bêtes fauves. L’appel de détresse émanait donc pratiquement de derrière la cloison où nous étions en attente. Un TIGRE venait de déclencher une crise cardiaque mitonnée de troubles respiratoires qui, à priori requéraient la mise en place d’une respiration artificielle. –Nous évitâmes de penser au bouche à bouche !– Cependant, la partie semblait incertaine. Certes nous étions programmés pour sauver des vies ! Mon équipier, blême et prostré, se regardait les pieds. Moi, je débutais une danse de Saint Guy. Notre salut, nous le devrons à la sagacité et la promptitude de notre pilote toujours prête à renouveler ses exploits. Elle nous intima l’ordre de regagner très vite l’Estafette et nous démarrâmes en trombe. La première giclée de carburant n’était pas encore consumée, que nous prîmes le Boulevard ….. à contre poil, ballottés d’un côté à l’autre en quittant la zone à vive allure. Quelle mouche avait piqué notre ambulancière ?  A l’approche du centre-ville, elle réduisit la vitesse pour s’insinuer dans les ruelles étroites et encombrées, à droite puis à gauche puis à droite encore, reprend une rue que nous avions déjà empruntée dans l’autre sens comme une boussole qui aurait rencontré un électroaimant pour déboucher enfin sur la grande rue BAYARD. Elle  se faufila dans la rue de la Colombette bien plus connue à l’époque pour le nombre impressionnant de tigresses dévêtues en parade derrière des vitres que de tigres dyspnéiques. Peut-être pour nous donner du courage, elle décèlera jusqu’au pas d’homme afin d’admirer les corps exhibés du zoo humain. Cependant l’image de la gueule béante du tigre suffocant ne s’était pas effacée. La rue de la Colombette est bien trop courte et nous devions affronter le destin, sans se presser tout de même. Nous arrivâmes essoufflés derrière le mur qui nous avait vu partir pour l’urgence. L’agonisant, hélas, avait rendu l’âme juste avant notre arrivée.

    C’est la première anecdote d’une longue série ( étudiante ou médicale) qui peut se poursuivre si vous aimez.

    Laisser un petit mot pour m’encourager  si c’est le cas. (Commentaires)

    D’autres suivront. Soyez là

    A la prochaine. Merci

     

  • En fouillant dans mes vieux « super 8 », je suis tombé sur ce montage que j’avais fait avec mes petits moyens d’alors. Certains vicois s’y reconnaitront si vous avez moins de 45 ans ne vous cherchez pas, mais sachez apprécier les beaux chars de l’époque.

    Certains passages sont altérés par des scintillements que je vais tenter de corriger. Attendez quelques temps pour télécharger ce film si vous en avez l’intention.

    Laisser un petit commentaire ou un « j’aime » pour savoir si vous avez apprécié et si ça vaut le coup que je retourne sens dessus dessous mon grenier . Merci.

    SMD VIDEO PIO cavalcade Vic 77 cliquez sur ce lien ci-dessous:

  • Ma grand-mère Emilia.

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            Le dindon de la force.

  • Des virelangues lointains

    Alfredo a fait trois guerres, peut-être même, à l’entendre,  quatre ou cinq. Il n’en était pas à une près. Oui mais, tout de même,  il était arrivé ainsi à apprendre, en plus d’un mauvais Français et d’un Italien abâtardi, le Polonais et l’Allemand. A mon âge, ça représentait ‘’quelque chose’’, un summum insurmontable. Un jour il lui prit l’idée de rentrer dans des considérations inhabituelles en estimant que j’étais assez vieux  (du haut de mes huit ans) pour apprendre des choses qu’un « gentilhomme » se devait de connaitre! Il me mit aussitôt dans la confidence. On allait donc se débarrasser  aujourd’hui des sempiternelles mais très attachantes histoires de sorcière (la befana) et de loups garous (lupi mannari) malfaisants.

    Il me fit assoir convenablement et me regarda dans les yeux pour montrer la force de la chose à dire. Je vais t’apprendre  aujourd’hui  deux phrases que tu devras retenir par cœur. Elles te serviront plus tard quand tu seras grand. Une sera en polonais et l’autre en allemand. Il m’intéressa tout de suite, because le summum  que je commencerai alors à gravir. Je me voyais déjà trilingue et pourquoi pas ‘’quadri’’. Ce n’était pas la guerre tout de même. 

    «  En voici une, écoute bien : procepagnepsidieiutredodomo,  répète procepagnepsidieiutredodomo » Je faisais mauvaise mine et répétai à quelque chose près.

    « Mais Nonno, qu’est-ce que ça veut dire ?

    -Ne t’occupes pas de ça et répète…et tu me répéteras demain. » Je voyais ça d’un mauvais œil et le summum s’éloignait.

    Après quelques minutes, il revint à l’attaque :

    « Bittefraolencommensimorguenzormirnamaineaozen » Répète,  c’est de l’allemand. Là j’avoue, le summum était tombé dans l’abîme.   

    La soirée et la nuit se sont passées à la répétition des deux énigmes. Petit à petit ces hiéroglyphes se sont  imprégnés dans ma mémoire. Je peux donc vous les retranscrire sans ‘’aucune faute’’.

        Puis, un jour, je suis devenu grand. Très grand même car c’est à 60 ans que je me suis souvenu de ces « phrases » gravées dans ma matière cérébrale. Elles me demandaient de faire quelque chose pour elles ou plutôt quelque chose d’elles.

    Bien plus tard se présenta à mon cabinet une femme polonaise d’un âge mûr et d’une constitution psychique solide me paraissant apte à répondre à une vieille question restée en suspens depuis 50 ans. Je me méfiai tout de même du grand père joyeux luron et approchai le sujet à pas feutrés. J’expliquai l’histoire que vous connaissez maintenant  et débitai la phrase crue sans point, virgule, accent, espace ou césure, et la répétai. Le retour n’a pas été instantané mais un petit rosissement lent des joues me fit penser que peut être j’étais allé trop vite. Ben non,  « s’il vous plait mademoiselle venez ce soir chez moi ». C’était simple et correct. Je ne sais pas si mon Grand-père est monté ou a descendu dans mon estime ce jour-là.

    Fort de cette traduction je m’attaquais dès le lendemain à la phrase allemande qui par analogie avec l’anglais pouvait se scinder en plusieurs mot que je reconnus. Elle avait en effet la même signification.

    J’en conclus que mon grand-père n’était pas un irréductible va-t-en-guerre, mais à la guerre comme à la guerre il ne faisait guère de différence dans ses multiples conquêtes. 

  • CUBA/1

    DANSE ET MUSIQUE L’ile crocodile

                            **************

    Voilà six heures que nous avons enfin quitté le tarmac quasi gelé de l’aéroport de PARIS. L’ouverture de la porte de l’avion sur celui de la HAVANE jette sur nous un « blast » de cocktail Molotov. Les poumons se sont ratatinés pendant le trajet dans la cabine, c’est sûr. Essoufflés dès la première minute, nous descendons la rampe de l’avion en surchauffe, traversons en sautillant comme des fakirs sur des braises le sol au ciment porté à blanc pour rejoindre les douanes aux formalités interminables. Enfin nous rejoignons notre voiture de location. Un modèle unique surclassé d’un ‘’rouge éclatant’’ nous attend. Son profil aérodynamique de sportive nous surprend. Nos souvenirs d’un précèdent voyage ne laissait présager que des ennuis futurs. Absolument pas adaptée aux ersatz de routes cubaines. Nous apprécions cependant la climatisation efficace et rare.

    Nous roulons vers les plages sublimes du nord, un sorbet ou même un coca serait bien venu sous ce soleil ardent. Le premier village nous offre dès l’arrivée son plus bel attrait : un antique café multicolore,  bien sûr vide en ce début d’après-midi. Merveille, il était ouvert et calme. Un grand escogriffe habillé en gentlemen semblait nous attendre adossé à la vitrine du bar.

    Il s’essaya à un large sourire à notre entrée. Derrière le comptoir, un homme courbé essuyait probablement le même verre depuis le matin, l’air bougon. Une grande salle ouvrait sur un patio de verre qui exposait un jardin paradisiaque. Le bougon sympathique nous servit rapidement les breuvages attendus, nos corps se laissèrent imprégner petit à petit de l’ambiance apaisante quand tout à coup et venant de nulle part déboula de la jungle paradisiaque une harde de chanteurs, danseurs, et jongleurs bariolés. Le niveau sonore de la musique explosa d’une sensuelle salsa locale. La surprise passée, nous nous rendîmes compte que ce spectacle nous était offert personnellement. Peut-être que la belle ‘’voiture rouge éclatant’’ avait vite fait de réveiller toute la communauté active du pays !!! Il est à noter la qualité remarquable de ce groupe local. Les chanteurs et la danseuse bien synchrones, les pirouettes étonnantes et la dance étaient évidemment parfaits. Ce jour-là je m’étais promis… une promesse que je n’ai pas tenue : apprendre la salsa.

    Le grand escogriffe déjà prêt au spectacle ne cessa de faire virevolter un lot de cartes avec une dextérité impressionnante. Il paraissait  enveloppé  d’une multitude de cartes qui voltigeaient autour de lui  comme une nuée de moustiques sans qu’il n’en échappa une seule depuis notre arrivée.

       Notre petit spectacle terminé  et récompensé par un petit billet et l’achat d’un disque, il ne put tenir bien longtemps et s’approcha pour nous épater, et il nous épata. Il était un prestidigitateur chevronné. C’était tellement invraisemblable qu’il me vint l’idée de sortir ma caméra et d’enregistrer ses facéties. La salle avait recouvré son calme, il termina sa prestation en échange de quelques remerciements et pièces. Il reprit sa place adossé au bar et continua ses exercices de virevoltes. Nous étions détendus et enchantés. L’escogriffe ne bougeait pas. Lentement nous vidâmes nos verres. L’escogriffe piétinait sur place. Nous payâmes nos consommations au bougon maintenant déridé lorsque l’escogriffe s’approcha à nouveau de nous, l’air aigri. Il s’approcha de ma femme  et lui demanda sa main. Il remonta la manche du chemisier léger qu’elle portait et remis à sa place la montre de valeur qu’il lui avait subtilisée lors de sa prestation. Passé le moment des étonnements et devant son comportement inexplicable dans cette situation, nous nous sommes abaissés à lui offrir un billet bien plus gros que la pièce déjà offerte en remerciement de son chapardage avorté.

    Nous quittâmes ce café mémorable en bonne humeur mais avec un arrière-goût amer en pensant que l’effet ‘’voiture rouge éclatant’’ commençait juste à opérer.  Et il en sera ainsi.

    Addendum : Dans ces années deux mille, Cuba, dirigé en main de fer par Fidel Castro, appelé parfois « barba truco » par le peuple soumis, faisait partie des états pauvres et même pas en voie de développement. La population pauvre vivait chichement et profitait le plus possible de la manne que représentait les quelques touristes qui évitaient les ghettos luxueux nationaux ou atterrissait la plupart des touristes. Les cubains développaient toutes les astuces les plus extraordinaires pour soutirer quelques dollars bienvenus. Cependant, très surveillés par le quadrillage communautaire local, il ne fallait pas se faire prendre sous peine de sanctions majeures. Les touristes, eux, ne se rendaient pas compte souvent de la supercherie (je vous en raconterai une, plus tard) ou bien, bons joueurs ils acceptaient de se laisser délester de quelques dollars représentant une grosse valeur pour les autochtones. Un ouvrier touchait à l’époque l’équivalent  de 5 dollars américains par MOIS alors que la moindre bière payée par le touriste était de 1 dollar.

    Alors, pourquoi le grand escogriffe est-il venu rendre la montre à mon épouse ?   

    La réponse m’a sauté aux yeux quelques mois plus tard après le retour du voyage.

    En visionnant le film tourné dans le bar lors de son exhibition montre très bien la manipulation de subtilisation de la montre et IL LE SAVAIT.

    Le risque était trop grand sur l’ile de CUBA.

                                               Critiques.

    Je viens d’écrire ce souvenir. Il est resté vingt ans au fin fond de ma mémoire où il s’est élaboré, modifié et patiné comme un bon fromage dans une cave. Tel le lait d’origine se transmute lentement sous l’effet des enzymes ; chymosine , lactases, diastases qui modifient les ingrédients, mes souvenirs lointains ont subi les affres d’une ‘’mémoirase’’ perturbatrice.

    La reprise de film que je n’avais pas revisité depuis l’année 2004 montre des déficiences et des inexactitudes dans mon récit.

    1. La voiture était bien rouge, peut-être pas éclatante.
    2. Le café était un restaurant de la Havane bien connu et fréquenté. Peu de clients ce jour-là à cette heure-là.
    3. L’escogriffe prestidigitateur  à bien existé et a bien subtilisé la montre,  mais a rendu l’objet dans la foulée certes en pointant du doigt mon appareil, ce qui a induit peut être par la suite une interprétation tendancieuse.
    4. Le groupe de musicien et la danseuse parfaits :
    5. ‘’groupe Navarra’’

    ….

    Tour de passe passe, la montre est présente.
    La montre est rendue

    fffffffff

  • Coupe-gorge. /2

    Être stagiaire au SAMU apporte tous les jours son lot de stress, d’étrangeté, de côtoiement de la misère, de la folie ou de la violence.

    Ce soir, nous nous rendons au Mirail, lieu noir par excellence, non seulement la nuit, mais la nuit, c’est pire. La police est sur les lieux. Il s’agit d’un HLM crasseux aux escaliers puant la vomissure. Malheureusement, la lumière est blafarde et l’escalier carrément obscur. Le délabrement du bâtiment se sent plus qu’il ne se voit, hélas.

      « Docteur, vous êtes là ! Me dit le policier de service. Au troisième étage, il y a un individu agressif. Il faudrait le calmer; au médecin, il ne dira rien. Vous n’avez qu’à monter le premier. »

    Inconscience de la jeunesse, ou inconséquence du policier…..

    Je monte avec la caisse à outils, entendez par là, la trousse à médicaments d’urgence. (Effectivement, c’est bien l’instrument du mécanicien que nous utilisions en déplacement.) Je suis suivi de près par l’ambulancière pour me donner du courage et puis, une femme ça adoucit les angles. Que nenni, arrivés dans une pièce censée être une chambre, un homme bien basané, armé d’un rasoir de barbier me présente la lame parfaitement aiguisée sous le menton, plutôt correctement orientée du coté tranchant. C’est une expérience unique, surtout dans cette ambiance hitchcockienne. Là aussi la lumière quasi moribonde m’empêche de distinguer dans la pénombre si nous sommes seuls ou pas, puis m’arrive une voix réconfortante de femme probablement tapie derrière la porte qui me permet d’oser m’essayer à un « Docteur PIOVEZAN, du SAMU. Je viens voir si je peux vous aider. » Je me demande à cet instant si ce n’est pas plutôt moi qui ai besoin d’aide.

      J’ai subi ce jour-là le plus gros lavage de cerveau de ma vie qui aurait pu faire pâlir le KGB. Je ne me souviens plus comment les choses ont évolué par la suite. Ce dont je suis sûr aujourd’hui : en raclant  avec le dos de la main le dessous de mon menton je ne retrouve pas le stigmate cicatriciel d’une éventuelle balafre qui aurait précédé mon amnésie subite. Qui m’a sorti de cette sale affaire ? Ai-je déclamé le sésame providentiel à l’origine de ma libération ? J’ai un trou noir.

  • Le SAMU et le tigre./1

    ………

    Les deux véhicules du SAMU avaient été positionnés dans la ville de Toulouse à des points stratégiques précis pour répondre, au plus vite, aux sollicitations de la population. Notre véhicule comprenait une équipe de deux étudiants et une ambulancière. Il protégeait ce jour-là le district de la Halle aux Grains de Toulouse, où nous avions un pied à terre. Dans la grande salle de spectacles attenante se produisait un cirque exhibant des bêtes fauves. L’appel de détresse émanait donc pratiquement de derrière la cloison où nous étions en attente. Un TIGRE venait de déclencher une crise cardiaque mitonnée de troubles respiratoires qui, à priori requéraient la mise en place d’une respiration artificielle. –Nous évitâmes de penser au bouche à bouche !– Cependant, la partie semblait incertaine. Certes nous étions programmés pour sauver des vies ! Mon équipier, blême et prostré, se regardait les pieds. Moi, je débutais une danse de Saint Guy. Notre salut, nous le devrons à la sagacité et la promptitude de notre pilote toujours prête à renouveler ses exploits. Elle nous intima l’ordre de regagner très vite l’Estafette et nous démarrâmes en trombe. La première giclée de carburant n’était pas encore consumée, que nous prîmes le Boulevard ….. à contre poil, ballottés d’un côté à l’autre en quittant la zone à vive allure. Quelle mouche avait piqué notre ambulancière ?  A l’approche du centre-ville, elle réduisit la vitesse pour s’insinuer dans les ruelles étroites et encombrées, à droite puis à gauche puis à droite encore, reprend une rue que nous avions déjà empruntée dans l’autre sens comme une boussole qui aurait rencontré un électroaimant pour déboucher enfin sur la grande rue BAYARD. Elle  se faufila dans la rue de la Colombette bien plus connue à l’époque pour le nombre impressionnant de tigresses dévêtues en parade derrière des vitres que de tigres dyspnéiques. Peut-être pour nous donner du courage, elle décèlera jusqu’au pas d’homme afin d’admirer les corps exhibés du zoo humain. Cependant l’image de la gueule béante du tigre suffocant ne s’était pas effacée. La rue de la Colombette est bien trop courte et nous devions affronter le destin, sans se presser tout de même. Nous arrivâmes essoufflés derrière le mur qui nous avait vu partir pour l’urgence.  L’agonisant, hélas, avait rendu l’âme juste avant notre arrivée.

    C’est la première anecdote d’une longue série ( étudiante ou médicale) qui peut se poursuivre si vous aimez.

    Laisser un petit mot pour m’encourager  si c’est le cas. (Commentaires)

    D’autres suivront. Soyez là

    A la prochaine. Merci

  • Jambe Lourde /18

              Des sensations lourdes à porter, dans les deux sens du terme, vous poursuivent toute votre vie. J’ai supporté celles-ci lors de ma troisième année de médecine, autant dire une expérience initiatique.

              L’histoire se déroule dans le service de chirurgie vasculaire. Déjà la veille de l’intervention, j’ai été choqué par le comportement du chirurgien, grand chef de service réputé pour sa froideur apparente qui a décrété, tout de go, au lit du malade: « Cette jambe ne vaut rien, il faut la couper, on le fera demain ». Sans autre forme de procès, la parole de ‘’Tintou’’ est sacrée. Passons sur le choc psychologique terrassant le patient, le travail de métabolisation de cette décision sans recours, la douleur mentale qui a rongé la nuit de ce malade inoffensif.

              Le lendemain, c’est justement ma première intervention de ce genre au bloc. Pour l’équipe médicale, tout est simple, routinier, codifié, normalisé, stérilisé, finalisé. Pour moi, tout est nouveau donc compliqué, stressant, déstabilisant, inquiétant. Je suis chargé, pour mon intronisation, de soutenir le membre perdu pendant que le chirurgien muni de son scalpel et de sa scie circulaire tranche et scie dans le vif. La scie vibre et s’arrête. C’est impressionnant le poids que peut avoir un membre inférieur désolidarisé de son tronc ! J’ai failli laisser tomber mon fardeau lorsque le fémur a cédé. Ça a été ma première surprise, la seconde a suivi aussitôt. Et maintenant ?

              Je soupçonne les membres de l’équipe présents, de s’être bien moqués du jeunot de ce jour planté là comme un zombi, tenant à bout de bras une jambe avec sa cuisse, et ne sachant qu’en faire. Je demeure figé. Personne ne détourne volontairement son regard vers moi. Que faire de ce fardeau encombrant ? Les secondes aussi deviennent de plus en plus pesantes.

              J’ai bien, la nuit précédente, déroulé le film de l’intervention. Une de ces nuits noires qui précèdent des évènements non maîtrisables car inconnus. Mon imagination a approché la réalité dans des images impalpables et éthérées mais il manquait une chose : la pesanteur. Elle m’écrase à la fin de l’intervention. Et maintenant ? Que fait-on du membre amputé ? Là aussi, mon film de la veille s’est arrêté trop tôt. Eh bien que faites-vous ? Me dit une voix « off » derrière moi. La séance est terminée.

                 Je remercie encore de tout cœur cette femme compassionnelle qui me dit : «  mettez-le donc dans le panier ! »

    Bien sûr, un récipient est prévu à cet effet, il sera transporté par la suite au centre d’incinération.

  • Le médecin! En manque?

    lettre COM  2003 efface reduite a 1000

    Et oui, je ne pouvais pas prévoir « La covid »

  • La sardine avec réponse

    L’histoire se passe pendant la guerre et plus précisément dans une tranchée ou mon grand-père attendait avec impatience que la situation évoluât. IL était avec une dizaine de ses compagnons d’infortune embourbé dans ce trou ignoble depuis de longues semaines et rien ne se passait.  Tellement ce rien était néant total que plus aucun approvisionnement n’était parvenu jusque-là de longue date. La ration de pain aussi dur qu’une tête d’obus s’amoindrissait dangereusement et la faim était la seule chose qui ne les avait pas oubliés. Le moral usé, un jour béni des dieux pourtant lointains, arriva. Un vaguemestre incertain déposa un colis inattendu au contenu odoriférant. Il l’ouvrit avec empressement et tomba d’emblée sur l’objet suspect : Une  sardine …  et une seule. Il resta interloqué, sidéré pendant quelques instants. Mais mon grand-père restait rarement longtemps en mode standby. A peine germée, l’idée passa dans les rangs. Il fallait permettre à dix personnes de manger avec plaisir, si ce n’est avec abondance, et cela au moins dix jours, passage prévu d’un possible ravitaillement.

     Posez-vous dans votre canapé bien douillet, servez-vous un bon whisky tourbé, fermez les yeux et transportez-vous dans une tourbière sanieuse et pestilentielle. Comment auriez-vous fait ?

                                    Mon Génial grand père l’a fait.

          Donnez-moi votre réponse dans     ’’laisser un commentaire’’ si vous êtes aussi fort(e) que lui.

                                                                                        RÉPONSE  15/12/2021

       Mon Grand-père utilisa le stratagème suivant :

     

     Il introduisit la sardine dans une bouteille de verre.

    Les soldats en état de famine avancée ont probablement présenté un état de délire hallucinatoire collectif,

    ils se sont mis à frotter la bouteille avec leur petite réserve de pain sec. Celui-ci se transforma en aliment rempli de saveurs et d’odeurs appétissantes.

     Mon grand-père Alfredo.